Washington retire 5 000 soldats d’Allemagne, Trump met la pression sur l’Europe

Les États-Unis ont officialisé samedi le retrait d’environ 5 000 militaires stationnés en Allemagne d’ici un an, une annonce qui intervient dans un climat de vives tensions entre Donald Trump et le chancelier Friedrich Merz. Les deux hommes sont opposés sur la stratégie en Iran et les échanges commerciaux. Alors que Berlin exhorte l’Europe à renforcer sa propre sécurité, l’Otan cherche à clarifier la position de Washington.

Le ministre de la Défense américain Pete Hegseth a ordonné le retrait de quelque 5 000 militaires d’Allemagne d’ici un an, a indiqué, vendredi 1er mai, le Pentagone. Si Berlin prend acte de cette mesure « attendue », le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, appelle les Européens à « prendre plus de responsabilités » pour leur propre sécurité. Dans ce climat de vives tensions transatlantiques, l’Otan cherche de son côté à « mieux comprendre » la décision.

Washington prévoit de réduire sa présence militaire en Allemagne d’environ 15 % des 36 000 soldats stationnés, un retrait que le Pentagone estime pouvoir achever dans « les six à douze prochains mois », selon son porte-parole Sean Parnell.

« Que des troupes des États-Unis se retirent d’Europe et aussi d’Allemagne était attendu », a réagi le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, dans un commentaire transmis à l’AFP par son ministère. « Nous, Européens, devons prendre plus de responsabilités pour notre sécurité », a-t-il ajouté.

Retrait de soldats américains d’Allemagne : quelles répercussions ?

Donald Trump en est venu à cette annonce visant l’Allemagne, pays allié membre de l’Otan, après que le chancelier Friedrich Merz a estimé lundi que « les Américains (n’avaient) visiblement aucune stratégie » en Iran et que Téhéran « humiliait » la première puissance mondiale.

« Il pense que c’est OK que l’Iran se dote de l’arme nucléaire. Il ne sait pas de quoi il parle ! », avait rétorqué Donald Trump mardi. Sans répondre directement, Friedrich Merz avait appelé jeudi à « un partenariat transatlantique fiable ».

Alors que les efforts pour arriver à un règlement négocié du conflit sont au point mort, le président américain s’en prend à ses alliés traditionnels européens, à qui il reproche un manque de soutien dans son offensive lancée fin février contre la République islamique.

« L’humeur du président »

L’Otan « travaille » de son côté avec les États-Unis pour « mieux comprendre » la décision du retrait des troupes américaines d’Allemagne annoncé par Washington, a déclaré samedi une porte parole de l’alliance.

La présence américaine dans le pays reste « dans l’intérêt » de l’Allemagne et « dansl’ intérêt des États-Unis », car ces troupes servent de « dissuasion collective », selon Boris Pistorius.

Depuis la fin de la Guerre froide, la présence américaine en Allemagne a fortement diminué mais reste centrale pour la sécurité du pays face à la menace russe depuis l’invasion de l’Ukraine, tout en soutenant des milliers d’emplois et de contrats dans une économie allemande en difficulté.

« Réduire notre présence militaire en Europe au moment où les forces russes continuent d’attaquer l’Ukraine sans pitié et de harceler nos alliés de l’Otan est un cadeau inestimable pour Vladimir Poutine et laisse entendre que les engagements américains envers nos alliés dépendent de l’humeur du président », a dénoncé de son côté le sénateur démocrate Jack Reed.

Trump s’en prend une nouvelle fois à l’Otan et aux Européens

Donald Trump a également évoqué jeudi une possible réduction des forces américaines en Italie et en Espagne, alors que, fin 2025, les deux pays accueillaient respectivement 12 662 et 3 814 soldats américains, selon des chiffres officiels.

« Effets substantiels » des surtaxes automobiles

Donald Trump s’en est aussi indirectement pris vendredi à l’Allemagne et ses importantes exportations d’automobiles en annonçant vouloir relever à 25 % « la semaine prochaine » les droits de douane sur les véhicules importés aux États-Unis depuis l’Union européenne.

Il reproche à l’UE de ne pas respecter l’accord commercial conclu l’été dernier, alors que le processus de validation de cet accord n’est pas encore arrivé à son terme au sein du bloc des 27. Si les États-Unis ne respectent pas leur part de l’accord, a-t-elle ajouté, « nous garderons toutes les options ouvertes pour protéger les intérêts de l’UE », a rétorqué la délégation de l’UE à Washington.

Le relèvement à 25 % des droits de douane sur les voitures et ​les camions importés de l’Union européenne pourrait coûter près de 15 milliards d’euros de production à l’Allemagne, a déclaré ​samedi à ‌Reuters l’Institut de ⁠Kiel pour l’économie mondiale (IfW).

« Les effets seraient substantiels », a indiqué son président, Moritz Schularick, ajoutant que les pertes de production pourraient ​atteindre environ 30 milliards d’euros à plus long terme.

L’industrie automobile allemande a d’ailleurs appelé à la « désescalade » et à l' »ouverture rapide de négociations ». Ces surtaxes entraîneraient des « coûts énormes pour l’industrie automobile allemande et européenne, déjà confrontée à des conditions très difficiles », a déclaré la présidente du lobby automobile allemand (VDA), Hildegard Müller, dans un communiqué transmis à l’AFP.

D’autres économies européennes dotées d’un secteur automobile important, notamment l’Italie, la ​Slovaquie et la Suède, devraient également subir des pertes ​significatives, a ajouté l’IfW.

 


Reuters / AFP / France 24 / Provinces26rdc.com

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