Le bilan de la crue gigantesque et dévastatrice survenue mercredi dans le nord du Népal et au Tibet ne cesse de s’alourdir, passant d’au moins 580 personnes décédées à plus de 630, ont annoncé samedi les autorités népalaises et chinoises. Le nombre de personnes disparues a bondi lui à près de 3000, dont 800 étrangers.
Le désastre, dans cette région prisée des alpinistes et pèlerins, a fait 633 morts à ce stade selon les chiffres des secours communiqués samedi – 626 côté népalais, sept côté chinois -, sans compter sept corps repêchés très loin en aval, en Inde, dont la provenance n’a pas été confirmée.
Au Népal, le nombre de disparus a été porté à la hausse de 1924 à 2426 personnes, a annoncé samedi l’autorité népalaise en charge des situations d’urgence.
Pour le Tibet, le dernier chiffre en date des personnes manquant toujours à l’appel était, samedi matin, de 554, selon l’agence officielle Chine nouvelle. Au total, le nombre des disparus après la catastrophe dans cette région prisée des alpinistes et pèlerins s’élève donc samedi à au moins 2970.
Un peu moins de 800 étrangers
Officiellement, au Népal, on était toujours sans nouvelles de 517 étrangers, dont 473 touristes, a précisé vendredi l’office national du tourisme. Jeudi, les autorités chinoises avaient chiffré à 260 le nombre des étrangers portés disparus au Tibet. Cela porte le nombre total des étrangers avec lesquels aucun contact n’a pu être établi à au moins 777 (lire encadré).
Les recherches des disparus et l’évacuation des rescapés se poursuivent samedi, malgré des chances de survie de plus en plus faibles. Vendredi, les opérations avaient été suspendues tant du côté népalais que chinois suite à des alertes de coulées potentielles, levées par la suite. Ces interruptions s’expliquaient par les pluies incessantes dans la région et le risque de rupture du lac glaciaire au Tibet, formé par l’effondrement du glacier à l’origine des inondations dévastatrices.
Rescapés piégés dans le tunnel d’une centrale hydroélectrique
Les secouristes s’affairent notamment à l’évacuation d’une centaine d’ouvriers prisonniers d’un tunnel trois jours après la crue catastrophique, a indiqué le gouvernement. Depuis vendredi soir, quelque 80 militaires et policiers sont à pied d’œuvre pour percer un passage jusqu’à un tunnel du chantier de construction du barrage Trishuli-3 et accéder aux victimes, selon les services du Premier ministre.
« Le travail de dégagement du tunnel s’est intensifié samedi matin », ont-ils ajouté, « mais leurs efforts sont contrariés par les conditions météo défavorables ».
Une équipe de sauveteurs spécialisés est par ailleurs arrivée d’Inde voisine pour assister leurs collègues népalais et doit notamment, selon Katmandou, procéder à une cartographie aérienne des lieux.
Selon le gouvernement, 350 personnes ont déjà été évacués de ce secteur situé à la frontière de la Chine.
Le dernier bilan des autorités népalaises fait état samedi de plus de 900 agents ou ouvriers travaillant sur des sites ou des chantiers de barrages hydroélectriques encore portés disparus trois jours après la catastrophe.
Jusqu’à 93’000 personnes affectées
Des Népalais ont afflué dans les hôpitaux de la capitale Katmandou, cherchant désespérément leurs êtres chers. Des affiches avec les photos et les noms des disparus étaient placardées sur les murs, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Selon la Croix-Rouge, jusqu’à 93’000 personnes pourraient avoir été affectées par cette catastrophe.
Selon les premières estimations du ministre népalais des Finances, son pays a besoin de 4 à 5 milliards de dollars pour financer les efforts de reconstruction. « Il s’agit seulement d’une estimation. Les pertes et dégâts sont en cours d’évaluation », a-t-il indiqué, notant toutefois que les besoins sont moindres que lors du séisme de 2015.
2141 secouristes chinois
Du côté chinois, 2141 secouristes sont désormais sur zone, ainsi que 86 experts chargés de surveiller les risques géologiques qui pourraient menacer les sauveteurs, qui progressent avec prudence, a indiqué samedi Chine nouvelle.
Selon l’agence d’Etat, un peu plus de 500 secouristes ont pu accéder, non sans d’importantes difficultés, au centre de la zone sinistrée, près du poste-frontière dévasté de Gyirong.
RTS / Provinces26rdc.com
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