Le décor est déjà planté à Kinshasa pour la dixième réunion de haut niveau, du 27 au 29 mars, du Mécanisme régional de suivi de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération en République démocratique du Congo et la région des Grands lacs, en collaboration avec le bureau de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour la région.
Les Chefs d’Etat de la région avaient porté leur dévolu sur la capitale congolaise à l’issue de leur réunion tenue à Kampala, en Ouganda, le 08 octobre 2019.
Ce choix mérité d’être salué quant au sait que la capitale de la RDC a l’honneur d’abriter cette importante rencontre dans un contexte national marqué par l’alternance démocratique et pacifique, la première dans l’histoire congolaise, à la suite des élections du 30 octobre 2018 qui ont porté à la magistrature suprême, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
En effet, ce changement intervenu à la tête de la République Démocratique du Congo, a impulsé un nouveau souffle à la mise en œuvre de l’Accord-cadre à travers notamment la neutralisation des groupes armés, le renforcement de la coopération régionale, la décrispation politique et un dialogue renouvelé avec les partenaires.
Le Musée national de la République Démocratique du Congo, situé sur l’imposant boulevard Triomphal, dans la commune de Lingwala, a été retenu comme cadre idéal pour accueillir la réunion des ministres des Affaires étrangères ainsi que le sommet proprement dit.
Le Mécanisme régional de suivi, institué par les Chefs d’Etat et de gouvernement des pays signataires de l’Accord-cadre, se réunissait jadis en marge des sommets de l’Union africaine ou des sessions de l’Assemblée générale des Nations Unies. Cependant depuis quelques années, cette réunion de haut niveau se tient annuellement de manière rotative dans les pays de la région, avec un présidium annuel par pays.
L’Accord-cadre d’Addis-Abeba, dit également Accord de l’espoir pour la paix et la stabilité régionale, est une réponse à la récurrence de la belligérance régionale ayant caractérisé la région des Grands lacs depuis près de deux décennies avec des conséquences incalculables sur le plan sécuritaire, humanitaire et économique.
Tirant les leçons de l’échec de certains outils juridiques internationaux, dont le Pacte de stabilité de la Conférence internationale pour la région des Grands lacs(CIRGL), mis en place pour la restauration de la paix et de la sécurité régionale, 13 Chefs d’Etat et de gouvernement des pays de la région s’étaient réunis le dimanche 24 février 2013 à Addis-Abeba, à l’initiative du secrétaire général des Nations-Unies, et avaient signé l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région qui vise à créer les conditions d’une solution définitive aux crises à répétition dans l’Est de la RDC.
Les engagements des pays signataires de l’Accord-cadre
Les pays signataires de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba se sont engagés à trois niveaux : national, régional et international.
Au niveau national, les six engagements pris ont été les suivants : continuer et approfondir la réforme du secteur de la sécurité en particulier en ce qui concerne l’armée et la police, consolider l’autorité de l’Etat, en particulier à l’Est de la RDC, y compris empêcher les groupes armés de déstabiliser les pays voisins, effectuer des progrès en ce qui concerne la décentralisation, promouvoir le développement économique, y compris l’expansion des infrastructures et de fourniture des services sociaux- de base, promouvoir la réforme structurelle des institutions de l’Etat, y compris la réforme des finances publiques et enfin promouvoir les objectifs de réconciliation nationale, de tolérance et de démocratisation.
Au niveau de la région, les signataires ont pris sept engagements à savoir : ne pas s’immiscer dans les affaires internes des pays voisins, ne pas tolérer, ni fournir une assistance ou un soutien quelconque aux groupes armés, respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des pays voisins, renforcer la coopération régionale, y compris l’approfondissement de l’intégration économique, avec un accent particulier sur l’exploitation des ressources naturelles, respecter les préoccupations et les intérêts légitimes des pays voisins, notamment en matière de sécurité, ne pas héberger, ni fournir une protection à des personnes accusées de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, actes de génocide ou crimes d’agressions, ou toute personne soumise à un régime de sanctions imposées par le Nations Unies, faciliter l’administration de la justice à travers la coopération judicaire dans la région. Quant aux engagements internationaux, il s’agit du soutien du Conseil de sécurité des Nations unies à la sécurité à long terme en RDC et dans la région des Grands lacs, de l’engagement renouvelé des bailleurs internationaux à demeurer non seulement mobilisés dans leur soutien à la RDC, y compris avec des moyens appropriés pour assurer la durabilité des actions sur la long terme, mais également à appuyer la mise en œuvre des protocoles et des projets prioritaires de pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement des Grands lacs.
D’autres engagements internationaux portaient sur la revitalisation de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) et le soutien de la mise en œuvre de son objectif de développement économique et de l’intégration régionale, sur la revue stratégique de la MONUSCO afin de renforcer son appui au gouvernement pour faire face aux enjeux d’ordre sécuritaire et favoriser l’expansion de l’autorité de l’Etat ainsi que sur la nomination d’un envoyé spécial des Nations Unies pour soutenir les efforts à trouver des solutions durables avec un plan à plusieurs volets en vue de la convergence de toutes les initiatives de paix en cours. Au vu des engagements pris lors de la signature de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, les Chefs d’Etat, réunis à Kinshasa autour de leur homologue congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo devront réaffirmer leur ferme détermination à mettre pleinement en œuvre l’Accord-cadre, qui permet de s’attaquer efficacement aux causes et aux facteurs des conflits et d’instabilités dans la région.
Ils devront également se pencher sur les initiatives de développement en mettant l’accent sur la coopération et l’intégration économiques en menant une action commune efficace afin de favoriser l’éradication des forces négatives dans toute la région.
Cela permettra à la population de la région des Grands lacs de vivre en paix afin de résoudre leurs problèmes de développement socio-économique.
ACP/provinces26rdc.net
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