Deux ans après sa disparition, le souvenir de Pierre Yantula Elengesa Bobina, dit « Petit Pierre », reste profondément ancré dans la mémoire culturelle congolaise. Ancien musicien de l’orchestre African Jazz, il s’est éteint le 29 juin 2024 à Kinshasa, à l’âge de 83 ans, des suites d’une crise cardiaque.
Percussionniste talentueux, Petit Pierre fut l’un des artisans de la célèbre chanson « Indépendance Cha Cha », composée en 1960 par Joseph Kabasele, alias Grand Kallé. Cette œuvre, devenue un hymne panafricain, avait accompagné les négociations de la Table ronde de Bruxelles, marquant l’accession de la République démocratique du Congo à l’indépendance.
Dans une interview accordée en 2022 à Yabisonews.cd, il revenait sur les coulisses de cette chanson historique. Il expliquait que l’idée de faire participer des musiciens congolais à cet événement politique venait de Thomas Kanza, convaincu que « l’artiste accompagne la politique » et que « la musique est sans frontière ».
Arrivé à Bruxelles avec l’African Jazz, Petit Pierre avait participé à l’enregistrement de cette chanson, qui sera rapidement diffusée sur les ondes de la Voix du Congo, aujourd’hui RTNC. Selon lui, cette diffusion avait permis à la population congolaise d’être informée de l’indépendance avant même sa proclamation officielle.
Malgré son rôle dans cette œuvre majeure, Petit Pierre a longtemps vécu dans l’ombre. Devenu fonctionnaire à Lingwala après un accident qui mit fin à sa carrière musicale, il exprimait, de son vivant, son regret de ne pas être reconnu à sa juste valeur. Il appelait également à honorer tous les musiciens ayant participé à « Indépendance Cha Cha », ainsi que leurs familles.
En 2021, il avait été proclamé « patrimoine culturel humain » lors d’une cérémonie au Musée national de la RDC. Mais à sa mort, il a été inhumé dans la discrétion, sans hommages officiels.
Dernier survivant des musiciens de « Indépendance Cha Cha », Petit Pierre laisse derrière lui l’image d’un homme simple, témoin d’une page importante de l’histoire du Congo. Sa disparition rappelle la nécessité de préserver et de valoriser la mémoire des acteurs culturels qui ont contribué à l’identité nationale.
Ya Biso News / Provinces26rdc.com
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