L’ex-Premier ministre Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale, ce mardi 26 mai 2026, quelques jours après avoir été limogé comme chef du gouvernement par le président Bassirou Diomaye Faye. L’opposition sénégalaise a boycotté cette réunion du Parlement.
Dans son discours, Ousmane Sonko a dénoncé le fait que sa formation politique, le Pastef, n’ait pas été associé aux consultations pour constituer le nouveau gouvernement. « On ne peut pas faire du Pastef sans Pastef », a-t-il affirmé. L’ex-Premier ministre a ajouté que le parti restait ouvert à des discussions. Il en a ainsi appelé « à la responsabilité, au sens du dépassement », tout en critiquant « l’hyper-présidentialisme ».
L’ancien chef du gouvernement a félicité son successeur, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, un banquier et ancien ministre. Il a rappelé connaître personnellement celui-ci et l’a décrit comme un « travailleur acharné », un « homme compétent » et dévoué, tout en soulignant « certaines divergences », notamment sur la question monétaire ou la gestion de la dette.
Ousmane Sonko réclame la « transparence sur la dette cachée »
De son côté, il a cité au titre de son bilan, « la transparence sur la dette cachée », le « refus de la restructuration », un plan de redressement économique et social, la moralisation de la vie publique, la lutte contre la corruption ou encore « l’exigence de la justice ».
Élu lors des législatives de novembre 2024, Ousmane Sonko avait renoncé à son mandat pour rester chef de gouvernement. Un membre du gouvernement peut redevenir député s’il quitte l’exécutif. C’est ainsi qu’il a pu être réintégré comme député ce mardi 26 mai. Dimanche 24 mai, le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye, un fidèle de Ousmane Sonko, avait présenté sa démission.
Empêché de se présenter à la présidentielle en raison d’une condamnation pour diffamation, Ousmane Sonko avait désigné son bras droit, Bassirou Diomaye Faye, pour le remplacer dans la course mais des divergences sont apparues entre eux. Avec une rhétorique panafricaniste, Ousmane Sonko avait suscité l’engouement des jeunes Sénégalais, après des mois d’un bras de fer avec Macky Sall, président de 2012 à 2024.
L’opposition sénégalaise a boycotté cette réunion de l’Assemblée nationale. Les députés de la principale coalition de l’opposition ont quitté la salle au début de la réunion pour protester contre, selon eux, une violation du règlement intérieur, a constaté un journaliste de l’AFP.
« Nous avons décidé de ne pas participer à cette mascarade. Ousmane Sonko a perdu son mandat de député et ne peut le retrouver », a déclaré à la presse l’un d’eux, Abdou Mbow. Un « coup d’État institutionnel » est en préparation avec ce « forcing que la majorité veut imposer », avait dénoncé lundi 25 mai la cheffe des députés de cette coalition, Aïssata Tall Sall, lors d’une conférence de presse.
TV5 Monde / Provinces26rdc.com
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