Depuis quelques heures, le général Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemedti », affirme que ses hommes tiennent le palais présidentiel, au cœur de la capitale Khartoum. Ils auraient aussi pris le contrôle de l’aéroport international après des affrontements violents toujours en cours, notamment autour de bases militaires.
Dans une interview accordée par téléphone, ce 15 avril 2023, à la chaîne al-Jazeera, il affirme que son groupe paramilitaire ne s’arrêtera pas « avant d’avoir pris le contrôle de l’ensemble des bases militaires » du pays. Il a également insulté son rival, le général Abdel Fattah al-Burhane, le chef de l’armée soudanaise, en le qualifiant de « criminel » qui a « détruit le pays ».
Il l’accuse de fomenter un coup d’Etat pour tenter de légitimer l’action de ses hommes et appelle la population à s’unir contre l’armée. Des mots qui inquiètent, tant le passé de ce chef de milice est sulfureux.

De la fumée près de l’aéroport international de Khartoum, Soudan, le 15 avril 2023 © AFP or licensors
« Hemedti » porté par l’ex-président Omar el-Béchir
Mohamed Hamdane Daglo est plus connu sous son pseudonyme : « Hemedti ». Il dirige le groupe paramilitaire appelé Rapid Support Forces (RSF), qui a fait la Une de la presse internationale à plusieurs reprises car il est soupçonné d’avoir dispersé avec une extrême violence certaines manifestations contre le pouvoir, avant la chute de l’ancien président Omar el-Béchir en 2019.
D’ailleurs, c’est lui, Omar el-Béchir, qui a amené « Hemedti » et son groupe RSF au plus proche des hautes sphères du pouvoir soudanais avant d’être destitué par l’armée.
« Hemedti » a donc été porté par un homme, Omar el-Béchir, qui est toujours recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et un possible génocide au Darfour.

Omar el-Béchir lors d’un sommet Afrique-France, le 15 février 2007 © Tous droits réservés
Longtemps chef de milices au Darfour
Le groupe Rapid Support Forces est réputé très violent. Pour beaucoup de Soudanais, la vue de leurs uniformes couleur sable est synonyme de terreur, notamment depuis la répression dans le sang de la contestation contre le pouvoir en place en 2019.
Mais aussi parce que son leader a opéré au Darfour, a la tête des « Janjawid », des groupes de combattants au service du pouvoir soudanais de l’époque chargés de terroriser et mettre au pas la principale communauté rebelle de la région. Mohamed Hamdane Daglo a été recruté au début des années 2000 et les milices qu’il dirigeait sont accusées de plusieurs exactions, à l’origine des poursuites qui visent l’ex-président Omar el-Béchir.
Il devient vice-président du Conseil de souveraineté de transition
Quand les Rapid Support Forces ont été créées pour devenir une garde rapprochée d’Omar el-Béchir, le général « Hemedti » en a pris la tête. Il débarque alors à Karthoum et devient le leader de la force paramilitaire la plus puissante du Soudan.
Après la destitution d’Omar el-Béchir, en avril 2019, Mohamed Hamdane Daglo a encore gagné en influence et est même un des hommes les plus riches du pays.
En octobre 2021, quand l’armée soudanaise mène une opération contre le gouvernement de transition pour prendre le pouvoir par la force, Mohamed Hamdane Daglo soutient l’action pour évincer les civils du pouvoir. Résultat : le responsable des RSF et le chef de l’armée s’unissent pour occuper les postes clés.
Mohamed Hamdane Daglo devient vice-président du Conseil de souveraineté de transition du Soudan, alors que le chef de l’armée, Abdel Fattah al-Burhane, en prend la présidence.
Ce sont ces deux hommes qui se déchirent aujourd’hui sur fond de violences. Tous deux ont affirmé samedi contrôler les sites stratégiques de Khartoum alors que d’importants combats font rage entre les troupes de l’armée soudanaise et les miliciens des Rapid Support Forces.
RTBF / Provinces26rdc.com
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