Ciment et chaux : la RDC reconduit les restrictions d’importation

La République démocratique du Congo a reconduit les restrictions temporaires sur les importations de ciment gris et de clinker dans les parties Ouest et Sud-Est du pays, ainsi que sur celles de chaux dans la partie Sud-Est.

Les mesures figurent dans deux arrêtés signés le 29 juillet 2026 par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya.

Les restrictions ne constituent pas une interdiction absolue. Les opérateurs économiques peuvent solliciter gratuitement une dérogation auprès du ministre du Commerce extérieur lorsque les consommateurs ou les entreprises ont difficilement accès aux produits fabriqués localement.

La demande doit préciser le lieu de destination et le numéro du lot de la marchandise. Elle doit également être accompagnée d’une liasse documentaire validée par le Guichet unique intégral du commerce extérieur, SEGUCE-RDC. En l’absence de ces documents, la requête est rejetée.

Dispositif engagé en 2024

La mesure reprend un dispositif initialement instauré en juillet 2024. Le 5 juillet de cette année-là, le gouvernement avait restreint les importations de ciment gris et de clinker dans les parties Ouest et Sud-Est. Un second arrêté, signé le 20 juillet, avait appliqué une restriction comparable à la chaux dans le Sud-Est.

Ces textes étaient présentés comme des mesures de sauvegarde destinées à protéger les industries locales face à la concurrence des produits importés.

Dans l’Ouest de la RDC, l’offre locale repose notamment sur PPC Barnet, la Cimenterie de Lukala, CIMKO et CINAT. PPC Barnet exploite par exemple une cimenterie intégrée à Kimpese, dans le Kongo Central, avec une capacité annuelle estimée à environ 1,2 million de tonnes.

Dans le Sud-Est, la Grande Cimenterie du Katanga exploite des installations à Likasi. L’entreprise produit de la chaux et annonçait une capacité cimentière d’environ 1,2 million de tonnes par an.

Le Lualaba accueille également une unité liée au groupe chinois Zijin, dont les capacités annoncées lors de son lancement atteignaient 800 000 tonnes de ciment et 400 000 tonnes de chaux par an.

Défis logistiques

La présence d’unités locales ne signifie toutefois pas que l’approvisionnement est uniforme dans toute la région. Les coûts logistiques et les distances peuvent limiter l’accès au ciment dans certaines provinces, ce qui explique le maintien d’un régime de dérogation.

Le maintien des restrictions doit donc orienter davantage la demande vers ces producteurs locaux. Son efficacité dépendra néanmoins de leur capacité à fournir les volumes requis, à maintenir la qualité et à livrer les consommateurs à des prix compétitifs.

En 2024, Kamoto Copper Company avait déjà demandé une dérogation pour importer de la chaux hydratée de Zambie, après avoir invoqué ses besoins industriels. Le ministère lui avait demandé de s’approvisionner d’abord partiellement auprès de producteurs congolais.

Cette expérience montre que la portée économique des nouveaux arrêtés dépendra aussi de la rapidité et de la transparence avec lesquelles seront traitées les demandes de dérogation.

 


Bankable / Provinces26rdc.com

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