Le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Claude Tshilumbayi, a réaffirmé la nécessité d’un engagement renforcé du pouvoir législatif dans la lutte contre la corruption. Il s’est exprimé à l’occasion de la cérémonie de présentation du nouveau livre du docteur Roger Kaluwa Mwepu intitulé « Née des cendres, grandit dans la malhonnêteté : lorsque la corruption devient système entre les mains de l’Église ».
La questeure de l’Assemblée nationale, Grâce Paininye, a également pris part à l’événement. Agissant au nom du Bureau de l’Assemblée nationale et en tant que parrain de l’ouvrage, Jean-Claude Tshilumbayi a salué la pertinence de cette production scientifique. Dans une intervention baptisée « Leçon présidentielle », il a développé une réflexion structurée autour de sept points majeurs, allant de l’analyse de la corruption comme phénomène systémique aux responsabilités économiques, sociales et éthiques des citoyens et de l’élite congolaise.
Il a dénoncé un fléau profondément enraciné qui touche tous les secteurs de la vie nationale. Le premier vice-président a rappelé que, malgré les initiatives engagées et les efforts du pouvoir législatif, la corruption demeure un obstacle majeur au développement socio-économique du pays. Selon lui, ce phénomène, dont les manifestations sont régulièrement dénoncées au sein même des institutions, devrait interpeller non seulement les autorités mais aussi l’ensemble des Congolais, chacun selon sa sphère d’influence.
Il a souligné que l’éradication de ce fléau nécessite une mobilisation collective et une prise de conscience nationale. Prenant la parole après lui, l’auteur de l’ouvrage, le docteur Roger Kaluwa Mwepu, a insisté sur la nécessité urgente d’une rupture radicale avec ce qu’il qualifie de système mythique de corruption. Il s’est appuyé sur sa thèse centrale selon laquelle « la corruption la plus dangereuse est celle des systèmes. Lorsqu’un système est corrompu, il produit la clochardisation des citoyens ».
Il a mis en garde contre une corruption devenue mode de fonctionnement quotidien dans la société. Dans son analyse, l’auteur brosse un tableau critique de la société congolaise, de la scène politique et de l’Église. Il note que cette dernière, pourtant perçue comme gardienne de la conscience morale et lumière de la nation, s’est muée en un rouage essentiel d’un système de prédation.
L’ouvrage de 260 pages, structuré en 14 chapitres et publié en 2025 aux Éditions Universitaires Européennes, poursuit plusieurs objectifs. Parmi ceux-ci figurent la transformation du citoyen passif en citoyen acteur, la rupture avec les réformes superficielles, la déconstruction du mythe de l’homme providentiel ainsi que la fin de la production des « citoyens fantômes ». Un ensemble de pistes de réflexion destiné à nourrir le débat sur la gouvernance et l’éthique publique.
Le docteur Roger Kaluwa a remercié le Bureau de l’Assemblée nationale et exprimé sa gratitude envers Jean-Claude Tshilumbayi pour son implication dans la valorisation de cette œuvre. La cérémonie a également été marquée par la présence notable de Charly Tonsi, conseiller du Chef de l’État en matière politique et électorale, apportant un éclat particulier à cet événement consacré à la lutte contre la corruption.
Opinion Info / Provinces26rdc.com
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