Le ministre provincial de l’Intérieur du Haut-Katanga réagit au communiqué de la cure diocésaine. Éric Muta rejette l’allégation de tentative d’enlèvement de l’archevêque de Lubumbashi. Il affirme que les militaires de la garde républicaine accompagnés des instructeurs Israéliens menaient un exercice de simulation dans le cadre de leur formation. De ce fait, il déplore que cette situation ait fait l’objet de récupération politique.

Éric Muta, ministre provincial de l’Intérieur du Haut-Katanga
En effet, vendredi 24 février, environ 10 militaires armés se réclamant de la garde républicaine ont tenté d’accéder à l’archevêché. Les gardes de la résidence de monseigneur Fulgence ont opposé une résistance. L’un d’eux rencontré ce samedi témoigne. ”Des militaires sont arrivés armés. Ils étaient accompagnés de deux autres de peau blanche qui ne s’exprimaient qu’en anglais. Étant donné que nous ne connaissions pas le motif de cette visite, nous ne les avons pas laissés entrer. Toutefois, nous avons subi des menaces”.
Pour leur part, les membres de la cure diocésaine ont, dans leur communiqué, denoncé une tentative d’enlèvement de l’archevêque. Non seulement les forces de l’ordre se sont présentés sans ordre de mission, mais aussi leur motif n’était pas avoué. Monseigneur Emmanuel Mumbai, vicaire général en charge des œuvres sociales, est clair.
”Nous ne savons comment qualifier ce qui s’est passé vendredi à l’archevêché. Mais tous les soupçons portent à croire qu’il s’agissait d’une tentative d’enlèvement de Mgr Fulgence qui a échoué. Car, on ne vient pas baiser la bague de l’évêque étant armé. Aussi, nous n’avons aucune information sur l’arrivée prochaine du chef de l’Etat ici. Et qu’il devrait participer à une célébration eucharistique…”.
Ainsi, pour l’église catholique, cette visite surprise est une violation de domicile et du lieu de culte. Car n’ayant pas eu accès au bureau de l’archevêque, les forces de sécurité ont fouillé la cathédrale sans rien trouver.
Des questions se posent
Cet incident soulève des questions chez certains chrétiens catholiques rencontrés ce samedi. Qu’est-ce que les services de sécurité peuvent-ils reprocher à l’archevêque métropolitain de Lubumbashi ?
Pour sa part, monseigneur Emmanuel Mumba assure que l’archevêque, lui, ne se reproche de rien.
« Si cette tentative est en lien avec le forum de réconciliation organisé en mai dernier… ce n’est pas juste. Monseigneur Fulgence a agi en tant que pasteur. En plus, les autres évêques ont également organisé dans leurs diocèses les rencontres du même genre. C’est le cas à Kisangani, et à Mbuji-Mayi”. Et d’ajouter : ”l’archevêque est connu pour son franc-parler. Et il le fait pour l’intérêt du peuple et pour le développement du pays”.
A noter que du côté du pouvoir, le ministre provincial de l’Intérieur insiste. ”Il n’y a pas eu d’incident à l’archevêché. Les militaires de la garde républicaine sont en formation. Ils ont des exercices d’entraînement et de simulation. Et c’est dans ce cadre qu’ils se sont présentés à l’archevêché et à la cathédrale. D’ailleurs, ces exercices vont se poursuivre à d’autres endroits de la ville”, a conclu Éric Muta.
Magazine La Guardia / Provinces26rdc.com
Laisser un commentaire