Afghanistan : avec le double attentat, le « jour le plus sombre » de la présidence de Biden

  1. Les scènes d’horreur après l’attaque à l’aéroport de Kaboul, revendiquée par le groupe Etat islamique, font les Unes des journaux. Le président Biden apparaît fragilisé.

L’émotion est forte, au lendemain des scènes d’horreur et de chaos. Le dernier bilan de la double attaque suicide perpétrée par le groupe djihadiste Etat islamique à l’aéroport de Kaboul est désormais de 85 morts, dont 13 soldats américains.

L’attaque meurtrière a été menée par des kamikazes, alors que des milliers d’Afghans étaient massés aux portes de l’aéroport dans l’espoir d’être évacués. Cela intervient à quelques jours de la fin des évacuations des étrangers et Afghans. Les scènes d’horreur ont les Unes des journaux ce vendredi.

« Biden fait face à une tragédie qu’il s’est engagé à éviter », souligne le New York Times. Le scénario catastrophe s’est finalement réalisé avec la crise afghane. « C’était exactement ce que le président Biden craignait le plus. Sa décision de mettre fin à la plus longue guerre des États-Unis était motivée, avait-il dit à plusieurs reprises, par sa détermination à ne pas sacrifier un seul militaire de plus au nom d’un effort qu’il avait longtemps cru n’être plus dans l’intérêt des États-Unis », rappelle le quotidien.

« Le jour le plus sombre »

Selon Politico, la journée de jeudi constitue « le jour le plus sombre de la présidence de Joe Biden » : « Un retrait déjà périlleux du personnel américain et de ses alliés d’Afghanistan s’est transformé en quelque chose de beaucoup plus sombre jeudi alors que le genre de catastrophe dont le président Joe Biden avait mis en garde s’est produit à l’extérieur du principal aéroport de Kaboul. »

L’attaque meurtrière à l’aéroport de Kaboul met en lumière le dilemme de Joe Biden en Afghanistan, analyse le journaliste Stephen Collinson de CNN. « En partant, il pourrait être incapable de faire sortir tous les Américains et des milliers d’Afghans alliés des griffes des talibans. Mais rester exposerait les troupes américaines à un danger encore plus grave. »

Ainsi, pour CNN, « la plus longue guerre d’Amérique se termine comme elle a commencé » : la nation pleure ses morts à la suite d’un attentat, et le président promet de traquer les responsables. « Nous vous pourchasserons et nous vous ferons payer », a en effet affirmé le président américain Joe Biden à l’adresse des auteurs de l’attaque la plus meurtrière contre l’armée américaine en Afghanistan depuis 2011.

Malgré le départ américain, « la lutte contre le terrorisme et l’effort antiterroriste se poursuivent », a nuancé Juliette Kayyem, analyste de CNN en matière de sécurité nationale, de renseignement et de terrorisme.

Un président fragilisé

Le Washington Post souligne de son côté que le président Joe Biden reçoit de nombreuses critiques du camp républicain – certains allant jusqu’à demander sa démission. Mais pas seulement. « Certains hauts démocrates ont également remis en question la dépendance du Pentagone à l’égard des talibans pour protéger l’aéroport international où les attentats à la bombe ont eu lieu », écrit le journal. La plupart des démocrates ont cependant apporté leur soutien à la poursuite de la mission, continuant de défendre le retrait américain, en évacuant le plus possible.

L’ancien président Donald Trump a pris la parole dans une interview exclusive pour Fox News. Selon lui, l’intensification de la crise afghane est le résultat de « la décision la plus stupide jamais prise peut-être dans l’histoire de notre pays ». Il critique fermement Joe Biden pour l’organisation du départ : « Ils ont oublié d’emmener les gens, et les marchandises avec eux, ce qui signifie qu’ils ont oublié d’emporter avec eux le meilleur équipement militaire du monde (…) Un enfant l’aurait compris. Vous sortez l’armée en dernier. »

Afghanistan : Joe Biden avertit d’une attaque « très probable » à Kaboul « dans les 24 à 36 heures »

-

Le président américain, Joe Biden, a déclaré samedi avoir été informé par les chefs de l’armée américaine qu’un attentat était hautement probable dans les 24 à 36 prochaines heures à l’aéroport de Kaboul.

Joe Biden a averti, samedi 28 août, qu’une attaque était « très probable » contre l’aéroport de Kaboul « dans les 24 à 36 heures », tout en affirmant que la frappe américaine qui a tué deux membres du groupe État islamique ne serait pas « la dernière ».

« La situation sur les lieux reste extrêmement dangereuse et la menace d’une attaque terroriste contre l’aéroport demeure élevée », a écrit le président américain dans un communiqué, après avoir rencontré ses conseillers militaires et de sécurité. « Nos commandants m’ont informé qu’une attaque était très probable dans les 24 à 36 heures ».

Un attentat perpétré jeudi près de l’aéroport de Kaboul a fait plus d’une centaine de morts, dont 13 soldats américains.

Cette attaque, revendiquée par l’organisation État islamique au Khorasan (EI-K), a déclenché une frappe de représailles de l’armée américaine.

Deux « cibles importantes » de l’EI tuées

Deux « cibles importantes » du groupe EI-K, des « organisateurs » et « opérateurs », ont été tuées, et une autre blessée dans une frappe de drone menée par les États-Unis en Afghanistan, a annoncé samedi le Pentagone.

Washington n’a pas révélé leurs noms.

« J’ai dit que nous pourchasserions le groupe responsable de l’attaque contre nos troupes et des civils innocents à Kaboul, et nous l’avons fait », a martelé Joe Biden dans son communiqué.

« Cette frappe n’était pas la dernière. Nous continuerons à traquer tout individu impliqué dans cette attentat odieux et les ferons payer », a-t-il ajouté.

Le Pentagone a publié samedi après-midi l’identité des 13 militaires tués dans l’attentat de jeudi. Parmi eux, cinq avaient 20 ans, soit la durée de la plus longue guerre des États-Unis, lancée en 2001 en Afghanistan.

« Leur courage et leur altruisme ont permis jusqu’ici à plus de 117 000 personnes en danger de se retrouver en sécurité », en quittant l’Afghanistan depuis fin juillet, a salué Joe Biden.

Leurs dépouilles étaient en route samedi vers les États-Unis, selon le Pentagone qui n’a pas précisé quand elles arriveraient.


L’Express / AFP / France 24 /provinces26rdc.net

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*