L’expiration de l’ultimatum fixé par les États-Unis au Rwanda pour retirer ses troupes de l’est de la République démocratique du Congo et mettre fin à son soutien présumé à l’alliance AFC/M23 n’a enregistré aucun changement sur le terrain. À l’issue de cette échéance, mercredi 15 juillet 2026, la société civile du territoire de Masisi a exprimé sa déception et appelé la communauté internationale à adopter des mesures plus fermes.
Dans une réaction rendue publique après la fin du délai accordé par Washington, cette structure citoyenne a estimé que les engagements attendus n’avaient pas été respectés. Elle a demandé à la médiation américaine de dépasser les avertissements verbaux et de mettre en place un cadre international contraignant afin d’obtenir des résultats concrets dans la mise en œuvre du processus de paix.
Selon la société civile de Masisi, l’annonce de l’échéance de la mi-juillet, formulée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio dans le cadre des accords de paix entre la RDC et le Rwanda, n’a eu aucun effet dissuasif. Elle affirme qu’au lieu d’un retrait des forces rwandaises, les combats se sont poursuivis avec l’arrivée de nouveaux renforts logistiques et une intensification des attaques dans plusieurs agglomérations du Nord-Kivu.
Le rapporteur général de la société civile de Masisi, Telesphore Mitondeke, interrogé par la radio Okapi, a fait savoir que la population restait profondément préoccupée par l’absence d’évolution de la situation sécuritaire. Il a expliqué que les habitants continuaient d’observer des attaques sur plusieurs lignes de front ainsi qu’un renforcement des troupes, contrairement aux attentes suscitées par l’ultimatum américain. Il a ainsi plaidé pour une réévaluation des stratégies diplomatiques afin d’aboutir à des solutions concrètes produisant des effets immédiats sur le terrain.
La structure citoyenne a également rappelé qu’il ne s’agissait pas de la première mise en garde internationale demeurée sans résultat. Elle a interpellé les autorités américaines sur la nécessité de préserver leur crédibilité en tant que médiateur dans la recherche d’une solution durable à la crise qui secoue l’est de la RDC.
Dans cette perspective, la société civile de Masisi a demandé la réalisation d’un audit immédiat sur le respect des engagements pris dans le cadre de la médiation américaine. Elle a également appelé à l’adoption de sanctions ciblées et d’autres mesures coercitives contre les acteurs qui, selon elle, continuent de faire obstacle au processus de paix.
Estimant que les États-Unis occupent une position centrale en tant que parrain du cadre de résolution de la crise dans la région des Grands Lacs, la société civile de Masisi considère que Washington est désormais appelé à démontrer sa capacité à faire respecter les engagements qu’il soutient et à traduire ses avertissements en actions concrètes.
Opinion Info / Provinces26rdc.com
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