Plus de 39 personnes ont été tuées et une centaine blessées, dimanche 18 janvier dans le sud de l’Espagne, selon un nouveau bilan confirmé par le ministère espagnol de l’Intérieur, lors du déraillement d’un train qui est ensuite entré en collision avec un autre convoi, le faisant sortir des rails. Les lignes de trains à grande vitesse sont « suspendues » au moins jusqu’à lundi 19 janvier entre Madrid et des villes au sud du pays. Le Premier ministre Pedro Sanchez, qui s’est rendu sur le site, a décrété trois jours de deuil national.
Le Premier ministre Pedro Sánchez a promis ce lundi « une transparence absolue » et la « vérité » sur les causes de l’accident. « Nous allons découvrir la vérité », a asséné le chef du gouvernement espagnol, promettant « une transparence et une clarté absolues ». Il a par ailleurs décrété trois jours de deuil national, « à partir de minuit aujourd’hui, qui durera jusqu’à jeudi », lors d’une brève allocution prononcée à Adamuz, la municipalité andalouse où a eu lieu le drame.
Deux trains à grande vitesse ont déraillé dimanche 18 janvier dans le sud de l’Espagne, a annoncé l’Adif, opérateur du réseau ferroviaire. Au moins 39 personnes sont mortes dans l’accident, selon un bilan provisoire fourni par la garde civile, faisant de cet accident la pire catastrophe ferroviaire dans le pays depuis 2013. La collision a également fait 122 blessés, dont 48 sont toujours hospitalisés et douze en soins intensifs, selon les services d’urgence.
Un accident « extrêmement étrange »
« Comment est-il possible que sur une ligne droite, sur un tronçon de voie rénové, avec un train quasiment neuf, un événement de cette nature puisse se produire ?, s’est interrogé dans la nuit Oscar Puente, le ministre des Transports. Tous les experts en matière ferroviaire (…) sont très surpris par cet accident ».
« L’erreur humaine est pratiquement écartée, a aussi assuré le président de la Renfe Álvaro Fernández Heredia sur la radio publique RNE. Cela doit être lié au matériel roulant d’Iryo ou à un problème d’infrastructure », a-t-il estimé.
Sur cette portion de voie ferrée, en ligne droite, limitée à 250 km/h, la vitesse n’était pas en cause dans l’accident, a-t-il aussi assuré, soulignant qu’un des trains circulait à 205 km/h, et l’autre à 210 km/h.
« Pour l’instant la Garde civile se concentre sur l’identification des victimes et le travail de criminalistique. A ce stade, l’enquête, elle, est menée par la Commission d’enquête sur les accidents ferroviaires », a déclaré à la presse dans le village d’Adamuz Rosa Reina, une porte-parole de la Garde civile.
Deux trains à grande vitesse
Quelque 300 passagers se trouvaient à bord des trains, selon nos confrères d’El Pais. Les autorités régionales andalouses évoquent au moins 73 blessés et « une nuit (qui s’annonce) très difficile ». Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a prévenu sur le réseau social X que « le choc a été terrible » et que le bilan risquait de s’alourdir au vu « des informations très alarmantes » sur cet accident.
L’accident s’est produit près d’Adamuz, non loin de Cordoue. « Le train Iryo 6189 Malaga – Madrid a déraillé à Adamuz et s’est immobilisé sur la voie adjacente », a indiqué Adif, l’exploitant du réseau ferroviaire, dans un message publié sur les réseaux sociaux.
Les témoignages des occupants affirment qu’il a fortement tremblé avant de dérailler et que le choc a été terrible, surtout les wagons 6, 7 et 8, rapporte notre correspondant à Madrid, François Musseau. Occupant la voie adjacente, ce train accidenté a provoqué à son tour le déraillement d’un autre train venant en sens inverse, de Madrid vers l’Andalousie.
L’Adif a déclaré que l’accident s’est produit environ dix minutes après le départ du train Iryo de Malaga en direction de Madrid à 18h40 (17h40 TU). La cause est toujours inconnue : le train Iryo 6189 est moderne et avait fait l’objet d’une révision technique récemment, le 15 janvier selon la compagnie Iryo. La voie, elle, est toute droite, sans courbe, et là aussi le travail de vérification aurait été fait il y a peu.
Salvador Jimenez, journaliste pour RTVE qui se trouvait à bord du train reliant Cordoue à Madrid, a partagé des images montrant le wagon arrière du train couché sur le côté, avec des passagers évacués assis sur le côté du wagon.
Gardes civils, pompiers, personnel sanitaire ont aussi accouru sur les lieux. Immédiatement, la solidarité s’est mise en marche. Toutes les grandes villes d’Andalousie ont proposé leur aide pour réaliser des transfusions sanguines. Et les hôpitaux de Madrid et de Jaen ont mis leurs hôpitaux à disposition.
Face à la situation, « le trafic de trains à grande vitesse entre Madrid et Cordoue, Séville, Malaga et Huelva [des villes dans le sud de l’Espagne, NDLR] sera interrompu au moins toute la journée du lundi 19 janvier », a annoncé le gestionnaire ferroviaire.
La famille royale d’Espagne présente ses condoléances
De son côté, la famille royale espagnole a dit dans un communiqué sa « grande inquiétude » à la suite de ce « grave accident », « présent(ant) (ses) plus sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes ». Le Premier ministre Pedro Sanchez, lui, se rend sur place.
Le président français Emmanuel Macron a adressé ses « pensées » aux victimes de l’accident ferroviaire. « Une tragédie ferroviaire frappe l’Andalousie. Pensées pour les victimes, leurs familles et l’ensemble du peuple espagnol. La France se tient à vos côtés », a réagi le président français sur X dans la nuit de dimanche à lundi.
RFI / Provinces26rdc.com
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