La ville de Beni, chef-lieu provisoire des institutions provinciales du Nord-Kivu, connaît depuis plusieurs jours une hausse du prix du ciment.
Le prix du sac est passé de 11 à 13, voire 14 dollars américains sur le marché. Les commissionnaires en douane attribuent cette situation à une forte demande de ciment à l’usine HIMA en Ouganda.
Eugène Matembela, président de l’Association congolaise des commissionnaires agréés en douane (ACCAD), section de Beni, indique également qu’une nouvelle taxe, introduite par le gouvernement et intégrée dans le système SYDONIA, aurait contribué à cette hausse.
« En voulant enregistrer une déclaration de ciment, on a constaté l’ajout d’une taxe appelée “taxe toxique”. Cette taxe, récemment instituée dans le système SYDONIA pour les matériaux de construction comme le ciment, est très élevée », a-t-il déclaré.
Il a précisé par ailleurs qu’un travail est en cours avec d’autres partenaires afin de convaincre le gouvernement de revoir cette nouvelle taxe.
Beni : les cours toujours paralysés par la grève des enseignants

À Beni, dans la province du Nord-Kivu, la reprise des cours après les vacances de Pâques ne s’est pas déroulée comme prévu. Depuis lundi, les enseignants des écoles publiques ont déclenché une grève pour protester contre le non-paiement de leurs salaires et l’absence de prise en charge des nouvelles unités.
Dans plusieurs établissements, les salles de classe sont restées vides. Des élèves, pourtant présents pour la rentrée, ont été contraints de rentrer chez eux faute d’enseignants.
« Nous sommes venus à l’école, mais il n’y avait pas d’enseignants. Ils sont en grève parce qu’ils n’ont pas été payés », témoigne Jérémie Mbandwa, élève.
À l’origine de ce mouvement, des revendications jugées récurrentes par les enseignants. Ils exigent notamment le paiement des salaires en retard, la mécanisation des nouvelles unités (enseignants qui prestent sans rémunération) ainsi que l’application de la revalorisation salariale prévue dans le budget 2026.
Selon les syndicalistes, certains enseignants accusent plusieurs semaines, voire jusqu’à deux mois d’arriérés. Une situation qu’ils qualifient d’inacceptable.
« La principale revendication reste la prise en charge des nouvelles unités. Beaucoup d’enseignants travaillent sans être payés. Une promesse avait été faite pour le mois d’avril, mais elle n’a pas été respectée », explique Ghislain Bambirikire, syndicaliste des enseignants à Beni.
De leur côté, les autorités scolaires appellent à la reprise des cours. Le sous-proved de Beni, Robert Kibonge, assure que le gouvernement s’emploie à résoudre le problème.
« Il ne reste que deux mois avant la fin de l’année scolaire. Le gouvernement est à pied d’œuvre pour régulariser la situation », affirme-t-il.
Sur le terrain, l’inquiétude grandit chez les parents, qui redoutent de nouvelles perturbations du calendrier scolaire, déjà fragilisé par l’insécurité et les interruptions répétées.
« Garder les enfants à la maison est déjà un problème. Ce n’est pas une période propice pour une grève », estime Roger Mutanava, président de l’Association nationale des parents des élèves du Congo (Anapeco).
En attendant une issue à ce bras de fer entre enseignants et autorités, des milliers d’élèves restent sans encadrement, dans l’incertitude quant à la reprise effective des cours.
Actu30 / Provinces26rdc.com
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