Zénon Mukongo : « le Rwanda veut faire de l’est de la RDC une colonie d’exploitation »

L’est troublé de la RDC représente un intérêt économique vital. Cette zone est extrêmement riche en ressources naturelles, abritant d’importants gisements d’or, de coltan, de cassitérite (étain) et de wolframite. Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le diplomate congolais Zénon Mukongo Ngay a accusé le Rwanda de bloquer les initiatives de paix pour « construire sa zone d’influence » considérée, selon lui, comme un territoire conquis par le président Paul Kagame dans le but d’en extraire les matières premières et d’y reconfigurer la démographie locale.

Le représentant permanent de la RDC à l’ONU a, dans sa déclaration, a fait référence à une interview accordée à Jeune Afrique début avril et aux déclarations faites lors du dialogue national de février, au cours duquel les autorités rwandaises ont assumé la responsabilité de la présence de leurs troupes en RDC, qu’elles ont qualifiée de « mesures de défense indispensables ».

L’administration Kagame « a nié tout pillage des ressources naturelles en République démocratique du Congo et a refusé de céder à la menace de sanctions internationales. De ce fait, toutes les initiatives de paix restent lettre morte. Il en va de même pour les processus de Luanda et de Nairobi, dont le Rwanda a bloqué la mise en œuvre afin de gagner du temps et de créer une zone d’influence en République démocratique du Congo. Le Rwanda ambitionnait de transformer cette zone en une colonie d’exploitation et de colonisation , d’où il aurait accès aux institutions congolaises et pourrait les contrôler », a dénoncé Zénon Mukongo, soulignant que ces opérations du Rwanda compromettent la paix régionale et sont interdites par l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.

Par ailleurs, il a souligné la complémentarité du Mécanisme de surveillance et de vérification, de l’Accord-cadre de Doha, des Accords de Washington et du renforcement de la coordination des efforts de paix menés par l’Afrique.

Selon lui, leur point commun réside dans la pleine mise en œuvre des résolutions 2773 (2025) et 2808 (2025, tout en exprimant son inquiétude quant à la sincérité de l’engagement du Rwanda et de ses alliés (AFC-M23).

Zénon Mukongo a aussi rejeté « l’idéologie génocidaire » de Kigali et a déclaré que ses préoccupations concernant les discours de haine étaient sans commune mesure avec les massacres perpétrés contre son peuple.

Dans ce contexte préoccupant, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU dans la région des Grands Lacs a indiqué que la persistance d’un climat de méfiance entre Kinshasa et Kigali démontre la nécessité de s’attaquer aux causes profondes du conflit. Huang Xia a demandé au Conseil de sécurité d’apporter son plein soutien aux pourparlers régionaux menés par le Togo, en sa qualité de médiateur de l’Union africaine, y compris sur les plans financier et technique.

S’adressant directement à la République démocratique du Congo, au Randa et à tous les acteurs concernés pour qu’ils reprennent un « dialogue franc », il a averti : « Aucune résolution, aucune médiation, aucun mécanisme de vérification ne peut réussir à moins que les parties directement concernées ne choisissent la voie de la paix ».


Afriqu’actu / Provinces26rdc.com

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