Téhéran est prêt à discuter avec Washington mais exclut de négocier sur son programme balistique

L’Iran veut « conclure un accord » avec les États-Unis, a estimé hier vendredi Donald Trump, après que Téhéran s’est dit prêt à renouer le dialogue tout en excluant de discuter de ses capacités de défense et balistiques alors que les Gardiens de la révolution doivent organiser des manœuvres navales dans la région du Golfe persique.

L’Iran refuse de négocier sur son programme balistique a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères. Il a ajouté que tant qu’il y a des menaces et des pressions, les conditions pour mener des négociations sur le programme nucléaire n’existent pas. Abbas Araghchi a également répété, ce samedi 31 janvier au matin, qu’en cas d’attaque, la réponse de l’Iran sera ferme et immédiate, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi.

Dans le même temps, les Gardiens de la révolution doivent organiser à partir de demain des exercices militaires dans le détroit d’Ormuz. Le commandement militaire américain pour la région a lancé un avertissement demandant à l’armée d’élite iranienne de ne pas s’approcher des navires de guerre américain et de ne pas perturber le trafic maritime.

Représailles à la décision de l’UE

Par ailleurs, en réaction à la décision de l’Union européenne d’inscrire les Gardiens de la révolution sur la liste des groupes terroristes, l’Iran va désormais considérer les armées des vingt-sept pays européens comme des entités terroristes.

Les médias ont également évoqué d’autres mesures de représailles. Notamment l’expulsion en groupe de tous les attachés militaires des pays européens présents à Téhéran ou encore que les Gardiens de la révolution soient chargés d’assurer la sécurité des ambassades des pays européens. A l’heure actuelle, c’est la police qui en charge de cette mission.

Le chef de la diplomatie iranienne a toutefois assuré ce vendredi que l’Iran était « prête à reprendre les négociations » sans pour autant précisé quels questions pourraient être sujet à discussion. Si les États-Unis ont justifié l’envoi d’importants moyens militaires dans la région par la violente répression des manifestations par le régime, le discours américains semble avoir évolué ces derniers jours en replaçant la question du nucléaire iranien sur le devant de la scène.

Le nucléaire iranien au cœur de potentielles négociations

L’idée derrière les négociations réclamées par Washington serait de priver l’Iran de toute capacité à se doter de la bombe atomique. Washington exige que Téhéran renonce à l’enrichissement d’uranium et se sépare de son stock de matière nucléaire enrichie. Dernièrement l’administration Trump a encore durci son discours en ajoutant qu’un accord devait inclure la question des missiles iraniens et celle des groupes armés régionaux alliés de Téhéran (Hezbollah libanais, milices chiites irakiennes).

Ce vendredi en déplacement à Istanbul, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a formulé un début de réponse à ces exigences en écartant d’emblée la question des capacités balistiques de son pays, mais en n’excluant pas la discussion. Si celle ci a lieu, ce sera sous la menace d’une intervention militaire américaine.


rfi / Provinces26rdc.com

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