Vendredi, à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), des soignants et d’autres professionnels de première ligne ont reçu le vaccin Ervebo, dont l’efficacité a été démontrée lors de précédentes épidémies provoquées par la souche Zaïre du virus Ebola, la plus fréquente.
Les autorités sanitaires estiment qu’Ervebo pourrait offrir une certaine protection contre le virus Ebola de Bundibugyo, en raison des liens entre les deux virus. Toutefois, des études sont encore nécessaires pour déterminer si le vaccin permet effectivement de prévenir la maladie chez les personnes exposées à cette souche.
Le vaccin est administré dans le cadre d’un programme d’usage compassionnel, qui permet de recourir à un produit médical dans des situations graves, même lorsqu’il n’a pas été spécifiquement autorisé pour l’indication concernée.
Des soins de soutien pour améliorer les chances de survie
« Certes, nous ne disposons ni de vaccin spécifique ni de traitement homologué contre ce virus, mais nous avons des moyens de maintenir les patients en vie. Si leur taux d’hémoglobine est trop bas, nous pouvons leur faire une transfusion sanguine. Si leur taux d’oxygène est insuffisant, nous pouvons leur administrer de l’oxygène. En cas d’infection, nous pouvons leur donner des antibiotiques. Les chances de survie ne relèvent donc pas de la théorie », a déclaré le Dr Mohamed Janabi, directeur régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique.
Le Dr Janabi a également annoncé que 2 400 personnes avaient déjà survécu à Ebola au cours de cette 17e épidémie.
Selon les chiffres communiqués mercredi par le ministère congolais de la Santé, le pays avait enregistré 9 066 cas confirmés et 4 381 décès.
L’épidémie se concentre principalement dans la province de l’Ituri. Elle est présentée comme la plus meurtrière des 17 épidémies d’Ebola qu’aurait connues le pays.
Une épidémie aggravée par l’insécurité et les déplacements de population
La propagation du virus intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par l’insécurité, les déplacements de population, une grève des professionnels de santé et d’importants mouvements de personnes.
L’OMS a averti que l’épidémie demeurait hors de contrôle et risquait de dépasser celle qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, la plus meurtrière jamais enregistrée. Cette dernière avait fait plus de 11 000 morts, principalement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.
70 000 doses d’Ervebo prévues en RDC
En août, l’OMS avait indiqué que 70 000 doses du vaccin Ervebo avaient été approuvées pour une utilisation en République démocratique du Congo.
Sur ce total, environ 50 000 doses sont destinées aux professionnels de santé et aux autres intervenants de première ligne. Les 20 000 doses restantes doivent être utilisées dans le cadre d’un essai clinique visant à évaluer l’efficacité du vaccin contre le virus Ebola de Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle.
À ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifiquement homologué n’est disponible contre cette souche, ce qui rend particulièrement importante l’évaluation de la protection éventuellement offerte par Ervebo.
AP / Africanews / Provinces26rdc.com
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