RDC : Malgré la garantie de la Constitution, trouver un travail demeure un «calvaire pour les Congolais»

«Le Travail est un droit et un devoir sacrés pour chaque Congolais», indique la Constitution de la République Démocratique du Congo.

Conformément à l’article 36 de la constitution du 18 Février 2006, « l’État garantit le droit au travail, la protection contre le chômage et une rémunération équitable et satisfaisante assurant au travailleur ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine, complétée par tous les autres moyens de protection sociale, notamment , la pension de retraite et la rente viagère ».

Loin d’ignorer la loi fondamentale de la RDC, cette disposition n’est pas respectée en ce qui concerne le marché du travail, l’obtention d’un emploi et les conditions qui vont avec pour ceux qui en trouvent.

A en croire les citoyens congolais consultés par la rédaction de Lehautpanel.com, le marché du travail en République Démocratique du Congo est très difficile.  Chaque année, les universités de toute la République libèrent des milliers de lauréats pour le marché du travail congolais, mais aucune statistique nous révèle combien ont été recrutés ou combien des chômeurs il y a. A ce rythme, avec un nombre très faible d’entreprises publiques et une forte demande des diplômés pour un premier emploi, les congolais se mettent à la merci de certains entrepreneurs véreux qui pour vous accorder une interview d’embauche ou une opportunité d’emploi, vous demandent de débourser des billets de banque , soit 20 USD , 50 USD ou 100 USD et bien plus. Pour d’autres, il faut avoir une expérience de 3 ans, 4 ans et 5 ans, alors que la situation du pays n’accorde parfois pas d’opportunités de stages professionnels.

Pour ceux qui décrochent un premier emploi auprès des particuliers (entreprises privées), ils sont pour certains liés à une société de sous-traitance et non directement à l’entreprise recruteuse pour laquelle ils travaillent, et se voient octroyer un salaire de misère , qui les chosifie après un dur labeur.

Chez l’État, la mécanisation ou le processus de recrutement est parfois trop long, voire même inexistant. Certains qui ont des numéros matricules , n’ont jamais été affectés après 3 ans , 5 ans , et 7 ans. Ceux qui sont embauchés perçoivent un salaire médiocre ou ne sont pas payés pendant plusieurs mois. Avec la hausse du coût de la vie en République Démocratique du Congo, les travailleurs ayant perdu son pouvoir d’achat vivent des dettes.

Les conditions sont généralement difficiles pour les congolais qui travaillent chez les indo-pakistanais, chinois , libanais. Ils sont sans contrat de travail en bonne et due forme, pas de respect du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), aucun horaire de travail fixe, ils sont abandonnés à leur triste sort. Alors qu’il y a des services de l’État qui doivent veiller à cela comme, l’Inspection général du travail qui fonctionne sous la tutelle du Ministre en charge du travail et prévoyance sociale mais qui n’intervient même pas pour réguler la situation à cause de la corruption.

Parmi les travailleurs, certains sont des pères de famille, mère d’enfants, frères et sœurs rendus incapables par le système en place [absence de l’autorité de l’État dans le secteur de l’Emploi] pour nouer les deux bouts du mois. Face à cette situation qui perdure depuis très longtemps en République Démocratique du Congo, le gouvernement central est appelé à agir.

« Nul ne peut être lésé dans son travail en raison de ses origines, de son sexe, de ses opinions, de ses croyances ou de ses conditions socio-économiques », poursuit l’article 36 de la constitution de la RDC.

Puisqu’il est anormal de voir une main d’œuvre abondante demeurée dans le chômage alors que le pays a besoin de se reconstruire, la Constitution a clairement rappelé que la construction de la nation passe par la rémunération des travailleurs.

«Tout congolais a le droit et le devoir de contribuer par son travail à la construction et à la prospérité nationales», peut-on lire dans l’article 36 de la Constitution.

La mendicité : un véritable phénomène social à Kinshasa (Reportage)

-Sur les rues de Kinshasa, la capitale, l’on ne franchit pas un kilomètre sans tomber sur les personnes nécessiteuses. Mains tendues, des personnes de tous âges confondus, arpentent les grandes artères et carrefours en quête du pain quotidien pour certains, cette pratique s’étant transformée en un véritable métier, pour d’autres. La mendicité devient un véritable phénomène social, constate, sur terrain, Media Congo Press (MCP).

Dans la commune de Bandalungwa (ouest de Kinshasa), le parking Moulaert regorge de jeunes hommes dont l’âge varie entre 25 et 35 ans. On croirait qu’ils vendent sur les étals ou à la criée, ce qui n’est pas le cas. A l’image des salariés ou personnes évoluant dans l’informel dites ”coopérants”, ces derniers commencent leur journée dès le matin vers 7 heures jusqu’à 17 heures. Leur business consiste à aduler leurs prochains. En voiture où à pied, tous ceux qui croisent leur chemin en ont pour leur compte. Les djalelistes comme on les appelle, ils font du djalelo (éloges) taillé sur mesure, comme l’illustre la fable ”le corbeau et le renard”. ”Mopao, grand prêtre, leader, mère chef, le seul et l’unique, président, papa bana, meilleur couple”, des appelations bien contrôlées qui font des heureux soudainement mués en âmes charitables pour un 500, 1000, 5000fc et bien au-delà, tout dépend du pouvoir d’achat.

Au centre-ville, le spectacle est désolant. Certains parents vont jusqu’à utiliser leurs enfants (6-11 ans) dans le but de susciter la compassion pour s’attirer les faveurs des passants. Ils sont nombreux sur le boulevard du 30 juin aux côtés de personnes vivant avec handicap à mendier leur pain quotidien.

De même qu’aux arrêts de bus où nombreux feignent manquer l’argent de course pour une destination donnée. Avec un bon français pour la plupart, ils prétendent le plus souvent avoir été dans un entretien d’embauche ou avoir raté un rendez-vous. Une routine qu’ils abandonnent dès qu’ils sont repérés par les habitués.

La population victime de cette forme d’escroquerie impute cet état des choses à l’Etat congolais qui n’est pas en mesure de promouvoir l’emploi en faveur de ses citoyens.

La mendicité a pris de l’ampleur suite au chômage. Beaucoup de gens se tournent le pouce, les effrontés ravalent leur fierté sortent dans la rue et tendent la main pendant que d’autres utilisent leur voix, soutient-on.

Par contre, les tâches ménagères à rémunération mensuelle, quotidienne ou selon le besoin exécuté ne demande pas de moyens financiers au préalable, avance une autre opinion.

Notons qu’en RDC, le taux de sous emploi excède les 50 % alors que 88 % de la population reste submergée par la structure informelle. Cependant, d’aucuns espèrent que le plan d’action de création d’emplois pour les jeunes dans le secteur agricole disponible depuis septembre de l’année en cours, grâce aux partenaires internationaux, sera une réponse efficace au chômage au regard de plus de 80 millions d’hectares de terre arable dont dispose le pays.


Le Hautpanel /provinces26rdc.net

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