RDC : Quand la joie se mêle au deuil ! (Retour de Thomas Lubanga à Bunia)

L’ancien chef rebelle Thomas Lubanga est rentré jeudi 10 septembre 2020 à Bunia, son terroir. La tête d’affiche de l’Union des Patriotes Congolais, UPC, a été accueilli avec joie par les siens, après plus de 15 ans d’absence suite à ses démêlés judiciaires avec la Cour Pénal International, CPI. S’en est suivi, son incarcération à la Haye, aux pays Bas.

La foule venue nombreuse l’accueillir à l’aéroport, l’a accompagné jusqu’au centre ville de Bunia pendant une heure et demie de marche, a constaté un reporter . Ses partisans l’ont accueilli vêtus de pagne, chemises ou T-shirts frappés parfois à son effigie. Ils sont majoritairement membres de son parti, l’UPC. « C’est le Mandela de l’Ituri !

Seulement voilà, la joie s’est mêlée au deuil de son épouse IVETTE EGABWENDA. Si l’on en croit le secrétaire général de l’Union des Patriotes Congolais, DJOKABA LAMBI, l’inhumation de l’épouse de Thoma Lubanga initialement prévue pour ce vendredi 11 septembre 2020, est renvoyée à une date ultérieure.

Pour rappel, l’ancien président de l’Union des patriotes congolais avait été reconnu coupable d’avoir enrôlé des enfants de moins de 15 ans et de les avoir fait participer aux combats. Sa condamnation, confirmée en appel en 2014, a ouvert la procédure de réparations pour les victimes de ses crimes.

Il a fallu des années de procédures avant que les juges ne décident, en 2017, d’ordonner des réparations. Elles seront collectives. Elles se présenteront sous forme d’aides à l’emploi, à la formation, au logement. Alors que Thomas Lubanga a purgé sa peine, ces promesses sont toujours sur le papier.

La Cour s’est engagée dans des procédures longues et lourdes et les victimes attendent encore. Autrement dit, huit ans plus tard, et dix-huit ans après les crimes, ces réparations n’ont toujours pas été allouées, rappelle-t-on..

C’est Thomas Lubanga lui-même qui devrait s’acquitter de la facture. Mais l’ex-patron de l’UPC a été jugé indigent par la Cour et ne pourra donc régler les dix millions de dollars décidés par les juges. C’est donc au Fonds pour les victimes de réunir les moyens.

Mais à ce jour, cette administration chargée d’organiser les réparations n’a pu allouer que près de 4,3 millions dollars… à de futurs projets. Ils seront mis en œuvre par des intermédiaires en Ituri, essentiellement des ONG.

Sur un plan plus symbolique, le Fonds pour les victimes devra aussi construire trois mémoriaux dans l’Ituri. À plusieurs reprises depuis sa condamnation, notamment lorsqu’il demandait sans succès une remise de peine, Thomas Lubanga s’était dit prêt à organiser une cérémonie et présenter ses excuses à tous ceux qui ont souffert du conflit.

Rentré au bercail hier jeudi 10 septembre 2020, Thomas Lubanga pourra-t-il en toute liberté, s’acquitter de sa promesse? Wait and see !

Bunia : retour de Thomas Lubanga, leader de l’UPC

-Accompagné de quelques membres de sa famille biologique, l’ex pensionnaire de la Cour pénale internationale, CPI vient assister aux obsèques de son épouse décédée il y a quelques jours à Nairobi au Kenya. Thomas Lubanga, leader de l’ex groupe de milice dénommée Union des patriotes congolais, UPC devenu un parti politique est arrivé à Bunia chef-lieu de la province de l’Ituri l’après midi de ce jeudi 10 septembre 2020, à bord d’un régulier de Congo Airways.

Une foule nombreuse de militants de son parti et autres sympathisants a fait le déplacement de l’aeroport national de Bunia pour lui réserver un accueil chaleureux, après plus de 15 ans d’absence.

Quelques autorités locales, notamment le Maire de Bunia, des acteurs politiques, des leaders communautaires et autres notabilités étaient également présents.

À sa descente d’avion, l’ancien seigneur de guerre Hema durant la guerre interethnique survenue en Ituri entre 1999 et 2003 s’est agenouillé devant les membres de sa famille qu’il a quitté deppuis, en suite ceux de son parti l’UPC avant de s’offrir un bain de foule et prendre la direction de sa résidence.

Notez que Thomas Lubanga qui a purgé sa peine de 14 ans pour recrutement d’enfants dans sa milice n’a fait aucune déclaration à la presse, une source proche de sa famille a confiée à buniaactualite.com que c’est pour des raisons personnelles liées à sa douleur après le décès de sa femme qui l’a attendu durant toutes ses années d’emprisonnement.


L’Essentiel /provinces26rdc.net

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