RDC : débat sur la Constitution et la protection des droits humains

Le débat sur le changement ou la révision de la Constitution continue d’alimenter l’actualité en République démocratique du Congo, et Lubumbashi n’est pas en reste. Ce lundi 25 mai 2026, le porte-parole de la société civile du Haut-Katanga, Ghyslain Kalwa Tshulu, a livré son analyse. Dans sa réflexion, il exprime ses craintes par rapport à un recul démocratique. Il s’interroge sur la manière de garantir les droits humains, quoi qu’il arrive.

Depuis fin 2024, la question de la révision ou du changement de la Constitution anime le débat politique à travers le pays. Cette question divise la classe politique et la société civile, et chaque acteur a pris position.

D’après les analyses de Ghyslain Kalwa Tshulu, les défenseurs de la révision constitutionnelle avancent quatre raisons. Premièrement, ils estiment que la loi fondamentale doit être adaptée aux réalités actuelles du pays. Ils évoquent notamment les crises institutionnelles répétées, les difficultés de gouvernance dans les provinces ainsi que les défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays.

Selon eux, une révision permettrait de renforcer l’efficacité des institutions et de clarifier les rapports entre les différentes branches du pouvoir.

Les divergences

De l’autre côté, ceux qui s’y opposent dénoncent un risque de manipulation politique. Ils redoutent une remise en cause des acquis démocratiques garantis par la Constitution actuelle. Ces derniers estiment également que les priorités du pays restent la sécurité, la crise humanitaire et les conditions sociales de la population.

Au milieu de ces divergences, Ghyslain Kalwa estime que le point de convergence reste les droits humains. Ainsi, pour lui, la grande question est celle de savoir « comment garantir les droits humains, quoi qu’il arrive ? »

Pour l’analyste, le débat ne devrait pas se limiter à approuver ou à rejeter cette initiative. « La vraie question est de savoir si le changement proposé renforce l’État de droit et protège davantage les citoyens ».

En tentant de répondre à ces questionnements, Kalwa pense qu’au-delà de la division, une exigence s’impose. Il s’agit de la conformité aux standards internationaux et constitutionnels de protection des droits humains.

Pour lui, trois exigences sont importantes. Il cite notamment le principe de non-régression. Car, dit-il, « toute modification constitutionnelle doit maintenir le niveau actuel de protection des droits fondamentaux ».

Il insiste également sur le fait que le processus doit être inclusif et transparent. D’après lui, tous les acteurs doivent être associés au débat. Enfin, Ghyslain Kalwa évoque le renforcement des mécanismes de recours. Il explique que l’indépendance de la justice et des institutions de contrôle demeure essentielle.

« La Constitution de 2006 contient des garde-fous importants. Toute réforme doit préserver les libertés publiques, l’indépendance de la justice et les mécanismes de contrôle démocratique ».

Ce point de vue est partagé par plusieurs organisations citoyennes et confessions religieuses comme la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et l’Eglise du Christ au Congo (ECC). Celles-ci plaident pour un dialogue national apaisé. Elles demandent que la protection des droits humains reste au centre des discussions.


Magazine La Guardia / Provinces26rdc.com

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