La transformation locale du pétrole en République démocratique du Congo est une nécessité en vue de réduire l’impact économique dû à la fermeture du détroit d’Ormuz en Iran, a fait savoir lundi, le ministre du Commerce extérieur dans une tribune de réflexion organisée à Kinshasa.
« Sur le plan structurel, la transformation du pétrole congolais est une nécessité car si la RDC ne peut pas empêcher la fermeture du détroit d’Ormuz, elle peut réduire son impact économique sur place par la relance de la SOCIR (Société Congolaise des Industries de Raffinage), d’où la nécessité de cette transformation », a déclaré Julien Paluku, ministre du Commerce extérieur.
Dans ce cadre, parmi les mesures de précaution sur le plan conjoncturel, il a soutenu l’urgence d’une constitution et d’une gestion de réserves stratégiques en augmentant les capacités de stockage de Services des Entreprises Pétrolières (SEP Congo) et de la Société nationale des hydrocarbures du Congo (SONAHYDROC). Aussi, la création des réserves stratégiques de denrées de base (maïs, riz) pour stabiliser les prix sur le marché intérieur lorsque les coûts d’importation s’envolent.
« Pour faire face à ces genres de chocs exogènes qui sont inévitables, la RDC a fait le choix de la diversification économique et de voies d’approvisionnement. Si le détroit d’Ormuz est bloqué, le trafic mondial se déplacera massivement vers l’Atlantique, d’où l’importance stratégique du port en eau profonde de Banana et du Corridor de Lobito, deux mégas projets en phase de réalisation dans le pays », a ajouté Julien Paluku.
Détroit d’Ormuz, poumon de l’économie mondiale
Le ministre Paluku a précisé que la fermeture de ce verrou stratégique due aux tensions entre l’Iran et les USA n’est pas seulement un incident régional, mais un séisme systémique, car le détroit d’Ormuz est souvent qualifié de « poumon de l’économie mondiale.
Selon lui, ce détroit est le point de passage maritime le plus important au monde pour le commerce de l’énergie. Environ 20 à 25 % de la consommation mondiale de pétrole (soit plus de 20 millions de barils par jour) et un tiers du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) mondial transitent par là.
« C’est ainsi qu’il est considéré comme l’unique voie de sortie pour les exportations massives de l’Arabie Saoudite, de l’Irak, des Émirats Arabes Unis, du Koweït et du Qatar. Plus de 75 % du pétrole transitant par le détroit est destiné aux marchés asiatiques (Chine, Japon, Inde, Corée du Sud), faisant d’Ormuz le cordon ombilical des usines du monde », a-t-il expliqué.
« Bien que la RDC soit géographiquement éloignée du golfe Persique, son économie est hyper-dépendante des flux mondiaux. Une fermeture du détroit d’Ormuz provoquerait une onde de choc qui se traduirait par : L’explosion du coût de la vie (Inflation importée) ; L’impact sur le secteur minier qui consomme d’énormes quantités de carburant pour faire tourner les engins », a fait savoir dans une tribune de réflexion, Julien Paluku, ministre du Commerce extérieur.
S’agissant des risques majeurs au niveau du commerce mondial, le ministre a révélé qu’en cas de blocage total, le baril de « Brent » pourrait franchir la barre de 100 dollars américains en quelques jours. Cela entraînerait, a-t-il ajouté, une hausse brutale des prix et des coûts de transport, alimentant une inflation mondiale difficile à contenir pour les Banques centrales.
Par ailleurs, a affirmé le ministre congolais, même sans fermeture totale, le simple risque d’attaques de missiles et drones ferait exploser les primes d’assurance maritime. Certains armateurs pourraient refuser de naviguer dans la zone, réduisant de fait l’offre de transport disponible.
Notons que le ministre du Commerce extérieur est intervenu dans cette tribune, sur l’impact économique qui pourrait découler de la fermeture du détroit d’Ormuz en Iran, consécutivement aux escalades militaires en coursau Moyen-Orient.
ACP/Provinces26rdc.com
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