Une découverte exceptionnelle en Flandre orientale. Lors de travaux pour un parking souterrain à Denderleeuw, des défenses et des dents de mammouth ont été mises au jour à plusieurs mètres de profondeur. Des vestiges rares, qui pourraient appartenir à un seul et même animal vieux de plusieurs dizaines de milliers d’années.
Une trouvaille pour le moins inattendue. À Denderleeuw, en Flandre orientale, des travaux d’excavation pour la construction d’un parking souterrain ont permis de mettre au jour deux défenses de mammouth ainsi que plusieurs molaires.
Les restes ont été découverts par hasard lors du creusement d’une fosse de fondation, à une profondeur d’au moins sept mètres. Un élément déjà remarquable en soi. Au moment de la découverte, des fouilles archéologiques étaient menées à proximité, sur un terrain communal, par l’intercommunale SOLVA. Les équipes ont ainsi pu intervenir immédiatement pour assurer la conservation des vestiges.

Commune de Denderleeuw
Ces derniers doivent en effet être manipulés avec précaution. Leur restauration nécessite un processus lent de séchage et de traitement afin d’éviter toute dégradation liée à l’air ou aux bactéries. Une réflexion est en cours avec le propriétaire du site, la société Bopro, pour envisager leur exposition permanente au public une fois restaurés.
Une découverte rare et précieuse
La profondeur à laquelle ces ossements ont été retrouvés est inhabituelle. De telles découvertes surviennent le plus souvent lors de grands travaux liés à des cours d’eau, comme des rectifications de rivières ou des aménagements portuaires. Ici, les conditions sont différentes, et pourraient apporter des informations précieuses.
Autre élément qui intrigue les spécialistes : les défenses et les molaires ont été retrouvées très proches les unes des autres. Cela laisse penser qu’elles pourraient provenir d’un seul et même animal, ce qui rend la découverte d’autant plus exceptionnelle.
Un mammouth laineux vieux de 30.000 à 40.000 ans ?
À ce stade, il est encore difficile de dater précisément les vestiges. « Des analyses scientifiques complémentaires sont nécessaires », explique Bart Cherretté, coordinateur du patrimoine immobilier chez SOLVA.
Selon lui, les restes appartiendraient probablement à un mammouth laineux, une espèce qui vivait dans nos régions durant la dernière période glaciaire. « Sur base de découvertes similaires, nous pouvons estimer provisoirement leur âge entre 30.000 et 40.000 ans », précise-t-il.
À cette époque, le paysage était bien différent. La Dendre et l’Escaut formaient une vaste vallée, sans lit fixe. Sous l’effet du pergélisol, les rivières changeaient régulièrement de trajectoire, créant un réseau de bras où les carcasses d’animaux pouvaient être emportées puis enfouies sous des couches de sable et de limon.
Dans certains cas rares, comme peut-être ici à Denderleeuw, le squelette n’est pas déplacé et reste partiellement en place pendant des millénaires. Une hypothèse que les chercheurs vont désormais tenter de confirmer.
RTL info / Provinces26rdc.com
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