Le CDC Afrique exige des comptes sur plus de 700 millions USD destinés à la riposte contre Ebola

Le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), Dr Jean Kaseya, hausse le ton sur la gestion des financements alloués à la lutte contre la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Lors d’une conférence de presse tenue mercredi 14 octobre à Kinshasa, il a dénoncé un manque de transparence dans le suivi des fonds décaissés par les partenaires internationaux pour soutenir les différentes ripostes dans le pays.

Selon lui, sur les 962 millions de dollars américains que les bailleurs de fonds affirment avoir décaissés en faveur des partenaires de mise en œuvre, seuls un peu plus de 200 millions de dollars ont pu être retracés jusqu’aux structures impliquées dans la riposte sur le terrain.

Cette situation soulève de sérieuses interrogations quant à l’utilisation effective de plus de 700 millions de dollars dont la destination exacte reste, à ce jour, difficile à établir.

Dr Jean Kaseya a expliqué qu’un travail de vérification mené conjointement avec les autorités sanitaires congolaises a permis de mettre en évidence cet important écart financier.

Selon ses explications, les donateurs ont fourni des données précises attestant du décaissement de 962 millions de dollars en faveur des partenaires chargés de la mise en œuvre des activités de riposte. Une réunion de vérification a ensuite été organisée par les responsables de l’Institut national de santé publique (INSP) afin d’établir la traçabilité de ces fonds.

Toutefois, a-t-il regretté, moins de 30 % des partenaires concernés ont pris part à cet exercice. Parmi ceux qui ont participé, les vérifications n’ont permis de retracer qu’environ 200 millions de dollars.

Plus préoccupant encore, a ajouté le directeur général d’Afrique CDC, une partie des montants identifiés n’aurait jamais été utilisée.

« Les donateurs nous ont transmis des éléments précis montrant que 962 millions de dollars ont été déboursés vers les partenaires de mise en œuvre. Lors de la réunion organisée pour retracer ces fonds, moins de 30 % des partenaires ont participé. Parmi eux, nous n’avons pu retracer qu’un peu plus de 200 millions de dollars. Il a également été indiqué qu’environ 100 millions de dollars existent encore et n’ont jamais été utilisés. Cela signifie que ces fonds sont toujours détenus par certains partenaires », a déclaré Dr Jean Kaseya.

« Nous n’allons pas lâcher »

Face à cette situation, le patron du CDC Afrique affirme vouloir poursuivre les investigations afin d’identifier la destination des fonds restants et d’obtenir davantage de redevabilité de la part des organisations concernées.

Pour lui, la question ne porte pas sur les 200 millions de dollars déjà identifiés, mais plutôt sur les quelque 700 millions de dollars qui n’ont pas encore été clairement retracés.

« Moi, je parle de la différence entre les 962 millions de dollars annoncés par les donateurs et les montants déclarés par les partenaires ayant participé à cette réunion. Cela représente plus de 700 millions de dollars à rechercher. Ces fonds existent et nous allons poursuivre ce combat. Je peux vous dire que nous n’allons pas lâcher », a insisté Dr Jean Kaseya.

Ces déclarations relancent le débat sur la transparence et la redevabilité dans la gestion des financements internationaux destinés aux urgences sanitaires en RDC, un pays confronté à plusieurs épidémies majeures au cours des dernières décennies.


Radio Okapi / Provinces26rdc.com

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