La colère enfle. Le front des contestations autour des pourparlers de Bujumbura s’élargit mais sous différentes formes. Alors que le président burundais, Évariste Ndayishimiye, a donné lundi 6 juillet le coup d’envoi des consultations destinées à favoriser un dialogue autour de la crise congolaise, une voix s’élève pour dénoncer une faille majeure du processus.
L’Alliance des patriotes et démocrates musulmans (APDM) affirme ne pas se reconnaître dans ces assises et estime que la communauté musulmane de la République démocratique du Congo a été tout simplement écartée des concertations.
Dans une déclaration rendue publique à Kinshasa, l’APDM dit prendre acte, avec une profonde indignation, de ce qu’elle qualifie de non-considération de la communauté musulmane dans les consultations organisées sous l’égide du président burundais. Le parti de Moussa Mondo adresse directement son message aussi bien à l’opinion nationale et internationale qu’au président de l’Union africaine. Pour l’Alliance, cette absence ne constitue pas un simple oubli, mais une remise en cause du caractère inclusif que devrait revêtir une initiative appelée à traiter de l’avenir politique du Congo.
L’APDM reproche en particulier aux organisateurs d’avoir privilégié certaines confessions religieuses, auxquelles elle attribue un rôle politique. Dans un vocabulaire particulièrement incisif, elle dénonce des confessions qui se sont érigées en acteurs politiques en soutane. Cette formation politique est convaincue que cette place prépondérante leur a été accordée au détriment de la communauté musulmane.
Le parti soutient que cette dernière représenterait 20 % de la population congolaise et considère, dès lors, que son absence des consultations constitue une entorse au principe de représentativité nationale.
Au-delà de la critique, l’Alliance des patriotes et démocrates musulmans affirme que les consultations de Bujumbura ne concernent ni de près ni de loin la communauté musulmane de la République démocratique du Congo. En conséquence, l’APDM déclare ne reconnaître ni le processus engagé ni les conclusions qui pourraient en découler pour ce qui concerne cette composante religieuse.
La déclaration aborde également la question constitutionnelle. L’APDM réaffirme son soutien au projet de changement de la Constitution. Elle fait valoir qu’elle n’a jamais été associée à l’élaboration de l’actuelle Loi fondamentale et pense, par conséquent, qu’il serait légitime qu’elle participe à tout processus souverain, inclusif et transparent visant l’adoption d’une nouvelle Constitution.
Selon l’Alliance, une telle réforme devrait permettre de doter le pays d’un texte fondamental reflétant les aspirations profondes du peuple congolais et tenant compte de toutes les composantes de la nation.
En conclusion, l’APDM réitère son attachement à l’unité nationale, à la justice, à l’équité ainsi qu’à la reconnaissance de l’ensemble des composantes religieuses et sociales de la RDC dans les grandes décisions engageant l’avenir du pays.

Ouragan / Provinces26rdc.com
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