Après la campagne aérienne contre l’Iran, celle des mers commence. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a annoncé ce dimanche que la marine des Etats-Unis allait débuter « le blocus de tous les navires tentant d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz ». La réponse ne s’est pas fait attendre du côté des Gardiens de la révolution. Ceux-ci ont assuré avoir « entièrement sous contrôle » le trafic maritime dans cette zone, assurant que « toute mauvaise manœuvre piégera l’ennemi dans le détroit, dans des tourbillons mortels ».
Le blocus des ports iraniens, annoncé par les Etats-Unis après l’échec de pourparlers avec l’Iran, doit débuter lundi à 16 heures, une perspective qui a fait rebondir les prix du pétrole. L’annonce inattendue du blocus américain, couplée à l’échec des négociations à Islamabad durant le week-end pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, a fait déferler une nouvelle vague d’inquiétudes pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures du Golfe.
Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a indiqué que les discussions s’étaient « bien » passées et que « la plupart des points avaient fait l’objet d’un accord ». Toutefois, a-t-il écrit, Téhéran a refusé avec « intransigeance » tout compromis sur la question nucléaire et n’a « sciemment » pas rouvert le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique, située entre l’Iran et le Sultanat d’Oman, par laquelle transite un cinquième du pétrole brut mondial. « À compter de maintenant, la marine américaine, la meilleure au monde, entamera le processus de BLOCUS de tous les navires tentant d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz », a-t-il ajouté sur Truth Social.
Après l’accalmie des derniers jours, le baril de pétrole a directement commencé la semaine au-dessus du prix symbolique de 100 dollars, bondissant de plus de 7% pour le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, et de plus de 8% pour le WTI, référence américaine.
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La levée du blocage de cet étroit couloir maritime, orchestré par l’Iran peu après le déclenchement, fin février, de l’opération militaire lancée par les Etats-Unis avec leur allié israélien, était l’un des enjeux de ces discussions, avec l’encadrement du programme nucléaire iranien. Au terme de vingt heures de pourparlers, permis par le cessez-le-feu décidé quatre jours plus tôt, l’administration Trump n’aura obtenu ni l’un ni l’autre.
Après quatre semaines de guerre, le régime iranien, affaibli mais résilient, se pense en vainqueur. Pour le convaincre de rétablir le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et d’accepter des concessions sur le programme nucléaire, les experts estiment qu’il aurait fallu à la délégation américaine, composée du vice-président J. D. Vance et des deux négociateurs à tout faire de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, de la patience, de l’habileté et des arguments.
Sur Fox News, un peu plus tard, il a précisé que la Grande-Bretagne « et quelques autres pays » enverraient des navires dragueurs de mines dans le détroit.
La Grande-Bretagne n’a annoncé aucun déploiement de navires de guerre dans la région, mais aurait envisagé d’y envoyer des drones de déminage.
A la télévision, il a également réitéré sa menace de détruire les infrastructures énergétiques iraniennes en l’absence d’accord. « Je pourrais anéantir l’Iran en une journée. Je pourrais l’anéantir en une heure », a-t-il lancé, citant pour cibles « toutes leurs infrastructures énergétiques, toutes leurs usines, toutes leurs centrales électriques ».
Donald Trump a également menacé la Chine, un des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, de droits de douanes « vertigineux » de 50% sur ses marchandises si Pékin apportait une aide militaire à l’Iran dans la guerre.
Il doit se rendre à Pékin du 14 au 15 mai, où il rencontrera son homologue chinois Xi Jinping, après avoir reporté un précédent sommet en raison du conflit au Moyen-Orient.
Les gardiens de la révolution iraniens, armée idéologique de la République islamique, lui ont répondu dimanche sur X en affirmant avoir « entièrement sous contrôle » le trafic dans le détroit et en menaçant d’y piéger leurs ennemis dans un « tourbillon mortel ».
Ils ont par ailleurs affirmé que les navires militaires s’approchant du détroit d’Ormuz seront considérés comme « violant le cessez-le-feu » et seront « traités avec fermeté », rapporte Reuters.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui menait la délégation au Pakistan, a lui critiqué sur X les Etats-Unis, « incapables » de gagner la confiance de l’Iran.
Samedi, l’armée américaine avait annoncé que deux de ses navires de guerre avaient franchi le détroit d’Ormuz, marquant le début d’une opération de déminage. Des affirmations démenties par Téhéran.
Aspam News /Provinces26rdc.com
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