Référence mondiale en matière de guerre des drones, avec une production annuelle estimée à plusieurs millions d’unités, Kiev exporte, selon Moscou, son expertise dans l’est de la RDC en faveur de la milice M23. Des accusations graves rejetées par l’Ukraine, fulminant contre la « désinformation du Kremlin ».
Dans les provinces orientales de la RDC (Nord-Kivu et Sud-Kivu), où il occupe plusieurs zones riches en ressources naturelles, le M23 utilise un armement sophistiqué et des technologies de pointe qui surpassent souvent l’équipement conventionnel sur le terrain. Ce niveau d’équipement technologique et militaire confère aux rebelles un avantage tactique majeur face aux Forces armées de la RDC (FARDC). Pour la Russie, l’Ukraine contribue à la montée en puissance de ce groupe armé.
Kiev a démenti ces accusations. Heorhii Tykhyi, porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, a réfuté l’implication de son pays dans ce conflit. Il a souligné que Moscou accuse les autres de ses propres actions.
D’après lui, l’objectif de la Russie est clair : saper les efforts de médiation américains dans la région des Grands Lacs et détourner l’attention de ses propres actions destructrices qui entravent le processus de paix.
« Les affirmations de Lavrov selon lesquelles l’Ukraine soutiendrait le M23 dans l’est de la RDC relèvent de la désinformation du Kremlin et sont dénuées de tout fondement. Nous réfutons et rejetons officiellement ces accusations. L’Ukraine ne s’ingère pas dans les conflits africains. La Russie, en revanche, le fait : elle arme des groupes en violation des sanctions, alimente l’instabilité et recrute des ressortissants d’États africains pour combattre dans sa guerre contre l’Ukraine. Moscou accuse les autres de ce qu’elle fait elle-même : rien de nouveau sous le soleil », a déclaré Heorhii Tykhyi.
Lors de son déplacement vendredi à Bujumbura, où il s’est entretenu avec le président burundais Evariste Ndayishimiye, qui occupe la présidence de l’Union africaine, le ministre russe des Affaires étrangères a déclaré que Moscou avait constaté des exemples flagrants d’ingérence étrangère dans les affaires africaines, notamment dans la situation où le gouvernement légitime de la République démocratique du Congo, avec le soutien du Burundi, surmonte l’agression menée contre lui par le groupe M23, avec l’appui de représentants étrangers, y compris ukrainiens.
« Nous le savons, et nos alliés le savent également », a-t-il affirmé devant la presse, estimant que l’action ukrainienne viserait à « céer des difficultés aux pays amis de la Russie », notamment la RDC et le Burundi.
Afriqu’actu / Provinces26rdc.com
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