Au Conseil de sécurité des Nations unies, la RD-Congo a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes internationaux de suivi du cessez-le-feu, notamment à travers la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC, tout en dénonçant ce qu’elle considère comme une instrumentalisation politique de la notion de “discours de haine” dans l’analyse du conflit dans l’Est du pays.
S’exprimant au nom de Kinshasa, l’ambassadeur et représentant permanent Zenon Mukongo Ngay a appelé à consolider le rôle de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC, MONUSCO. Il estime en outre, qu’elle doit jouer un rôle accru dans le monitoring du cessez-le-feu afin de stabiliser durablement la situation sécuritaire.
« Dans un tel contexte, ma délégation réitère sa position concernant le renforcement du rôle de la MONUSCO dans le monitoring du cessez-le-feu pour stabiliser la situation en RDC », a déclaré le diplomate congolais.
La RDC a également plaidé pour le renforcement du Bureau de l’envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, soulignant que le conflit est « clairement identifié comme régional » et nécessite une réponse coordonnée.
Selon Kinshasa, « la dimension régionale de ce conflit doit être réaffirmée pour une meilleure approche des solutions ».
Dans cette logique, la délégation congolaise a estimé que priver ces deux entités de ressources adéquates serait une erreur stratégique.
« Le moment n’est pas, à l’avis de ma délégation, de priver ces deux entités de ressources adéquates pour la pleine exécution de leurs mandats respectifs », a-t-elle insisté, estimant que cela pourrait aggraver les risques d’embrasement dans la région des Grands Lacs.
Réaffirmant la position diplomatique de la RDC, le représentant permanent a rappelé l’engagement du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en faveur des efforts de paix.
« La République démocratique du Congo, à l’image de son président, homme de paix, continuera de bonne foi à souscrire aux efforts diplomatiques pour la paix », a-t-il affirmé, citant les processus de Doha, de Washington, ainsi que les cadres de l’Union africaine et du Conseil de sécurité.
“Discours de haine”
Le second axe de l’intervention congolaise a porté sur la question des “discours de haine”, que Kinshasa considère comme un concept souvent détourné du débat central sur la sécurité.
« Les discours de haine ne sont pas à la base de la situation qu’ils vivent. C’est eux qui sont justement à la base du discours de haine », a déclaré Zenon Mukongo Ngay, estimant que cette notion est parfois utilisée pour déplacer le débat des causes réelles du conflit.
La RDC a également réagi aux références faites aux Forces démocratiques de libération du Rwanda, FDLR, rappelant leur origine rwandaise et leur présence historique dans l’Est du territoire congolais.
Sur la question des communautés rwandophones présentes en RDC, notamment les Banyamulenge, Kinshasa a réaffirmé qu’il s’agit de citoyens congolais à part entière. « Ils parlent des Banyamulenge. Ce sont des Congolais, ce ne sont pas des Rwandais », a insisté la délégation.
Souveraineté
La RDC a par ailleurs rejeté toute justification d’interventions extérieures fondées sur la protection de certaines populations, estimant que la souveraineté nationale doit être respectée.
« Vous n’avez pas le droit de venir protéger les populations congolaises sur son territoire », a martelé le diplomate congolais, avant d’ajouter que la République démocratique du Congo dispose des capacités nécessaires pour assurer la protection de ses citoyens.
Kinshasa a réitéré ses accusations concernant l’exploitation illégale des ressources naturelles dans l’Est du pays, qu’elle considère comme un facteur aggravant du conflit.
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