Tshopo : « Kisangani est au bord d’une catastrophe humanitaire », alerte Fontaine Mangala

À Kisangani, les marchés restent animés, les motos continuent de traverser les grandes artères poussiéreuses et les pirogues accostent encore le long du fleuve Congo. Mais derrière cette apparente normalité, la ville étouffe lentement sous une pression humanitaire devenue presque invisible.

Depuis plusieurs mois, la capitale de la Tshopo absorbe des vagues successives de déplacés fuyant les violences armées et l’insécurité qui ravagent l’Est de la République démocratique du Congo. Des familles entières arrivent de Lubunga, de Goma, de Bukavu ou encore du territoire de Mambasa, souvent sans bagages, sans ressources et parfois après plusieurs jours de voyage.

Dans certains quartiers périphériques de Kisangani, des maisons déjà exiguës accueillent désormais plusieurs familles. Les écoles voient leurs effectifs exploser. Les structures sanitaires, elles, peinent à suivre. Les centres de santé fonctionnent sous tension permanente tandis que les besoins en nourriture, en eau potable et en assistance médicale augmentent chaque semaine.

C’est dans ce contexte que le député national Fontaine Mangala tire la sonnette d’alarme. Pour lui, Kisangani doit être reconnue comme une zone de catastrophe humanitaire.

« La ville souffre en silence », affirme-t-il, inquiet de voir la situation empirer dans une relative indifférence nationale.

Selon l’élu de la Tshopo, l’ampleur de la crise dépasse désormais les capacités locales de réponse et nécessite une mobilisation immédiate du gouvernement central ainsi que des organisations humanitaires internationales.

Au-delà de la pression sociale et économique, une autre menace inquiète : le risque sanitaire. Alors que des alertes liées au virus Ebola continuent d’être signalées dans certaines régions de l’Est, les mouvements massifs de populations et les conditions de promiscuité alimentent les craintes d’une propagation plus large.

Dans les quartiers populaires, beaucoup redoutent déjà une détérioration rapide des conditions de vie. Certains déplacés vivent sans assistance régulière. D’autres dépendent entièrement de la solidarité familiale ou communautaire pour survivre.

Pour Fontaine Mangala, le moment exige des décisions exceptionnelles. Il appelle à une saisine rapide du gouvernement et souhaite voir le caucus des élus de la Tshopo engager un plaidoyer actif afin d’obtenir des moyens d’urgence pour la ville.

Car à Kisangani, la crise n’a ni camps spectaculaires ni images de guerre permanentes. Elle avance discrètement, dans les maisons surpeuplées, les centres de santé débordés et les inquiétudes silencieuses d’une population qui voit sa ville basculer progressivement sous le poids des conflits voisins.


Kis24.info / Provinces26rdc.com

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