Pas de panique. Alors que les réseaux sociaux bruissent de rumeurs alarmistes annonçant une progression inexorable de l’AFC/M23 et leurs alliés vers Baraka et d’autres agglomérations stratégiques du Sud-Kivu, les Forces armées de la République démocratique du Congo affichent un tout autre récit. L’état-major des opérations affirme que les forces loyalistes tiennent leurs positions et poursuivent les opérations militaires contre les groupes armés actifs dans les hauts plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu.
Loin des scénarios relayés ces dernières heures par l’armée numérique du Rwanda, les FARDC rassurent que le repli observé ces derniers jours ne traduisait nullement un effondrement des lignes de défense mais par contre relevait d’une manœuvre tactique ayant précédé une contre-offensive qui a permis de reprendre l’initiative sur le terrain.
Selon un communiqué signé par le porte-parole des opérations Sukola 2 Sud, le sous-lieutenant Reagan Mbuyi Kalonji, l’armée a repris le contrôle des positions stratégiques de Kimete, Wihene et Kashamata, à Minembwe, dans le territoire de Fizi. Les combattants de la coalition AFC/M23-Twirwaneho-RDF-Red Tabara ont, selon la même source, été repoussés vers Rugezi et Bigaragara, au sud de Minembwe.
Le communiqué fait également état des accusations graves visant l’armée rwandaise. Les FARDC soutiennent que des drones de type TB2 et TB3, qu’elles attribuent aux forces de défense de Kigali, ont bombardé le village de Bidjaga. Le bilan provisoire avancé fait état de 18 civils tués et de 15 blessés, lesquels ont été pris en charge au centre de santé de Kanguli.
Bataille pour la vraie information
Au-delà des affrontements militaires, un autre théâtre d’opérations focalise l’attention depuis la résurgence du M23 : celui de la communication. Depuis un temps, les réseaux sociaux sont inondés de publications annonçant une progression fulgurante des rebelles vers Baraka, évoquant même des scénarios catastrophistes selon lesquels la chute de cette ville ouvrirait la voie à des menaces sur Kalemie, voire sur Lubumbashi.
D’autres publications vont encore plus loin, affirmant que les rebelles de l’AFC/M23-Twirwaneho se trouveraient à une trentaine de kilomètres de Baraka, tout en avançant des hypothèses sur une prétendue réorganisation politique et militaire du mouvement, laquelle interviendrait après la prise de plusieurs grandes villes du pays.
Face à cette avalanche d’allégations, le haut commandement des opérations militaires oppose un démenti catégorique. Dans un nouveau communiqué, l’armée affirme que Baraka, la cité de Fizi ainsi que la localité de Mulima demeurent entièrement sous le contrôle exclusif des FARDC.
L’armée considère que ces publications participent d’une stratégie de guerre psychologique visant à installer la psychose au sein de la population et à fragiliser le moral des troupes. L’armée invite ainsi les citoyens à faire preuve de vigilance face aux informations circulant sur les plateformes numériques et les exhorte à ne se fier qu’aux communications officielles.
L’armée congolaise annonce également qu’elle procédera, dans les prochaines heures, à la présentation des éléments des forces spéciales rwandaises qui ont été capturés au cours des combats, ainsi que de matériels militaires saisis sur les lignes de front.
Par ailleurs, plusieurs sources indiquent que de violents combats se poursuivent en direction du secteur stratégique connu sous le nom de Point zéro. Les mêmes sources indiquent que des combattants étrangers, parmi lesquels figurent des mercenaires somaliens, ont été identifiés dans les rangs des forces adverses. Malgré la violence des combats, la situation reste sous contrôle, les unités déployées continuent de recevoir des renforts destinés à maintenir la pression sur les positions rebelles.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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