Un programme opérationnel a été lancé mardi à Kinshasa en République démocratique du Congo par l’entreprise générale du Cobalt (EGC) pour l’intégration progressive des mineurs artisanaux dans un cadre légal, selon un communiqué consulté mercredi par l’ACP.
« L’Entreprise Générale du Cobalt (EGC), la société publique chargée de l’encadrement et du monopole de commercialisation du cobalt issu de l’exploitation artisanale, vient de lancer un vaste programme opérationnel. Cette initiative vise à intégrer de manière progressive et contraignante les mineurs artisanaux dans un cadre légal, sécurisé et rigoureusement contrôlé par l’État », a-t-on lu dans le communiqué.
Selon la source, le déploiement de cette stratégie repose sur la création de zones d’exploitation dédiées, communément appelées « carrés miniers viabilisés ». Dans ces périmètres délimités, les coopératives artisanales agréées exercent désormais leurs activités sous la supervision technique de l’État.
La direction générale d’EGC a précisé que « ce cadre impose le respect strict des normes internationales de sécurité industrielle, de traçabilité environnementale et de gouvernance éthique pour éradiquer l’exploitation clandestine ».
Le document a précisé que les données statistiques publiées récemment par le ministère des Mines illustrent l’immensité de ce chantier socio-économique.
Selon les estimations officielles du secteur, près de 3 millions de mineurs artisanaux exercent leurs activités à travers la RDC, dont 1,5 à 2 millions de « creuseurs » sont directement impliqués dans la seule filière du cobalt. Cette force de travail artisanale contribue entre 15 % et 30 % de la production nationale de cobalt, consolidant le rôle d’acteur incontournable du pays sur le marché mondial des technologies propres.
Le communiqué a relevé que, toutefois, ce poids économique souffrait jusqu’ici d’un déficit chronique d’encadrement, au profit des réseaux mafieux transfrontaliers. Le gouvernement congolais tape du poing sur la table et dresse un constat financier sévère dans ses récents rapports budgétaires : « Le manque à gagner est colossal ; la contrebande minière et les exportations frauduleuses non déclarées privent le Trésor public d’environ 1 milliard de dollars de recettes fiscales chaque année, tout en ternissant la réputation de nos minerais à l’international », a rapporté la source.
A cet effet, le document a indiqué que l’impact attendu de ce programme pilote touche directement à la dignité des travailleurs de la mine. Il vise à améliorer drastiquement les conditions sanitaires des exploitants, à éliminer le travail des enfants et à assainir la chaîne d’approvisionnement. Le management d’EGC insiste sur un point non négociable : « Chaque gramme de cobalt extrait de ces zones pilotes doit être rigoureusement tracé, par un système d’étiquetage inaltérable, depuis le puits de production jusqu’à son point final d’exportation. »
En outre, il a également soulevé qu’en créant ces zones officielles, l’État congolais apporte également une solution durable aux conflits fonciers récurrents qui opposent les creuseurs aux multinationales. Les intrusions massives d’artisanaux dans les concessions industrielles privées constituaient jusqu’ici une source majeure d’incidents sécuritaires mortels et de pertes économiques sèches pour les investisseurs étrangers.
Le document a fait savoir que le directeur général d’EGC, de l’entreprise publique, a défendu une approche pragmatique et inclusive plutôt que répressive. « La formalisation est la seule alternative viable aux crises sécuritaires. Plutôt que de chercher à exclure systématiquement les mineurs artisanaux par la force, notre approche consiste à leur offrir un statut légal protecteur et des espaces sécurisés pour travailler dignement », a déclaré Éric Kalala, cité dans le communiqué.
«Fort de ce premier succès, l’EGC ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et cherche à massifier son modèle. L’entreprise publique a officiellement confirmé la tenue de discussions préliminaires avancées avec d’autres géants miniers de la place, notamment les groupes Chengtun Congo Resources et Virtus Minerals, afin d’obtenir de nouvelles concessions de terre à rétrocéder aux coopératives», a-t-on lu.
ACP/Provinces26rdc.com
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