Le seuil symbolique des 200 000 morts du coronavirus a été franchi, samedi soir, dont près de 90 % en Europe et aux États-Unis. Dans le même temps, l’OMS a émis des réserves sur la délivrance de « passeports immunitaires », une idée émise dans certains pays pour accompagner le déconfinement.
Le seuil des 200 000 morts dans le monde causées par la pandémie de Covid-19 a été franchi, samedi 25 avril au soir. Près de 90 % de ces décès ont été enregistrés en Europe et aux États-Unis.
Avec plus de 53 000 décès, les États-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de morts, suivis par l’Italie (26 384), l’Espagne (22 902), la France (22 614) et le Royaume-Uni (20 319).
Les États-Unis ont enregistré, samedi soir, un bilan journalier de 2 494 décès supplémentaires, un décompte qui repart à la hausse au lendemain du chiffre le plus bas en près de trois semaines (1 258).
La moitié de l’humanité reste confinée, même si des scénarios de déconfinement progressif se dessinent en France, en Espagne et dans d’autres pays.
« Aucune preuve » d’immunisation
L’OMS a, par ailleurs, douché, samedi, les espoirs de ceux qui misaient sur une éventuelle immunité des personnes ayant été confrontées au Covid-19, au moment où certains pays mettent en place des programmes de tests sérologiques en vue du déconfinement.
« Il n’y a actuellement aucune preuve que les personnes qui se sont remises du Covid-19 et qui ont des anticorps soient prémunies contre une seconde infection », a prévenu l’Organisation mondiale de la santé. Et d’inciter à ne pas relâcher les efforts, car la menace d’une deuxième vague mortelle plane toujours.
La course est engagée entre laboratoires pour trouver le remède au coronavirus avec une demi-douzaine d’essais cliniques, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne.
Lancée par l’OMS, une initiative regroupant plusieurs pays d’Europe, le continent le plus endeuillé avec plus de 122 000 décès, sur plus de 200 730 au total dans le monde, vise à accélérer la production de ces traitements, tests et vaccins. Mais ni la Chine, d’où est partie la pandémie fin 2019, ni les États-Unis ne s’y sont associés.
Plus de 20 000 morts de la COVID-19 au Royaume-Uni
Le Royaume-Uni a dépassé samedi les 20 000 morts de patients atteints par le coronavirus, un cap « profondément tragique », a souligné la ministre de l’Intérieur Priti Patel, alors qu’on annonçait le retour du premier ministre Boris Johnson à son poste lundi.
Selon le dernier bilan du ministère de la Santé, 20 319 personnes ayant contracté la maladie COVID-19 ont perdu la vie dans les hôpitaux britanniques, soit 813 de plus que dans le précédent bilan fourni vendredi.
Ce bilan tient cependant en compte uniquement les décès en milieu hospitalier, et non les décès dans les maisons de retraite, ce qui sous-estime de façon importante le nombre réel de décès. Selon des représentants du secteur, plusieurs milliers de personnes âgées y sont mortes.
L’Office national des statistiques a corroboré ces suppositions, indiquant que le nombre de décès imputables au coronavirus le 10 avril en Angleterre et au Pays de Galles était supérieur de 41 % au bilan annoncé le jour même par le gouvernement.
C’est un jour très triste pour la nation, a réagi Steven Powis, l’un des responsables des services de santé britannique.
Le nombre de décès pourrait encore augmenter de façon importante dans le pays. Il ne devrait commencer à diminuer rapidement que dans un délai de deux semaines, selon les experts.
En pleine période de confinement samedi, les gens faisaient la queue à Hove, en Angleterre, pour aller s’acheter une crème glacée.
Le retour de Boris Johnson
Le premier ministre Boris Johnson, en convalescence de la COVID-19 depuis sa sortie de l’hôpital le 12 avril, reprendra le travail lundi, a annoncé samedi une porte-parole de Downing Street.
Âgé de 55 ans, Boris Johnson, testé positif au coronavirus le 26 mars, a dû être hospitalisé dix jours plus tard à l’hôpital St-Thomas de Londres avant d’être transféré le lendemain, lundi 6 avril, en soins intensifs dont il n’est ressorti qu’après trois jours.
Confiné depuis le 23 mars, une mesure prolongée au moins jusqu’au 7 mai, le Royaume-Uni attend désormais des directives claires avec le retour du premier ministre. En effet, à l’heure où certains pays européens commencent à amorcer un assouplissement des mesures de confinement, la pression s’intensifie pour que le gouvernement conservateur révèle sa stratégie à ce sujet.
Le ministre de la Santé, Matt Hancock, a cependant indiqué vendredi qu’il était trop tôt pour relâcher les mesures en place, car le Royaume-Uni est confronté au pic de la pandémie.
Le plan du gouvernement attendu
Afin d’éviter une deuxième vague de contagion, le gouvernement prévoit par ailleurs déployer un plan pour retracer les contacts des personnes malades ou présentant des symptômes, par l’entremise d’une application du système public de santé, quand le nombre de cas de contamination aura diminué.
Martelant quotidiennement qu’il prend ses décisions sur la base des conseils de scientifiques, l’exécutif a vu jaillir une polémique autour de la présence de Dominic Cummings, un conseiller controversé souvent dépeint comme le mauvais génie de Boris Johnson, à plusieurs réunions du comité scientifique chargé de conseiller le gouvernement.
Si Downing Street souligne que les conseillers politiques n’ont « aucun rôle » actif au sein de ce comité, l’opposition travailliste juge que cette affaire vient mettre à mal la confiance des Britanniques dans l’indépendance de cet organisme.
Le gouvernement prévoit, quand le nombre des cas de contamination aura nettement reculé, de déployer un plan pour retracer les contacts des personnes malades ou présentant des symptômes, via une application du système public de santé, afin d’éviter une deuxième vague.
La piste du plasma thérapeutique
Sur le plan de la recherche, les autorités sanitaires ont donné leur feu vert à des essais pour étudier la piste du plasma sanguin (la partie liquide du sang qui concentre les anticorps après une maladie) de patients guéris pour soigner les malades de la COVID-19, a annoncé samedi le ministère de la Santé.
Quelque 5000 patients grièvement atteints pourraient ainsi être traités au Royaume-Uni, selon le gouvernement.
Si on vous demande de participer, s’il vous plaît faites-le. C’est sans douleur, a déclaré le ministre de la Santé Matt Hancock, lui-même guéri de la maladie, dans un message sur Twitter, accompagné d’une photo le montrant en pleine prise de sang.
Des essais et études sur le plasma ont déjà commencé en Chine, aux États-Unis et en France.
Face à une diminution de moitié du nombre des admissions aux urgences dans les hôpitaux en avril, le service public de santé britannique, le NHS, a appelé les patients souffrant d’autres pathologies que la COVID-19 à ne pas hésiter à se rendre dans ces services quand leur état le requiert.
Les autorités sanitaires craignent en effet une surmortalité qui découlerait de la réticence des patients à se rendre à l’hôpital de peur de contracter cette maladie ou d’encombrer les services hospitaliers.
USA: +1.258 morts en 24h mais le bilan journalier est en forte baisse
Cette baisse ponctuelle ne dénote pour autant pour le moment d’aucune tendance.
Avec 1.258 décès supplémentaires du nouveau coronavirus en 24h, les Etats-Unis ont enregistré vendredi leur bilan journalier le plus bas en près de trois semaines, selon le comptage de l’université Johns Hopkins qui fait référence.
Ces nouveaux décès, recensés entre 20h30 locales vendredi 24 avril 2020 et la veille à la même heure, portent à 51.017 le nombre total des morts liées à la maladie, de loin le pays le plus endeuillé en valeur absolue, selon les bilans officiels.
Cette baisse ponctuelle ne dénote pour autant pour le moment d’aucune tendance, et devra se répéter dans les prochains jours pour confirmer une véritable amélioration de la situation dans le pays. Et un tel bilan journalier reste malgré tout bien plus élevé que ceux communiqués par les autres pays du monde.
L’Amérique compte également le plus grand nombre de cas officiellement déclarés, avec plus de 890.000 cas diagnostiqués depuis le début de la pandémie. Quelque 96.000 personnes sont déclarées guéries.
Ce nombre impressionnant de contaminations détectées s’explique selon le gouvernement notamment par le grand nombre de tests réalisés.
« Il y a un mois (…) 80.000 Américains avaient été testés. Mais depuis ce matin ils sont 5,1 millions », a déclaré le vice-président Mike Pence lors de la conférence de presse quotidienne de la cellule de crise de la Maison Blanche sur le Covid-19.
Certains Etats américains ont d’ores et déjà commencé à s’engager sur la voie du déconfinement.
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