Cinq détenus, identifiés comme des cas suspects de la maladie à virus Ebola, se sont évadés entre samedi 30 mai et lundi 1er juin, des structures sanitaires de Bunia et de Rwampara (Ituri), où ils avaient été transférés pour une prise en charge médicale.
A ce jour, les fugitifs restent introuvables, plongeant la population locale dans une vive inquiétude face au risque d’une propagation communautaire du virus.
Une évasion facilitée par l’absence de garde
Selon des sources médicales et pénitentiaires, les cinq détenus avaient été détectés le week-end dernier à la prison centrale de Bunia. Alertées par la direction pénitentiaire, les autorités sanitaires avaient immédiatement ordonné leur transfert pour limiter la contamination en milieu carcéral.
Deux d’entre eux ont été admis à l’Hôpital général de référence de Bunia, tandis que les trois autres ont été orientés vers le centre de traitement de Rwampara, à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de la ville.
Cependant, le dispositif de sécurité était défaillant. Selon ces mêmes sources, les deux suspects de Bunia ont pris la fuite dans la nuit de samedi à dimanche, suivis lundi matin par les trois autres de Rwampara.
Pour des raisons sanitaires, aucun policier n’avait été affecté à leur surveillance directe afin d’éviter la contamination du personnel de garde. Une faille de sécurité qui a permis aux malades suspects de se volatiliser dans la nature.
L’annonce de cette évasion a créé la psychose à Bunia. Sans suivi médical et potentiellement contagieux, ces cinq individus représentent une menace directe pour la santé publique.
Les habitants craignent désormais que les lignes de contamination ne se multiplient de manière incontrôlable dans les quartiers environnants.
La prison de Bunia renforce ses barrières sanitaires
Face à la crise, la direction de la prison centrale de Bunia tente de rassurer et se focalise sur la protection des autres détenus. Les mesures de prévention ont été renforcées à l’intérieur de l’établissement.
Grâce à l’appui du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la prison a été dotée de chlore, de dispositifs de lavage des mains et de cinq thermomètres infrarouges pour un contrôle strict des températures.
Par ailleurs, des partenaires internationaux et locaux se mobilisent en urgence : la MONUSCO planifie l’érection d’un centre de transit dédié exclusivement aux futurs cas suspects identifiés en cellule, tandis que l’ONG CARITAS s’apprête à former 25 éducateurs pairs parmi les détenus pour intensifier la sensibilisation aux gestes barrières.
La priorité pour les autorités reste néanmoins la localisation rapide des cinq évadés, selon des sources locales.
Radio Okapi / Provinces26rdc.com
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