Dollars électroniques, Stockholm déconseille Wameso

Pays le mieux numérisé d’Europe, pionnière du paiement sans espèces, la Suède a cependant résolu de remettre en circulation l’argent liquide depuis le 1er juillet 2026. Et pour cause, Stockholm évoque des raisons évidentes de sécurité, les systèmes de paiement numériques étant de plus en plus vulnérables aux cyberattaques, aux coupures de courant et au sabotage.

En RDC, la phrase « La connexion pose problème! », fait quasiment partie des patrimoines de toutes les 14 banques opérant en RDC et leurs succursales et filiales. Il arrive à un moment que les distributeurs de la plupart des banques n’aient pas de connexion.

La Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT SA) a annoncé, depuis le 8 juillet, des perturbations affectant l’accès à certains services Internet utilisant le domaine national .CD. L’entreprise publique des télécoms attribue ces dysfonctionnements à une anomalie de configuration survenue chez l’un de ses partenaires internationaux de transit, dans le contexte d’un incident technique ayant récemment touché des infrastructures sous-marines au large d’Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Cet incident a conduit les opérateurs internationaux à procéder à des ajustements d’urgence de leurs routes de transit afin de rediriger le trafic Internet à l’échelle régionale. C’est au cours de ces opérations qu’une anomalie de configuration du Border Gateway Protocol (BGP) serait apparue chez l’un de ses partenaires, affectant temporairement la résolution des adresses et la fluidité des accès pour certains utilisateurs du domaine .CD. Le BGP est le protocole qui permet aux grands réseaux Internet d’échanger leurs informations de routage et d’acheminer les données entre opérateurs. Une erreur de configuration peut conduire certaines requêtes à emprunter des routes inadaptées ou empêcher temporairement l’accès à certains services en ligne, sans qu’il s’agisse nécessairement d’une défaillance des infrastructures physiques.

Cet incident rappelle la dépendance de la connectivité Internet de la RDC aux infrastructures et aux routes internationales. Il sied de rappeler qu’en janvier déjà, une défaillance technique sur le câble sous-marin West Africa Cable System (WACS) avait perturbé les communications Internet dans le pays.

Dans sa perspective d’interdire toute transaction en espèces en monnaie étrangère dont le dollar dès avril 2027, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso Nkualoloki, a-t-il intégré l’équation de la connexion internet dans sa détermination, puisque la circulation du dollar, euro, yen, yuan, franc CFA, etc., ne sera plus que de manière électronique. Ça sera fini, à l’issue du premier quadrimestre 2027, du régime de « maboko bank », tient ferme Wameso « Lolo », même si les cambistes congolais, selon une étude de la Banque mondiale, contrôlent d’importants flux de devises, dans un contexte où 88% de l’économie congolaise est informelle.

Face à un taux de chômage demeuré à deux chiffres depuis des lustres, la décision de la BCC n’irait pas sans mécontentement. Selon les estimations 2025 de l’Organisation internationale du travail (OIT), au moins 50000 cambistes à la sauvette opèrent dans les rues de Kinshasa. Ils ont une année pour trouver d’autres occupations s’ils ne veulent pas s’inscrire au chômage.

«Ce sont des acteurs clés du marché des devises, opérant en dehors des banques. Ils échangent informellement des dollars, des euros et des francs congolais (CDF), soutenant les PME malgré la volatilité des taux», écrit un rapport pris en charge par le ministère de l’Économie nationale pour lancer un processus qui vise à intégrer ces acteurs et réduire la spéculation.

Le coup de fouet 

Ce, pour se conformer à la recommandation 204 de l’OIT visant à orienter les États membres pour faciliter cette transition tout en respectant les droits fondamentaux des travailleurs, en offrant des possibilités de sécurité du revenu, des substances et d’entrepreneuriat que la BCC a donc rendu inopportuns leur recensement et leur formation. Ce ne sont pas les seuls changeurs de monnaie qui vont subir le coup de fouet de « Lolo ».

Selon les propres statistiques de la BCC, à fin décembre 2025, outre le secteur bancaire – 14 banques, 445 points de service (371 agences et 74 guichets avancés), représentant 97 % des actifs du secteur financier -, le système financier formel se compose également de 287 institutions, dont 108 établissements de crédit, 137 sociétés financières, 39 sociétés d’assurances, deux caisses de sécurité sociale et un fonds de garantie. Et le secteur de la microfinance comprend 101 institutions, dont 78 coopératives d’épargne et de crédit, 15 sociétés de microfinance et 8 entreprises de micro-crédit.

Qui disposent de 186 points d’exploitation et représentent environ 3 % des actifs du secteur financier. Près de 70 % de ces institutions sont concentrées dans trois provinces : Kinshasa, Nord-Kivu et Sud-Kivu. Toutes ces entités ou presque ne tiennent leurs activités que grâce au fil des devises. L’extinction de ces structures pourrait aggraver la situation socio-économique de la RDC déjà en délicatesse.


Ouragan / Provinces26rdc.com

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