Une semaine après l’annonce de la fermeture temporaire du lac Tanganyika par le ministre provincial de la Pêche, les activités de pêche se poursuivent normalement à Kalemie et dans plusieurs localités riveraines. Les pêcheurs conditionnent l’application de cette mesure à la mise en place de solutions alternatives par le gouvernement provincial.
Parmi les préalables évoqués figurent notamment l’ouverture des points d’approvisionnement en poisson importé afin de répondre aux besoins alimentaires de la population, ainsi que la création d’activités génératrices de revenus pour les communautés vivant de la pêche.
À Kalemie et dans les environs, les poissons frais restent visibles sur les marchés. Les pêcheurs continuent également de prendre le large pour approvisionner la ville en produits halieutiques, témoigne Nathan Mugisho, membre de l’association Umoja ni Nguvu.
Pourtant, il y a une semaine, le ministre provincial de la Pêche avait annoncé, dans un communiqué officiel, la fermeture du lac Tanganyika à partir du 15 mai jusqu’au 15 août prochain. Selon les autorités provinciales, cette mesure vise à assurer une gestion durable des ressources halieutiques du lac.
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une charte adoptée depuis plusieurs années par les quatre pays riverains du lac Tanganyika (la RDC, la Tanzanie, le Burundi et la Zambie) pour protéger la biodiversité du lac. Parmi les mesures prévues figure la suspension périodique des activités de pêche pendant trois mois.
Les pêcheurs refusent l’application immédiate
Du côté des pêcheurs du Tanganyika, la mesure continue de susciter des résistances.
« Nous poursuivons nos activités normalement », affirme Ally Kabeza, président du comité des pêcheurs du secteur Nord à Kalemie. Selon lui, la suspension des activités de pêche ne peut être appliquée sans mesures d’accompagnement concrètes pour les populations concernées.
Il estime que des milliers de familles dépendent directement ou indirectement de la pêche dans la province du Tanganyika. D’après lui, plus d’un million de personnes vivent des activités liées au lac.
La question a également été portée sur le terrain politique. L’élu provincial Kabongo a interpellé le ministre provincial de la Pêche sur les conséquences sociales et économiques de cette décision.
Même contestation en Tanzanie
La fermeture temporaire du lac fait aussi débat du côté tanzanien. À Kigoma, plusieurs élus locaux et pêcheurs s’opposent également à cette mesure.
Dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, des responsables politiques de cette ville portuaire estiment que les populations locales dépendent essentiellement du lac Tanganyika pour leur survie économique.
« Nous ne pouvons pas accepter qu’on ferme le lac pendant trois mois », a déclaré l’un des élus locaux.
Ces responsables appellent plutôt les autorités à renforcer la lutte contre les pratiques illégales de pêche considérées comme les principales menaces pour la biodiversité du lac.
Une position également soutenue par certains élus provinciaux à Kalemie.
Pour l’heure, aussi bien en RDC qu’en Tanzanie, les activités de pêche sur le lac Tanganyika se poursuivent malgré les décisions officielles de suspension.
Magazine La Guardia / Provinces26rdc.com
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