Ces annonces amenuisent la possibilité pour le président républicain sortant, Donald Trump, de contester sa défaite en dénonçant sans preuve une fraude.
Les Etats-clés de l’Arizona et du Wisconsin ont officiellement certifié, lundi 30 novembre, la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine, cimentant encore davantage le succès du démocrate face à Donald Trump, qui n’a toujours pas concédé sa défaite.
« Aujourd’hui, nous avons signé la certification de l’élection de 2020 en Arizona », a tweeté Doug Ducey, le gouverneur républicain de cet Etat qui a basculé dans le camp démocrate pour la première fois depuis près de vingt-cinq ans.
Responsable des opérations électorales, la secrétaire d’Etat démocrate de l’Arizona, Katie Hobbs, a salué une élection « menée avec transparence, précision et équité (…), malgré les nombreuses allégations infondées qui prétendaient le contraire ».
Plus tard dans la journée, le gouverneur du Wisconsin, Tony Evers, a annoncé avoir, lui aussi, certifié les résultats du scrutin dans son Etat qui a voté pour Joe Biden, après avoir aidé à élire Donald Trump en 2016.
Pas la fin des recours
L’Arizona a également certifié la victoire du candidat démocrate au Sénat, Mark Kelly, afin qu’il « puisse prêter serment aussi vite que possible », a souligné M. Ducey.
La certification des résultats ne signe pas forcément la fin des recours devant les tribunaux, l’Arizona permettant par exemple de contester les résultats même après qu’ils ont été validés.
L’équipe de campagne de M. Trump a en effet tenté – sans succès jusqu’ici – d’entraver par des recours judiciaires le processus de certification des résultats dans les Etats-clés remportés par M. Biden.
États-Unis : le gouvernement de Biden, le plus représentatif de l’histoire ?

Noir, latinos, femmes, sensibilités politiques … À quelques semaines de son arrivée au pouvoir, le président-élu Joe Biden compose un gouvernement à l’image de son pays.
Alors que Donald Trump perd peu à peu ses recours pour contester le scrutin du 3 novembre, Joe Biden, lui, construit son gouvernement avec une équipe qui ressemblera aux Américains, a-t-il promis. Une promesse tenue ? Cela en prend le chemin. Cette formule, « le gouvernement doit ressembler aux Américains », vient de Bill Clinton en 1992. Mais à l’époque, les femmes, par exemple, représentaient moins d’un tiers du cabinet.
Là, déjà, ce sera une vice-présidente (une première), noire, avec des origines asiatiques.
Prenez le département de la communication, auquel Joe Biden tient beaucoup : ce ne sont que des femmes, elles seront sept. Vous allez beaucoup voir Jennifer Psaki, la future porte-parole. C’est elle qui apparaitra au pupitre de la Maison Blanche. D’autres postes importants seront occupés par des femmes, comme le Trésor ou le Renseignement.
Joe Biden va aussi apporter beaucoup de diversité à la Maison Blanche. Les Noirs et les Latinos sont déjà à des postes essentiels. Il faudra y revenir quand le gouvernement sera bouclé, mais c’est parti pour être le gouvernement le plus représentatif de la société américaine jamais mis en place.
Toujours dans cette volonté de coller à l’Amérique d’aujourd’hui, Jill Biden devrait toujours enseigner. Pas beaucoup sans doute, car elle aura beaucoup d’obligations officielles, mais c’est nouveau qu’une Première dame continue à travailler.
Une représentativité politique
Outre les équilibres sociaux, pour construire un gouvernement, il faut respecter les équilibres politiques. Vous avez par exemple Alexandria Ocasio-Cortez, figure de proue de l’aile gauche du Parti démocrate, qui met tous les jours la pression sur l’équipe Biden et estime que ce gouvernement doit pencher plus à gauche.
Joe Biden va aussi devoir remercier des figures comme Bernie Sanders ou Elizabeth Warren. Le premier a facilité la victoire de Joe Biden en se désistant rapidement au profit de Biden lors de la primaire, ce qu’il n’avait pas fait avec Hillary Clinton.
Ces soutiens vont vouloir un retour sur investissement, avec un poste important pour Bernie Sanders, évoqué au ministère du Travail. Cela risque de ne pas plaire aux centristes, et surtout aux républicains.
Un gouvernement qui doit être validé par le Sénat
Car l’autre difficulté, c’est que le gouvernement devra être validé par le Sénat, et il est pour l’instant à majorité républicaine, avec 50 républicains pour 48 démocrates. Les deux postes restant vont se jouer en Géorgie, le 5 janvier.
Au budget, par exemple, Joe Biden voudrait nommer une femme, Neera Tanden. Or, elle a été l’une des plus virulentes pour critiquer Donald Trump, et n’a surtout pas épargné les sénateurs républicains qui ont bien l’intention de lui faire payer. Ils ont déjà prévenu que si le Sénat reste à majorité républicaine, il n’y a aucune chance que Neera Tanden soit confirmée.
Joe Biden doit non seulement composer un gouvernement équilibré représentatif des minorités, de son parti politique, il doit en plus anticiper un éventuel blocage des républicains. Former un gouvernement aux États-Unis c’est de la dentelle.
Le Monde /RTL /provinces26rdc.net
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