Felix Tshisekedi veut exclure Kabila et les groupes armés actifs, dont l’AFC/M23, du futur cadre de dialogue destiné à sortir la RDC de ses crises politiques et sécuritaires. Selon Jeune Afrique, c’est dans ces termes que le chef de l’État congolais a transmis à Luanda, à la mi-mai, une contre-proposition au projet de dialogue inclusif porté par son homologue angolais, Joâo Lourenco.
À la place du format envisagé par l’Angola, Kinshasa propose l’organisation des « États généraux de la refondation de l’État pour le salut de la patrie », un forum national qui devrait réunir près de 500 participants. Contrairement au dialogue inclusif défendu par le pays voisin, cette formule écarterait plusieurs acteurs majeurs de la scène politique dont ceux cités ci-dessus.
Dans ce schéma, le processus sera entièrement piloté par Kinshasa et le président de la République, le principal initiateur. C’est lui qui convoquera les assises et recevra directement les conclusions issues des travaux. Le texte ouvre également la voie à des réformes institutionnelles majeures. Il évoque la possibilité d’un « changement ou d’une adaptation de la Constitution », ainsi que l’émergence d’une « quatrième République ».
Le document prévoit également le maintien de Félix Tshisekedi à la tête de l’État jusqu’à l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle. Une option qui ne recueillerait pas l’adhésion de Luanda. Selon la même source, les autorités angolaises refusent de soutenir un processus excluant l’AFC/M23 et Joseph Kabila, tout en ouvrant la voie à une réforme constitutionnelle susceptible d’exacerber les tensions politiques en RDC.
Ces réserves de Luanda surviennent alors que les relations diplomatiques se sont intensifiées ces derniers mois autour de la recherche d’une issue à la crise qui sévit dans l’est du Congo-Kinshasa. Les 4 et 8 janvier 2026, Félix Tshisekedi et João Lourenço s’étaient entretenus à deux reprises à Luanda afin d’examiner les pistes de sortie de crise dans l’est de la RDC. Dans le prolongement de cette séquence, le 15 juin dernier, le chef de la diplomatie angolaise, Tete António, a été dépêché à Kinshasa avec un message du président angolais adressé à son homologue congolais.
À l’exception de la majorité au pouvoir, plusieurs acteurs politiques et sociaux sont favorables au Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble porté par le duo CENCO-ECC. Ils plaident ainsi pour une convergence des initiatives diplomatiques engagées à Nairobi, Luanda, Doha et Washington.
Les opposants estiment qu’une harmonisation de différents processus de paix permettrait de renforcer leur efficacité et d’éviter la dispersion des efforts en faveur de la stabilisation du pays. A haute voix, ils appellent, dans cette perspective, à l’organisation d’un dialogue national inclusif sous la facilitation conjointe de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC). De plus, le cadre de concertation devrait associer aux discussions destinées à restaurer la paix, l’ensemble des parties concernées, notamment les acteurs politiques non armés et les représentants de la société civile.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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