Est de la RDC: la Mettelsat alerte sur des pluies diluviennes et des glissements de terrain en décembre

L’Agence nationale de météorologie et de télédétection par satellite (Mettelsat) tire la sonnette d’alarme face à la menace du phénomène climatique El Niño, attendu avec un pic d’intensité en décembre 2026.

Réunis lors d’un briefing de crise ce mercredi 21 octobre au ministère de l’Intérieur à Kinshasa, les experts météo et la Protection civile mettent en garde contre des inondations majeures et des éboulements de terrain dévastateurs dans les provinces orientales de la République démocratique du Congo.

Une pluviométrie excédentaire et des risques majeurs de débordement

Résultat d’un réchauffement anormal des eaux de surface de l’océan Pacifique, le phénomène El Niño s’annonce d’une intensité exceptionnelle en cette fin d’année 2026. Les cartes prévisionnelles présentées par la Mettelsat affichent un niveau de vigilance critique (zone rouge) sur la partie orientale du territoire national.

Selon les climatologues, l’est de la RDC doit s’attendre à des perturbations pluviométriques considérables par rapport aux moyennes saisonnières. L’un des experts de la Mettelsat détaille l’ampleur des menaces physiques :

« Nous sommes en alerte orange. L’Est risque de connaître de fortes inondations et des éboulements de terrain. 30 à 40 % de pluies de plus que la normale sont attendues. Les rivières Semliki et Rusizi vont déborder, les collines de Goma et Bukavu peuvent glisser. »
Évacuation préventive réclamée sur plus de 450 sites à haut risque

Face à ces projections alarmantes, les services de secours et d’urgence se mobilisent avec l’appui de la Croix-Rouge RDC. La Direction générale de la Protection civile indique avoir déjà cartographié plus de 450 sites vulnérables dans l’Est, regroupant des constructions précarisées sur des versants instables de collines ou en bordure des lacs et cours d’eau.

Afin d’éviter une catastrophe humaine, le directeur général de la Protection civile lance un appel pressant aux ménages exposés pour qu’ils quittent sans délai les zones répertoriées comme dangereuses :

« L’alerte est lancée. La population qui vit dans les zones à risque doit partir maintenant. Il faut anticiper les inondations et les éboulements. Il ne faut pas attendre les dégâts pour agir. »

Ce briefing stratégique vise à diffuser l’information jusqu’au niveau communautaire afin de susciter des mesures d’évacuation préventive avant les fortes précipitations attendues d’ici la fin de l’année.

Kinshasa : les déchets plastiques obstruent la rivière Kalamu et font craindre des inondations

À l’approche de la période des grandes pluies, l’accumulation des déchets plastiques et d’autres immondices dans la rivière Kalamu, à proximité du pont situé sur le boulevard Sendwe, à Kinshasa, suscite des inquiétudes. Cette situation, constatée mercredi 21 octobre par un journaliste de MediaCongo Press (MCP), fait craindre des risques d’inondation en raison de l’obstruction partielle du passage des eaux.

Sur place, un important amas de déchets est visible à l’entrée du pont, entravant l’écoulement normal des eaux. Cette accumulation pourrait aggraver les risques de débordement de la rivière lors de fortes précipitations, alors que l’Agence nationale de météorologie et de télédétection par satellite (Mettelsat) annonce des pluies sur plusieurs parties du territoire national.

Cette situation préoccupe les riverains, qui redoutent les conséquences de cette pollution sur leurs habitations et leurs activités quotidiennes. Elle remet également en évidence les défis liés à la gestion des déchets et à la protection de l’environnement dans la capitale congolaise.

L’incivisme environnemental pointé du doigt

Au-delà de l’accumulation des immondices, cette pollution soulève la question des comportements inciviques de certains habitants qui jettent des déchets ménagers et des matières plastiques dans les cours d’eau. Ces pratiques contribuent à la dégradation de l’environnement et peuvent entraver l’évacuation des eaux pluviales, augmentant ainsi les risques d’inondation.

Face à cette situation, les autorités de la ville de Kinshasa sont appelées à renforcer les mesures de lutte contre les dépôts sauvages de déchets, à sensibiliser la population aux conséquences de la pollution et à sanctionner les comportements qui portent atteinte à l’environnement.

Un curage urgent pour prévenir les inondations

Parallèlement, le Service national et les autres structures chargées de l’assainissement sont invités à intervenir rapidement pour procéder au curage de la rivière Kalamu, notamment au niveau du pont du boulevard Sendwe. L’objectif est de dégager les déchets qui entravent l’écoulement des eaux et de limiter les risques de débordement pendant les fortes pluies.

Au-delà des interventions ponctuelles, une stratégie durable de gestion des déchets s’avère nécessaire. Elle devrait notamment reposer sur le renforcement de la collecte des immondices, l’entretien régulier des cours d’eau et la responsabilisation des habitants.

À Kinshasa, où les fortes pluies peuvent rapidement mettre à rude épreuve les systèmes d’évacuation des eaux, la situation observée sur la rivière Kalamu rappelle l’importance de la prévention.

La mobilisation des autorités et l’implication des citoyens restent essentielles pour préserver les cours d’eau et réduire les risques d’inondation.


Radio Okapi / Provinces26rdc.com

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