Sur les antennes de la RTNC -Radio Télévision nationale congolaise-, le ministre du Travail et de l’Emploi, Ephraïm Akwakwa, annonce, via le Journal télévisé du jeudi 02 janvier 2025, qu’il vient de réajuster le SMIG -Salaire minimum interprofessionnel garanti- à 14.500 CDF. Et, comme pour démontrer qu’il y a eu des avancées, Ephraïm Akwakwa rappelle qu’il y a six (6) ans, le même SMIG était fixé à 7.075 CDF.
Est-ce qu’il y a vraiment eu augmentation du SMIG ? Question pendante. Pendant ce temps, le patron de l’Emploi rd-congolais parle d’un « cadeau que le Chef de l’État offre au peuple congolais, particulièrement à la masse laborieuse ». S’agit-il vraiment d’un cadeau ou de la simple poudre aux yeux ? Décryptage.
Rien du nouveau
Quoi de neuf ? Il n’y a rien du nouveau sous le ciel socioprofessionnel rd-congolais, avec l’annonce du réajustement, par le ministre Ephraïm Akwakwa, du SMIG, passé de 7.075 à 14.500 CDF.
Car, déjà, en 2018, Maître Bruno Tshibala, alors Premier ministre, à travers le décret n° 18/017 du 22 mai de cette année-là, prend une décision courageuse de fixer le taux journalier du SMIG à 7.075 CDF, ce qui, à cette époque là, équivalait à 5 USD. Une réforme courageuse saluée à l’époque par plusieurs organisations syndicales et socioprofessionnelles. Car, bien avant, le SMIG était fixé à 1,04 USD.
Aujourd’hui, quoique passé de 7.075 à 14.500 CDF, le taux journalier du SMIG garde sa même valeur en monnaie américaine, soit 5 USD, sachant que l’économie rd-congolaise est dollarisée, les prix et les rémunérations calculés et fixés sur base du roi dollar américain. En clair, le Gouvernement congolais a juste réajusté en CDF le taux journalier du SMIG, fixé depuis 2018 à 5 USD par jour.
Quid de l’application
Il ressort que le réajustement annoncé du taux journalier du SMIG est effectué en tenant compte de la dévaluation du Franc congolais par rapport au dollar américain. Aussi, cela est consécutif à la réunion tripartite Gouvernement – Banc syndical – FEC -Fédération des Entreprises du Congo-, dans l’optique de protéger le pouvoir d’achat du peuple congolais, en général, et de tous les travailleurs en particulier.
C’est sans nul doute pour cette raison que le patron de l’Emploi rd-congolais parle d’un « cadeau que le Chef de l’État offre au peuple congolais, particulièrement à la masse laborieuse ».
Pour autant, la grande question reste celle de savoir si le nouveau taux journalier réajusté du SMIG sera mis en application. Cela d’autant plus que, jusqu’à ce jour d’ailleurs, même le taux du SMIG fixé sous Tshibala n’a jamais été appliqué, selon certains observateurs.
Ces derniers restent, pour la plupart, sceptiques quant à l’application de ce taux journalier réajusté du SMIG. Car, si, en six (6) ans, en dépit des érosions monétaires qu’a connues le Franc congolais, le taux journalier du SMIG fixé par décret du Premier ministre n’a jamais été appliqué, comment peut-on espérer que celui réajusté aujourd’hui par un arrêté ministériel va faire la différence, s’interrogent-ils.
Par ailleurs, avec le probable tsunami du Gouvernement Suminwa qui s’annonce en ce plein premier trimestre de l’année 2025, ces observateurs, loin d’être des prophètes de malheur, entrevoient, à travers cette annonce du ministre Ephraïm Akwakwa de l’Emploi, une simple nouvelle destinée à la consommation extérieure.
Alors que l’application du SMIG, selon le taux journalier fixé par le Gouvernement, pose encore problème, certains économistes, eux, exigent de plus en plus l’ajustement du SMIG par un taux horaire, pour stimuler la croissance économique qui découle de la corrélation entre la productivité et la récompense.
Amélioration des conditions des travailleurs : le Smig passe de 7 075 à 14 500 CDF

Afin d’améliorer les conditions socioprofessionnelles des travailleurs congolais, le gouvernement a revu à la hausse le salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig). Il passe de 7 075 à 14 500 francs congolais (CDF) par jour, soit 5 dollars américains USD pour le dernier travailleur par jour.
Le ministre de l’Emploi et du Travail Ephraim Akwakwa qui a annoncé cette nouvelle ce jeudi à la télévision nationale, (Rtnc), dit agir au nom de la première ministre Judith Suminwa et parle d’un cadeau du président de la République Félix Tshisekedi.
« Le chef de l’État et la première ministre m’ont instruit de travailler sur la question du Smig (…) Je viens d’annoncer que par mon arrêté n°012 portant ajustement du Salaire minimum interprofessionnel garanti dans les entreprises et établissements de toute nature en République démocratique du Congo, je viens de réajuster le Smig à 14 500 CDF. Je me dis que c’est un cadeau que le chef de l’État offre au peuple congolais et particulièrement à la masse laborieuse », a déclaré le ministre Ephraim Akwakwa.
Selon lui, ce réajustement intervient six (6) ans après examen des possibilités. « Cela fait plus de six ans que nous enregistrons de nombreuses plaintes dans le cadre de la sécurité sociale des travailleurs (…) Je viens de réajuster le Smig à 14 500 CDF alors que cela fait six ans qu’il a été fixé à 7 075 CDF », a-t-il souligné.
L’application stricte du Smig est l’une des principales revendications de l’intersyndicale nationale. Depuis plusieurs années, les travailleurs congolais du commerce réclament notamment l’exécution d’un décret du premier ministre Tshibala fixant le Smig à 5 dollars américains USD au tarif de 1 415 CDF pour tous les travailleurs du secteur du commerce, y compris les travailleurs placés (sous-traitant).
OPINION INFO / Provinces26rdc.com
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