Prix du pétrole, sanctions contre la Russie… Les déclarations de Volodymyr Zelensky au sommet du G7

Vêtu de son habituel T-shirt kaki, Volodymyr Zelensky est intervenu par visioconférence lundi 27 juin au sommet du G7, qui a réuni cette année les dirigeants des sept pays industrialisés dans le cadre bucolique du château d’Elmau, au pied des Alpes bavaroises. On fait le point sur les principales déclarations du dirigeant ukrainien.

Intervenu en visioconférence lundi 27 juin au château d’Elmau, dans le sud de l’Allemagne, où sont réunis les dirigeants des sept pays industrialisés (Allemagne, États-Unis, France, Canada, Italie, Japon, Royaume-Uni), le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté les dirigeants du G7 à redoubler d’efforts pour mettre un terme rapide à la guerre qui ravage son pays et à durcir encore leurs sanctions contre Moscou.

Les dirigeants des sept pays, qui affichent ostensiblement leur unité face à Moscou depuis le début de leurs échanges dimanche 26 juin dans les Alpes bavaroises, lui ont répondu par un soutien clair : le G7 va continuer de soutenir l’Ukraine « aussi longtemps qu’il le faudra ».

Limiter le prix du pétrole, demande d’armements supplémentaires, sanctions contre la Russie… Voici ce qu’il faut retenir des principales déclarations de Volodymyr Zelensky lundi 27 juin au sommet du G7.

Faire le « maximum pour mettre un terme à la guerre »

Le président ukrainien a en premier lieu exhorté les chefs d’État et de gouvernement du G7 « à faire le maximum » pour mettre un terme à la guerre qui ravage son pays avant la fin de l’année.

Le dirigeant « a eu un message très fort en disant qu’il fallait faire le maximum pour essayer de mettre fin à cette guerre avant la fin de l’année », fixant comme échéance l’arrivée de l’hiver, ont souligné ces sources.

Volodymyr Zelensky a également appelé à « intensifier les sanctions » contre Moscou alors que les Occidentaux ont déjà adopté plusieurs trains de mesures depuis le début de l’offensive russe sur l’Ukraine le 24 février.

Intensifier les sanctions contre Moscou

« Il a insisté sur la nécessité d’intensifier les sanctions contre la Russie », ont ainsi expliqué ces sources, soulignant l’importance « de ne pas baisser la pression et de continuer à sanctionner massivement, lourdement la Russie ».

Au cours de son allocution, le président ukrainien « a évoqué la rudesse de l’hiver » en Ukraine « où il est plus difficile de se battre ».

« À la fin de l’année, on entrera dans une situation où les positions seront gelées », ont dit ces sources.

Réunis jusqu’à mardi dans les Alpes bavaroises, les dirigeants américain, canadien, allemand, français, italien, britannique et japonais ont déjà convenu au premier jour de leur sommet dimanche de durcir encore les sanctions, en visant tout particulièrement l’industrie de défense, selon un haut responsable de la Maison Blanche.

Limiter les prix du pétrole

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a en outre demandé au G7 de limiter « les prix du pétrole » exporté par Moscou.

« Pour nous, une position cohérente des pays du G7 concernant les sanctions est importante. Elles doivent être renforcées encore, en limitant les prix du pétrole exporté par l’agresseur », a-t-il écrit sur son compte Telegram pour rendre compte de son intervention.

Les pays du G7 réfléchissent à un « mécanisme pour plafonner au niveau mondial le prix du pétrole russe », a d’ailleurs dit un haut responsable de la Maison Blanche.

Un tel mécanisme, qui reste donc à définir, passerait par les « services » entourant l’exportation de pétrole russe, a dit cette source, qui n’a pas souhaité être identifiée. Il s’agit de tarir la principale source d’argent frais pour la Russie.

Volodymyr Zelensky a déclaré aussi dans son message que « l’Ukraine sent le soutien des pays du G7 ». « Merci pour l’aide concernant la défense et les finances, offerte à notre pays dans sa lutte contre l’invasion russe », a-t-il indiqué.

Pas de négociation et plus d’armements

Volodymyr Zelensky a en outre exclu toute négociation actuelle avec les Russes, prévenant, selon la présidence française, qu’« aujourd’hui ce n’est pas le moment de la négociation ».

Le président ukrainien a déclaré que l’Ukraine devait d’abord consolider ses positions. « Le président Zelensky a fait à tous une réponse qui était très claire, c’est qu’aujourd’hui ce n’est pas le moment de la négociation, l’Ukraine négociera quand il sera en position de le faire c’est-à-dire quand il aura rétabli au fond une position de force », a déclaré l’Élysée.

« En attendant, il a besoin de mettre un terme à la guerre aussi vite que possible », a ajouté la présidence française.

Volodymyr Zelensky a insisté sur la « nécessité d’un soutien plein, entier, très opérationnel à l’Ukraine » afin de permettre la « restauration de l’intégrité territoriale » du pays.

Il a, entre autres, demandé plus d’équipements militaires, notamment des systèmes de défense anti-aériens, de « telle manière que l’Ukraine puisse contenir l’avancée de la Russie et repousser les Russes au-delà des lignes de février ».

Sommet du G7: Les puissances occidentales élargissent les sanctions contre Moscou en interdisant d’importer l’or russe

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Les dirigeants des pays du G7 ont donné le ton de leur sommet qui débute dimanche dans le sud de l’Allemagne, et sera largement consacré à la guerre en Ukraine, en annonçant élargir les sanctions contre Moscou à l’importation d’or russe.

C’est le premier signal de soutien à l’Ukraine de la réunion qui débute formellement à la mi-journée, dans les Alpes bavaroises où le président américain Joe Biden a atterri samedi soir.

Royaume-Uni, Etats-Unis, Canada et Japon ont annoncé élargir les sanctions contre Moscou à l’importation d’or russe. France, Italie, Allemagne – les trois autres membres du G7 – vont se rallier à cet embargo touchant « une exportation majeure qui rapporte des dizaines de milliards de dollars à la Russie », a tweeté Joe Biden.

« Ces mesures frapperont directement les oligarques russes et s’attaqueront au cœur de la machine de guerre de Poutine », a assuré le Premier ministre britannique Boris Johnson alors que la Russie a exporté pour près de 15 milliards d’euros d’or en 2021, selon Downing Street.

Les Occidentaux ont déjà pris plusieurs volets de sanctions contre la Russie dont la guerre contre l’Ukraine est entrée dans son cinquième mois.

Ce conflit et ses répercussions vont occuper une grande part des discussions du G7 jusqu’à mardi avec de premiers entretiens consacrés dimanche aux turbulences économiques mondiales, des menaces de pénuries alimentaires à l’inflation galopante, en passant la crise énergétique.

Le château d’Elmau, avec ses vues spectaculaires sur les sommets des Alpes bavaroises, offre un cadre enchanteur aux sept dirigeants mais l’actualité mondiale leur laissera peu le temps de l’apprécier.

Ne pas « abandonner » l’Ukraine

Le chancelier Olaf Scholz, hôte du G7, l’a rappelé avant le sommet: le soutien à l’Ukraine va demander « de la persévérance », car « nous sommes encore loin » de négociations de paix entre Kiev et Moscou.

Il est important que ce sommet, qui sera suivi d’une réunion de l’Otan à Madrid, « envoie un signal d’unité », explique Berlin.

Plusieurs explosions ont retenti à Kiev dimanche à l’aube, alors que la Russie progresse dans sa conquête du Donbass, au cinquième mois de l’offensive déclenchée par Moscou.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui interviendra lundi en visioconférence, devrait de nouveau demander l’envoi d’armes lourdes.

Boris Johnson a exhorté, à la veille du sommet, les dirigeants du G7 à ne pas « abandonner l’Ukraine », mettant en garde contre toute « fatigue » dans le soutien à Kiev.

L’embargo sur l’or est une nouvelle « illustration du type de mesures que le G7 peut prendre collectivement pour isoler la Russie et la couper de l’économie mondiale », a commenté dimanche un haut responsable américain.

Joe Biden veut aussi démontrer à ses alliés que tenir tête à la Russie et faire face à la Chine sont des objectifs complémentaires, et non opposés.

Le G7 veut notamment contrer la Chine et ses « nouvelles routes de la soie » en investissant massivement dans les infrastructures des pays défavorisés en Afrique, en Asie ou encore en Amérique latine. Un projet sur lequel les dirigeants feront le point dimanche.

Dirigeants fragilisés

Les leaders d’Indonésie, Inde, Sénégal, Afrique du Sud et Argentine, ont d’ailleurs été conviés à ce sommet annuel alors que le Occidentaux cherchent à élargir le front des démocraties unies contre la menace d’un bloc formé par la Russie et la Chine.

Ces économies émergentes sont aussi particulièrement exposées au risque de pénuries alimentaires, à l’explosion des coûts de l’énergie aggravée par la guerre en Ukraine et à la crise climatique.

Les acteurs du climat attendent du G7 des avancées concrètes, dont la « planification » de l’élimination complète des énergies fossiles.

Samedi, des milliers de manifestants ont défilé, sans incident notable, dans les rues de Munich, à une centaine de kilomètres d’Elmau, pour exiger une action plus ferme en faveur du climat.

Des discussions bilatérales complèteront les sessions, à commencer dimanche matin par une rencontre entre l’Allemand Olaf Scholz et Joe Biden, deux leaders en position difficile dans leur propre pays.

Le chancelier allemand, voit ainsi sa popularité chuter ces derniers mois, faute d’afficher un soutien ferme à Kiev. Il mise sur ce G7 pour redorer son blason en Allemagne comme à l’étranger.

Le président américain fait lui face à une Amérique encore plus fracturée après la remise en cause du droit à l’avortement par la Cour suprême, dans un pays frappé de plein fouet par une forte inflation.

Emmanuel Macron, leur homologue français a lui échoué il y a une semaine à obtenir une majorité absolue et va devoir composer avec d’autres partis, une obligation inédite pour lui. Quant à M. Johnson, fragilisé par le « Partygate », il a vu cette semaine son parti perdre deux élections locales et paraît en sursis.


VOA / MCP

AFP / Ouest-France / Provinces26rdc.net

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