En Indonésie, des incendies gigantesques continuent de ravager la région, plongée dans un brouillard toxique

Depuis des mois, des millions d’habitants sont soumis à d’épaisses fumées qui s’étendent jusqu’aux pays voisins. Attisés par El Niño, mais largement d’origine humaine, ces mégafeux provoquent une crise sanitaire et suscitent des critiques à l’encontre du pouvoir.

« Il est passé où l’air pur ? Et le ciel bleu qu’on avait avant ? On ne le voit même plus », désespère Juliana Humairoh, une habitante de Palembang, capitale de la province de Sumatra du Sud, en Indonésie. Depuis des mois, des incendies monstres ravagent les terres agricoles et les tourbières alentour, noyant la ville dans un épais brouillard toxique. Si épais, raconte-t-elle, qu’il s’infiltre jusque dans les habitations, même fenêtres fermées.

« J’ai constamment la gorge sèche et les yeux qui brûlent, et je me réveille parfois en pleine nuit à cause de la fumée que je sens même à l’intérieur de ma chambre », témoigne cette étudiante de 20 ans à l’université de Sriwijaya, qui n’a plus cours en présentiel depuis le 26 août. « Ce n’est pas l’idéal pour étudier, mais que peut-on faire d’autre ? », dit-elle, résignée.

A Palembang, l’air est souvent classé « dangereux », selon le site spécialisé IQAir. Jeudi 15 octobre, les particules fines PM2,5, nocives pour les poumons et le système cardio-vasculaire, ont atteint un pic de 1 134,5 microgrammes par mètre cube (µg/m³), pulvérisant le seuil de 15 µg/m³ sur vingt-quatre heures recommandé par l’Organisation mondiale de la santé.

 


Le Monde / Provinces26rdc.com

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