RDC : Référendum, le feu vert des Assemblées provinciales à Tshisekedi

Les présidents des organes délibérants de 26 provinces ont parlé d’une seule voix le samedi 4 juillet 2026. Réunis au Palais du Peuple, les élus locaux ont réaffirmé leur adhésion à la loi portant organisation du référendum en République démocratique du Congo, adoptée par les deux Chambres du Parlement.

La séance de travail avec le président de la Chambre basse, Aimé Boji, n’avait rien d’un rendez-vous protocolaire. Entouré de membres du bureau, le speaker a décortiqué le texte devant les responsables provinciaux. Objectif : lever les ambiguïtés sur les fondements, les innovations et la finalité de cette réforme.

Les élus provinciaux voulaient comprendre avant de s’engager. Ils sont repartis convaincus. L’ancrage constitutionnel du texte, sa place dans la consolidation des institutions, son articulation avec les entités… bref, chaque point a été passé au crible.

Aimé Boji a été clair. Le soutien des provinciaux n’est pas symbolique. Dans un pays aussi vaste, sans les provinces, aucune réforme d’ampleur ne tient. Avec elles, le projet référendaire gagne une assise territoriale décisive.

 Un front provincial pour une réforme capitale 

Le porte-parole des présidents des Assemblées provinciales, Mateus Kanga, a résumé l’état d’esprit des élus locaux : « Nous avons appris que l’Assemblée nationale a voté la loi sur le référendum, et que dans la Constituante, les assemblées provinciales sont également retenues ».

Et d’ajouter que « Les membres des Assemblées provinciales, dont les députés provinciaux, sont venus échanger avec lui autour de ça, essayer de comprendre le contenu de la loi, mais aussi d’avoir une idée par rapport à la suite du processus, ce que prévoit exactement cette loi ». Pour lui, cette réforme doit passer pour l’intérêt supérieur de la nation. « Notre pays est engagé vers des réformes profondes pour essayer de doter la nation de textes qui conviennent, qui sont adaptés à notre contexte, mais aussi qui préservent notre souveraineté et qui préservent également les intérêts supérieurs de la nation ».

Le message est lancé à la base. « À toute la population de l’ensemble des 26 provinces du pays, de continuer de faire confiance aux institutions de la République, de se mobiliser autour du chef de l’État ».

 Tshisekedi n’attend plus que le go de la Cour constitutionnelle 

Félix Tshisekedi attend désormais l’avis de la Cour constitutionnelle, saisie à cet effet, avant de procéder à la promulgation de la loi sur l’organisation du référendum récemment adoptée par le Parlement. Il a rappelé que cette loi s’inscrit dans le fonctionnement normal des institutions de la République et dans le respect du principe de séparation des pouvoirs.

« S’agissant de la loi référendaire, adoptée par les deux Chambres du Parlement, je tiens à rappeler qu’elle relève du fonctionnement normal de nos institutions et du principe de séparation des pouvoirs. Dans une République démocratique, le Parlement débat, délibère et légifère. Le président de la République, garant du bon fonctionnement des institutions, exerce les prérogatives que lui confère la Constitution », avait-il déclaré lors de son message à la nation à l’occasion de la commémoration de l’indépendance du pays, le lundi 29 juin 2026, avant de préciser que : « Les juridictions compétentes, quant à elles, veillent au respect de l’ordre constitutionnel et de l’État de droit. C’est dans cet esprit de coopération interinstitutionnelle et de respect de l’État de droit que j’ai déféré cette loi à la Cour constitutionnelle aux fins d’examen de sa constitutionnalité avant sa promulgation éventuelle, conformément à l’article 160, alinéa 3, de notre Constitution ».

De l’adhésion politique à la machine de terrain 

Pour les élus provinciaux, ce soutien dépasse la simple déclaration. Ils ont, par ailleurs, invité l’ensemble de la population à accompagner cette initiative législative et à la traduire dans les langues locales. Il faut désormais l’expliquer, la vulgariser et désamorcer les polémiques dans chaque territoire.

D’ores et déjà, les députés provinciaux ont exprimé leur disponibilité à en assurer la mise en œuvre dès sa promulgation par le président de la République, Félix Tshisekedi. Cela signifie une chose : la logistique, la sensibilisation et l’encadrement du processus disposeront de relais locaux déjà prêts à agir.

Le débat ne se limite plus à Kinshasa, mais s’étend désormais aux provinces. En clair, le référendum ne sera pas une affaire réservée aux cercles politiques mais à l’ensemble de la population dans les 145 territoires.

 


Ouragan / Provinces26rdc.com

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