Les États-Unis annoncent avoir saisi le « Bella 1 », un pétrolier russe lié au Venezuela, au large de l’Islande

Le navire était poursuivi depuis plusieurs semaines par les autorités américaines dans le cadre du blocus de Washington visant des pétroliers liés au Venezuela. Un deuxième pétrolier a été saisi dans le même temps, dans les Caraïbes.

Bataille géopolitique entre Moscou et Washington dans l’océan Atlantique. Les forces armées américaines ont « saisi » ce mercredi 7 janvier le pétrolier russe « Marinera », anciennement connu sous le nom de « Bella 1 », au large de l’Islande « pour violation des sanctions américaines », a annoncé Washington.

« Le ministère de la Justice et le ministère de la Sécurité intérieure, en coordination avec le ministère de la Guerre, ont annoncé aujourd’hui la saisie du Bella 1 pour violation de sanctions américaines », a écrit le compte X officiel du commandement militaire américain pour l’Europe.

Moscou a dénoncé l’usage de la force par Washington dans le cadre de cette opération, par la voix de son ministère des Transports. « Le contact avec le navire a été perdu », a-t-il indiqué. Et de citer la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 interdisant l’usage de la force contre des navires immatriculés dans d’autres États.

Un deuxième pétrolier, le « M/T Sophia », a été saisi au même moment par les États-Unis dans la mer des Caraïbes. « Le blocus du pétrole vénézuélien illégal et sanctionné est pleinement en place, partout dans le monde », a justifié sur X le ministre américain de la Défense Pete Hegseth.

Traqué depuis le 21 décembre

Plus tôt, plusieurs médias, dont l’agence de presse Reuters, le média britannique The Guardian et l’agence de presse russe Tass, rapportaient que le pétrolier russe était dans le viseur des garde-côtes américains et qu’une opération était en cours par les États-Unis pour intercepter ce navire.

Le navire, rebaptisé depuis peu « Marinera » et battant désormais pavillon russe, est traqué depuis le 21 décembre par les gardes-côtes américains alors qu’il était en route pour le Venezuela et ne transportait pas de cargaison, selon le site spécialisé TankerTrackers.

Initialement baptisé « Bella 1 », il avait été sanctionné en 2024 par Washington pour ses liens présumés avec l’Iran et le groupe chiite libanais Hezbollah.

Flotte clandestine au service de Moscou

Il se trouvait mercredi vers 8 heures dans la zone économique exclusive de l’Islande, après une traversée de l’océan Atlantique dans les eaux internationales, selon les données de suivi maritime de Bloomberg. Dans la matinée, il a changé sa trajectoire et ralenti sa vitesse. Vers 13 heures — heure de Paris — le navire était à environ 200 km au sud de l’Islande.

Auprès de CBS News, des responsables américains ont indiqué mardi que la Russie avait notamment envoyé un sous-marin russe dans le nord de l’Atlantique pour protéger le bâtiment.

Les États-Unis avaient annoncé fin décembre, avant de capturer le président Nicolás Maduro, la mise en place d’un blocus naval autour du pays contre des pétroliers prétendument sous sanctions. Ils en ont déjà saisi deux soupçonnés par Washington de transporter du pétrole vénézuélien soumis à des sanctions.

Le « Marinera » fait partie d’une flotte clandestine qui a transporté du pétrole pour la Russie, l’Iran et le Venezuela en violation des sanctions imposées par les États-Unis et d’autres pays, selon Washington.

Dans une déclaration antérieure aux informations publiées par les médias américains, le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré mardi qu’il suivait « avec inquiétude » la situation. « Pour des raisons qui nous échappent, le navire russe suscite une attention accrue de la part des armées américaine et de l’Otan — une attention manifestement disproportionnée au regard de son statut pacifique », a dit le ministère.

Deux autres pétroliers, l’« Hyperion » et le « Premier », sous sanctions américaines et qui ont émis un signal en mer des Caraïbes proche du Venezuela dans la semaine écoulée, sont également passés sous drapeau russe en décembre.


Le Parisien / Provinces26rdc.com

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