Bukavu : les transporteurs dénoncent les taxes et confiscations de motos sous l’administration du M23

Bukavu, 24 septembre 2026- Le secteur du transport fait face à de vives inquiétudes à Bukavu, où plusieurs motocyclistes dénoncent des contrôles qu’ils jugent abusifs, des confiscations de motos et une multiplication des taxes.

Selon plusieurs témoignages recueillis auprès des acteurs du secteur, certains conducteurs auraient perdu leurs engins à la suite de contrôles, sans parvenir à obtenir leur restitution.

Les motocyclistes affirment être régulièrement confrontés à des opérations au cours desquelles leurs documents et leurs engins sont vérifiés. Dans certains cas, les motos seraient saisies et ne seraient plus rendues à leurs propriétaires.

Les conducteurs concernés déplorent également l’absence de mécanismes clairement identifiés pour introduire une réclamation ou contester une décision de confiscation.

Au-delà des motos, les transporteurs dénoncent plus largement le poids des taxes et prélèvements auxquels ils seraient soumis dans l’exercice de leur activité. Ils estiment que cette situation réduit considérablement leurs revenus et fragilise davantage un secteur déjà confronté aux difficultés économiques et sécuritaires.

Ces critiques touchent également certaines organisations censées défendre les intérêts des transporteurs. Des membres de la profession reprochent à plusieurs responsables associatifs d’être devenus moins actifs dans la dénonciation des abus depuis leur rapprochement avec les autorités de l’AFC/M23.

« Ceux qui étaient censés nous défendre ferment désormais les yeux sur les abus. Les taxes et le racket sont en train d’asphyxier le secteur du transport », témoigne un responsable associatif sous couvert d’anonymat.

Pour les transporteurs, la question dépasse désormais le simple problème des contrôles. Ils réclament davantage de transparence sur les taxes imposées, la clarification des procédures de saisie ainsi que la possibilité pour les personnes concernées de contester les décisions prises à leur encontre.

Ces témoignages traduisent le malaise grandissant d’une partie des acteurs du transport à Bukavu, qui souhaitent voir leurs conditions de travail mieux encadrées et leurs droits davantage pris en compte.

Chute de Bukavu : la justice militaire examine les responsabilités de deux généraux

-

La Haute Cour militaire ouvre ce vendredi 25 septembre à Kinshasa les débats dans le dossier de deux généraux-majors poursuivis pour leur rôle présumé dans la perte de Bukavu lors de l’offensive de l’AFC/M23 au Sud-Kivu, en 2025.

Les prévenus sont Robert Anvul Yav, qui commandait alors la région militaire du Sud-Kivu, et André Ehonza Uketi, ancien responsable des opérations Sukola 2 Nord. Les faits reprochés aux deux officiers remontent à l’offensive de l’AFC/M23 au Sud-Kivu, après la prise de plusieurs positions, dont Minova, Kalehe et Kavumu, avant l’entrée des rebelles à Bukavu.

Au cœur des poursuites figure la conduite du commandement militaire au moment du repli des forces gouvernementales. Selon le ministère public, Robert Anvul Yav aurait quitté Bukavu avant l’arrivée de l’AFC/M23 et n’aurait pas organisé de contre-offensive. Il aurait ensuite établi son quartier général à Nyangezi, puis à Nyangezi, afin de tenter de réorganiser les troupes en repli.

André Ehonza Uketi est, pour sa part, poursuivi notamment pour son comportement durant cette période. L’accusation lui reproche d’avoir contribué à la démoralisation des militaires en présentant les capacités de l’ennemi comme supérieures.

Lors de leurs précédentes auditions, les deux officiers ont contesté cette lecture des événements. Ils ont notamment expliqué que les forces de l’AFC/M23 disposaient d’un avantage important en hommes et en équipements, dans un contexte marqué par le repli des troupes gouvernementales.

Le dossier comporte également des accusations relatives à la remise d’armes et de munitions à des combattants Wazalendo à Lumbishi, dans le territoire de Kalehe. Selon les éléments de l’accusation rapportés dans le dossier, certains équipements remis étaient défectueux et certaines munitions périmées.

Ce procès s’inscrit dans une série de procédures engagées devant la Haute Cour militaire à la suite des opérations militaires menées dans l’Est de la République démocratique du Congo. Les débats devront permettre à la juridiction d’examiner les éléments présentés par le ministère public ainsi que les moyens de défense des deux généraux.

À ce stade, les faits reprochés demeurent des accusations soumises à l’appréciation de la juridiction. La culpabilité des deux officiers ne pourra être établie qu’au terme de la procédure et d’une décision définitive de justice.


Enquete / Provinces26rdc.com

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*