Face à la progression de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), les laboratoires se mobilisent pour tenter de mettre au point un vaccin contre la souche Bundibugyo, une variante rare du virus pour laquelle aucun vaccin homologué n’existe encore.
Au Royaume-Uni, l’équipe scientifique de l’université d’Oxford ayant participé au développement du vaccin Oxford-AstraZeneca contre le Covid-19 a rapidement réorienté ses recherches afin de concevoir un candidat vaccin spécifique à cette souche.
« Nous avons pu nous réorienter rapidement et commencer à développer un vaccin contre le virus de Bundibugyo », explique la professeure Teresa Lambe, spécialiste en immunologie vaccinale au Pandemic Sciences Institute d’Oxford. « L’expérience acquise lors des précédentes épidémies d’Ebola nous a permis d’agir beaucoup plus vite. »
Les chercheurs s’appuient notamment sur les enseignements tirés de la grande épidémie d’Ebola de 2013 à 2016 en Afrique de l’Ouest, qui avait causé plus de 11 000 morts. Teresa Lambe avait alors participé aux essais cliniques de plusieurs vaccins expérimentaux.
La scientifique insiste toutefois sur le fait qu’aucun raccourci ne sera pris concernant la sécurité. Même accéléré, le développement d’un vaccin nécessite des phases d’essais précliniques et cliniques incontournables.
« Nous essayons de mener plusieurs étapes en parallèle afin de gagner du temps, comme cela a été fait pendant la pandémie de Covid-19 », souligne-t-elle. « Mais nous ne saurons si ces vaccins sont efficaces qu’en situation réelle d’épidémie. »
Selon les experts, les candidats vaccins actuellement développés ne seront donc pas prêts suffisamment rapidement pour répondre à l’urgence sanitaire actuelle en RDC.
En attendant, les autorités sanitaires concentrent leurs efforts sur le traçage des contacts et l’isolement des cas suspects, considérés comme les outils les plus efficaces pour contenir la propagation du virus.
« La recherche des contacts et l’isolement des cas sont absolument essentiels », rappelle Teresa Lambe. « Il faut identifier rapidement tous les cas potentiels pour espérer maîtriser l’épidémie. »
La situation est d’autant plus préoccupante que la réponse sanitaire se heurte à de fortes tensions sécuritaires dans l’est du Congo. Plusieurs centres de soins ont été attaqués, tandis que des structures accueillant des patients suspects ont été incendiées par des habitants en colère ou méfiants envers les équipes médicales.
Le virus Ebola se transmet par contact avec les fluides corporels des personnes infectées ou décédées. Les rites funéraires traditionnels constituent ainsi un facteur majeur de contamination, ce qui alimente les tensions lorsque les autorités imposent des enterrements strictement encadrés.
Les spécialistes estiment que la souche Bundibugyo présente un taux de mortalité compris entre 30 et 50 %, inférieur à celui observé lors de certaines précédentes épidémies d’Ebola, mais toujours extrêmement élevé.
« Cela reste une maladie particulièrement grave », avertit Teresa Lambe. « Même si cette souche semble moins mortelle que d’autres variants du virus Ebola, elle demeure une menace sanitaire majeure. »
AP / Africanews / Provinces26rdc.com
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