La prison centrale d’Iyombe, située à Inongo, chef-lieu de la province du Maï-Ndombe, refait parler d’elle après un nouvel incident sécuritaire majeur.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, une trentaine de détenus ont réussi à s’échapper de l’établissement pénitentiaire.
Un mode opératoire favorisé par la vétusté et le manque d’effectifs
Aux alentours de 22 heures, les prisonniers ont mis à profit la dégradation avancée du bâtiment pour forcer la porte principale de leur pavillon. Selon le témoignage du directeur intérimaire de la prison, Puis Biakompolo, la porte d’entrée a été littéralement enfoncée et projetée au sol sous la pression des détenus.
Sur les 38 prisonniers incarcérés dans cette cellule, 31 sont parvenus à s’enfuir. Seuls sept déténus sont restés sur place, n’ayant pas réussi ou voulu s’échapper dans la précipitation. À ce jour, aucun des fugitifs n’a été rattrapé par les forces de l’ordre.
Au-delà du délabrement physique des lieux, le manque flagrant de dispositif sécuritaire est directement incriminé : au moment de l’évasion, seuls deux agents de la police assuraient la garde de l’ensemble du site. La veille au soir, les effectifs militaires présents sur les lieux avaient remballé leurs affaires pour quitter le site, laissant la structure quasi sans surveillance.
Une série noire récurrente pour la prison d’Iyombe
Cet épisode s’inscrit dans une longue suite d’incidents similaires qui touchent la prison d’Iyombe. Devenue particulièrement vulnérable, la maison d’arrêt a enregistré pas moins de trois évasions depuis le mois de juin.
• Juin : Une importante évasion de 17 prévenus avait été signalée après la détérioration desinfrastructures.
• Août : Cinq détenus s’étaient de nouveau évadés de la prison centrale, un événement aucours duquel des tir de sommation avaient retenti sans empêcher leur fuite.
• Septembre : Cette nouvelle fuite massive d’une trentaine de détenus confirme l’impuissancedes autorités locales à sécuriser la structure.
Par le passé, l’établissement, construit en 1928 sous l’époque coloniale, a connu des vagues d’évasions récurrentes (notamment en 2020 avec plus de 60 évadés et en mars 2025 avec 22 fugitifs).
Un appel pressant à la reconstruction
Face à la dégradation continuelle des locaux et au risque accru pour la sécurité publique dans la région, le directeur intérimaire Puis Biakompolo réitère son alerte auprès des autorités provinciales et nationales. Selon lui, les simples réhabilitations temporaires ne suffisent plus et la seule solution définitive réside dans la construction d’une toute nouvelle prison répondant aux normes de sécurité modernes.
Top Congo FM / Provinces26rdc.com
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