Antony Blinken, Alejandro Mayorkas, Avril Haines… Joe Biden procède aux premières nominations au sein de son équipe

Parmi les membres de cette nouvelle administration, Avril Haines sera la première femme à la tête des services de renseignement, et Alejandro Mayorkas le premier Latino à la direction de la sécurité intérieure.

Antony Blinken, Alejandro Mayorkas, Avril Haines, Linda Thomas-Greenfield, Jake Sullivan et John Kerry… Le président élu, Joe Biden, a annoncé, lundi 23 novembre, une salve de nominations pour son futur gouvernement.

« J’ai besoin d’une équipe prête au premier jour », a écrit Joe Biden dans un communiqué annonçant ces nominations, tandis que Donald Trump refuse toujours de concéder sa défaite lors de la présidentielle du 3 novembre. « Ces individus sont aussi expérimentés et habitués à la gestion des crises qu’ils sont novateurs et imaginatifs », a-t-il poursuivi.

Antony Blinken, secrétaire d’Etat

A 58 ans, M. Blinken est l’un des principaux conseillers de Joe Biden en matière de politique étrangère et a été le numéro deux du département d’Etat sous le président Barack Obama, alors que M. Biden était vice-président. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

A 58 ans, M. Blinken est un des principaux conseillers de Joe Biden en matière de politique étrangère et a été le numéro deux du département d’Etat sous le président Barack Obama, alors que M. Biden était vice-président. Fervent partisan du multilatéralisme, M. Blinken succéderait à Mike Pompeo, le secrétaire d’Etat du président Donald Trump, partisan de la « pression maximale » face à l’Iran et d’une politique sans concession à l’égard de la Chine.

Après la défaite de la démocrate Hillary Clinton face au républicain Donald Trump lors de l’élection présidentielle de 2016, M. Blinken était devenu l’un des fondateurs de WestExec Advisors, une entreprise basée à Washington conseillant les grandes entreprises sur les risques géopolitiques.

John Kerry, représentant spécial pour le climat

C’est John Kerry qui signa, au nom des Etats-Unis, l’accord sur le climat négocié en décembre 2015, en tant que chef de la diplomatie de Barack Obama. POOL / REUTERS

Joe Biden mise sur un diplomate rompu au multilatéralisme et connu de multiples dirigeants mondiaux afin de consacrer le retour prévu des Etats-Unis dans l’accord de Paris. C’est lui qui signa, au nom des Etats-Unis, l’accord sur le climat négocié en décembre 2015, comme chef de la diplomatie de Barack Obama. C’est l’un des accords, avec celui sur le nucléaire iranien, qu’il avait personnellement négociés et qu’a ensuite déchirés Donald Trump.

Joe Biden a promis de revenir dès le premier jour de son mandat, le 20 janvier 2021, dans l’accord climatique. En tant que représentant spécial pour le climat, John Kerry siégera au Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche. C’est la première fois qu’un de ses membres sera spécifiquement chargé de ce dossier. L’Amérique de Joe Biden devra dévoiler au monde dès 2021 son nouveau plan climat, avec la conférence onusienne COP26 en ligne de mire, en novembre à Glasgow.

Sur Twitter, John Kerry a promis de « traiter la crise climatique comme la menace urgente de sécurité nationale qu’elle est » et a écrit :

« Je retourne au gouvernement pour remettre l’Amérique sur la bonne voie, face au plus grand défi de cette génération et face à ceux qui suivront. »

M. Kerry, 76 ans, de deux ans le cadet de M. Biden, est un poids lourd parmi les poids lourds de la planète démocrate. Outre secrétaire d’Etat, il fut candidat malheureux à la Maison Blanche en 2004, et il est resté sénateur vingt-huit ans, spécialisé dans les affaires étrangères. Il a quitté le département d’Etat quand Donald Trump a pris les rênes du pouvoir, en janvier 2017. Et le climat était depuis devenu l’un de ses sujets de prédilection.

Il y a un an, il avait lancé une coalition de vedettes et personnalités pour mobiliser face à la crise climatique, baptisée World War Zero (Guerre mondiale zéro). Le diplomate a exploité son carnet d’adresses : Leonardo DiCaprio, Emma Watson, Arnold Schwarzenegger ont rejoint l’initiative. « Aucun pays ne fait le travail » sur le changement climatique, disait-il alors. « Nous devons traiter cela comme une guerre. »

Alejandro Mayorkas à la sécurité intérieure

Ce fils de réfugiés anticastristes sera le premier Hispanique à diriger le ministère de la sécurité intérieure, département tentaculaire qui a été créé après les attentats du 11 septembre 2001, qui supervise notamment les questions d’immigration. PAUL J. RICHARDS / AFP

Alejandro Mayorkas est né il y a soixante ans à la Havane. Ce fils de réfugiés anticastristes sera le premier Hispanique à diriger le ministère de la sécurité intérieure, département tentaculaire qui a été créé après les attentats du 11 septembre 2001, qui supervise notamment les questions d’immigration.

En 2009, cet ancien procureur fédéral a été nommé par le président Obama et confirmé à l’unanimité par le Sénat comme directeur des services de citoyenneté et d’immigration (il occupa ce poste jusqu’en 2013), l’agence qui administre le système d’immigration légale des Etats-Unis. Il a ensuite été ministre adjoint du département de la sécurité intérieure, entre 2013 et 2016.

Avril Haines, directrice du renseignement national

Avril Haines, ancienne directrice adjointe de la CIA (2013-2015) et conseillère adjointe à la sécurité nationale (2015-2017), va devenir directrice du renseignement national. WIN MCNAMEE / AFP

Avril Haines a été directrice adjointe de la CIA de 2013 à 2015 et conseillère adjointe à la sécurité nationale de 2015 à 2017. Au poste de directrice du renseignement national, elle sera la femme la plus haut placée dans la communauté du renseignement.

Son mandat de directrice adjointe de la CIA a coïncidé avec les révélations de la surveillance mondiale, le piratage par la CIA des ordinateurs des employés du Sénat américain et la publication du rapport de la commission du renseignement du Sénat américain sur la torture de la CIA.

Elle a remplacé Tony Blinken en tant que conseiller adjoint à la sécurité nationale de la Maison Blanche, un poste qu’elle a occupé jusqu’à la fin de l’administration Obama.

Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice à l’ONU

L’Afro-Américaine Linda Thomas-Greenfield devient ambassadrice à l’ONU. Cette diplomate chevronnée de 68 ans a été ambassadrice au Liberia (2008-2012), directrice générale du bureau des affaires étrangères (2012-2013) et secrétaire d’État adjointe aux affaires africaines (2013-2017) avant d’être écartée au début de la présidence de Trump.

Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale

Joe Biden a également nommé un autre proche collaborateur, Jake Sullivan, 43 ans, comme conseiller à la sécurité nationale. En 2008, M. Sullivan a d’abord été conseiller d’Hillary Clinton pendant les primaires démocrates, puis de Barack Obama pendant la campagne. Lorsque Clinton est devenue secrétaire d’État américaine, Sullivan l’a rejointe en tant que chef de cabinet adjoint et directeur de la planification politique au département d’Etat. Après le départ de Mme Clinton, il a rejoint le vice-président Biden et l’a conseillé sur les questions de sécurité. Il a ensuite participé à la campagne d’Hillary Clinton en 2016.

Joe Biden nomme son futur gouvernement, John Kerry chargé du climat

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Se posant en gage de stabilité, Joe Biden avait fait campagne en promettant de mettre fin au « chaos » de l’ère Trump. Ses premiers choix, sélectionnés dans le cercle de ses conseillers et collaborateurs de confiance, reflètent sa volonté de marquer le contraste avec le président républicain sortant.

Joe Biden a dévoilé ce lundi les premiers grands noms de son futur gouvernement, optant pour des personnalités expérimentées et reconnues plutôt que pour l’effet de surprise, tandis que Donald Trump continuait de contester le résultat de la présidentielle américaine.

Se posant en gage de stabilité, le président élu démocrate avait fait campagne en promettant de mettre fin au « chaos » de l’ère Trump. Et ses premiers choix, sélectionnés dans le cercle de ses conseillers et collaborateurs de confiance, reflètent sa volonté de marquer le contraste avec le président républicain sortant.

« J’ai besoin d’une équipe prête au premier jour », a écrit le démocrate dans un communiqué. « Ces individus sont aussi expérimentés et éprouvés aux crises, qu’ils sont novateurs et imaginatifs », a-t-il poursuivi.

John Kerry émissaire spécial sur le climat

L’ancien secrétaire d’Etat de Barack Obama, John Kerry, 76 ans, sera l’émissaire spécial du président américain sur le climat, signe de l’importance qu’accorde Joe Biden à ce dossier.

Au poste-clé de secrétaire d’Etat: Antony Blinken, 58 ans, ex-numéro deux du département d’Etat sous le président Barack Obama et l’un des principaux conseillers en diplomatie de Joe Biden. Fervent partisan du multilatéralisme, « Tony » Blinken devrait s’attaquer en priorité au dossier du nucléaire iranien et au retour des Etats-Unis dans l’accord de Paris sur le climat. S’il est confirmé par le Sénat, il succédera à Mike Pompeo, chef de la diplomatie de Donald Trump.

Le démocrate a également désigné un autre proche collaborateur, Jake Sullivan, 43 ans, comme son conseiller à la sécurité nationale. Linda Thomas-Greenfield, une diplomate afro-américaine chevronnée de 68 ans, qui a été secrétaire d’Etat adjointe pour l’Afrique, deviendra elle ambassadrice à l’ONU. L’ancienne présidente de la Fed, Janet Yellen, est quant à elle nommée au Trésor.

Alejandro Mayorkas, né il y a 60 ans à la Havane, sera le premier Hispanique à diriger le ministère de la Sécurité intérieure, qui supervise notamment les questions d’immigration. Ce fils de réfugiés anticastristes, ancien procureur fédéral, connaît bien cette administration, dont il fut ministre adjoint de 2013 à 2016.

Joe Biden et sa vice-présidente élue Kamala Harris, feront un discours pour annoncer formellement ces nominations mardi à Wilmington, le fief du président élu, dans le Delaware.

Un gouvernement « qui représente l’Amérique »

Joe Biden, qui a promis un « gouvernement qui représente l’Amérique », diversifié et féminisé, poursuit ainsi l’installation de son équipe de transition, malgré les multiples recours en justice des avocats de Donald Trump. Aucun doute ne pèse sur le fait que le démocrate deviendra le 46e président des Etats-Unis le 20 janvier 2021.

Mais ce déni implique notamment que le président élu n’a toujours pas, plus de deux semaines après l’annonce de sa victoire, accès aux informations classées sur les questions ultra-sensibles concernant la sécurité des Etats-Unis, comme c’est l’usage. Et n’a pas, non plus pu commencer à coordonner avec l’équipe Trump la gestion de la pandémie de Covid-19 qui a fait plus de 256.000 morts aux Etats-Unis.

Joe Biden a remporté près de 80 millions de voix lors du scrutin, contre un peu moins de 74 millions pour le milliardaire républicain. Mais la présidence américaine se joue au travers d’un système de grands électeurs attribués dans chaque Etat. Procédure d’ordinaire quasi-routinière, la certification des résultats dans les Etats-clés prend cette fois, sous les accusations, infondées, de fraude massives lancées par Donald Trump, une envergure nationale.

C’est lundi au tour de la Pennsylvanie et du Michigan, que Joe Biden a remporté respectivement par 81.000 et 155.000 voix d’avance, de le faire. Le milliardaire a appelé dimanche le parti républicain à « se battre » mais un nombre croissant de grands noms du parti l’appellent à concéder sa défaite, certains voyant même dans le comportement des avocats du président « une honte nationale », digne d' »une république bananière ».


Le Monde /BFMTV /provinces26rdc.net

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