Malgré la signature d’un cessez-le-feu entre le gouvernement et la coalition AFC-M23, les affrontements continuent de s’intensifier dans l’Est de la République démocratique du Congo. Depuis le début du mois de mai 2026, de violents combats sont signalés dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, illustrant la fragilité de l’accord et l’instabilité persistante dans la région.
Au Sud-Kivu, plusieurs territoires restent le théâtre d’affrontements réguliers entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les groupes d’autodéfense Wazalendo, et les rebelles de l’AFC-M23, accusés par Kinshasa d’être soutenus par le Rwanda.
Dans les hauts plateaux de Fizi et Mwenga, de violents combats ont notamment éclaté le 13 mai 2026 dans les villages de Kalingi, Kakenge et Bidegu. Selon des sources locales, ces attaques auraient été menées par des groupes armés alliés à l’AFC-M23, provoquant d’importants échanges de tirs ainsi que de nouveaux déplacements de populations civiles.
Le territoire de Mwenga apparaît également comme l’un des principaux foyers de tension. Des affrontements y ont été signalés à Kiomvu, Kasika, Ngenga et autour de Burhinyi. Certaines sources locales affirment que les rebelles auraient pris le contrôle de plusieurs localités, notamment Marundi et Katala.
Selon différentes informations recueillies sur place, cette progression viserait notamment Minembwe, avec l’objectif d’ouvrir des axes stratégiques vers les provinces du Maniema et du Tanganyika.
Dans le territoire de Kabare, précisément à Lwiro, des combats d’une rare intensité ont également été signalés. Des élèves et enseignants auraient été contraints de se cacher sous les pupitres alors que des tirs nourris étaient entendus à proximité du centre de recherche de Lwiro.
D’autres zones comme Kalehe, Walungu, Uvira ainsi que les environs du parc national de Kahuzi-Biega restent sous tension, avec plusieurs affrontements à l’arme lourde et légère signalés ces dernières semaines.
La poursuite des combats entraîne de lourdes conséquences humanitaires. Dans plusieurs localités de Kavumu, Mwenga et Kalehe, des villages entiers ont été vidés de leurs habitants.
Les populations civiles fuient les affrontements, souvent sans assistance humanitaire, aggravant davantage une situation déjà critique dans l’Est du pays. Les déplacements massifs, la destruction des habitations et l’insécurité alimentaire accentuent la vulnérabilité des familles affectées.
Au Nord-Kivu, la situation demeure également préoccupante dans les territoires de Masisi, Rutshuru et autour de Rubaya, où les affrontements entre les Wazalendo et les rebelles de l’AFC-M23 se poursuivent.
À Masisi, de violents combats ont été rapportés le 25 mai 2026 dans la localité de Malemo. Selon certaines sources locales, les combattants Wazalendo auraient repris le contrôle de cette zone après plusieurs heures d’affrontements, infligeant des pertes à leurs adversaires et récupérant du matériel militaire. Toutefois, ces informations n’ont pas encore été confirmées officiellement.
Par ailleurs, plusieurs combats ont également été signalés dans des zones stratégiques riches en ressources minières, notamment à Rubaya, où les enjeux économiques du conflit restent particulièrement importants.
Un autre élément marque cette nouvelle escalade : l’utilisation croissante de drones dans les opérations militaires. Le 21 mai dernier, plusieurs sources ont fait état de frappes de drones visant des positions des FARDC ainsi que de l’AFC-M23.
Cette évolution traduit une transformation progressive du conflit vers des formes de guerre plus technologiques, soulevant des interrogations sur les capacités militaires des groupes impliqués ainsi que sur les soutiens extérieurs dont pourraient bénéficier les différentes parties.
Ces violences répétées remettent en question la crédibilité du cessez-le-feu conclu entre Kinshasa et l’AFC-M23. Sur le terrain, les lignes de front restent actives et mouvantes, tandis que les différentes parties continuent de s’accuser mutuellement de violations de l’accord.
La multiplication des combats, l’élargissement des zones touchées et l’usage de nouveaux moyens militaires font craindre une nouvelle phase d’escalade dans l’Est de la RDC.
Dans ce contexte, les initiatives de paix apparaissent plus fragiles que jamais, alors que les populations civiles continuent de payer le prix d’un conflit qui s’enlise.
LaPrunelle RDC / Provinces26rdc.com
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