Fin de la guerre au Moyen-Orient, ouverture du détroit d’Ormuz… Ce que l’on sait de l’accord entre les États-Unis et l’Iran

Les États-Unis et l’Iran ont tous deux annoncé, ce dimanche, s’être mis d’accord sur un protocole d’accord, qui mettrait fin à quatre mois d’hostilités dans tout le Moyen-Orient. Il pourrait être signé le 19 juin.

Cette fois-ci, c’est la bonne ? Les États-Unis, l’Iran et le médiateur pakistanais ont tous annoncé, ce dimanche, qu’un protocole d’accord de paix avait été finalisé, mettant fin à quatre mois de conflit dévastateur ayant déstabilisé encore un peu plus toute une région du monde.

Les mots choisis n’ont pas toujours été identiques mais l’idée est la même : les hostilités doivent prendre fin, le détroit d’Ormuz doit rouvrir et des gestes réciproques doivent être effectués, des deux côtés, afin d’enterrer la hache de guerre. Voici ce que l’on sait ce lundi matin.

« La fin immédiate et définitive » de la guerre

Il y a au moins un point… d’accord entre les États-Unis et l’Iran : la guerre doit prendre fin. Le Premier ministre pakistanais, qui agissait en tant que médiateur, a tout d’abord annoncé que les deux pays étaient parvenus à un « accord de paix » qui met immédiatement fin à toutes les opérations militaires au Moyen-Orient. Un peu plus tard, Téhéran a évoqué, par la voix de son vice-ministre des affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, « la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban ».

Entre-temps, Donald Trump s’était contenté de se féliciter qu’un accord avait été « finalisé », en n’entrant pas dans les détails.

Mais Israël abandonnera-t-il sa lutte contre le Hezbollah au Liban ? Un raid israélien a encore fait trois morts dimanche dans la banlieue sud de Beyrouth. Ce qui n’a pas plu au président américain, qui veut à tout prix quitter le Moyen-Orient, et aussi vite que possible. Cette attaque « n’aurait pas dû avoir lieu », avait ainsi tweeté Donald Trump, avant de déclarer au média Axios : « J’étais furieux », a-t-il dit, dirigeant son courroux vers Benyamin Netanyahou. « Il n’a aucun p… de jugement. Je le lui ai fait savoir. »

Pourtant lundi, Israël a annoncé maintenir ses troupes au Liban, en Syrie et à Gaza pour une durée indéterminée. « Le Premier ministre Benyamin Netanyahou et moi-même menons une politique claire selon laquelle l’armée israélienne restera dans les zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza pour une période illimitée, afin de protéger la frontière et les communautés israéliennes contre des éléments djihadistes », a déclaré Israël Katz dans un communiqué. Le ministre israélien de la Défense a également mis en garde l’Iran, affirmant qu’Israël riposterait avec « toute sa force » si la République islamique l’attaquait en réponse à ses opérations militaires au Liban.

Le Liban a réagi ce lundi et indique ne pas avoir été informé de l’accord entre les États-Unis et l’Iran, qui prévoit la fin de la guerre sur tous les fronts au Moyen-Orient, y compris entre le Liban et Israël. « Nous n’avons pas été informés des termes de l’accord », ni du moment de l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu dans la guerre qui oppose le Hezbollah à Israël depuis le 2 mars, a indiqué une source officielle libanaise à l’AFP, qui a requis l’anonymat.

Vers une réouverture du détroit d’Ormuz

L’autre priorité, après la fin des hostilités, réside dans la réouverture du détroit d’Ormuz, par où transitait, avant le conflit, environ 20 % du pétrole mondial. Donald Trump s’est empressé de le mentionner, dans le premier de ses deux messages postés sur Truth Social sur le sujet.

« J’autorise pleinement la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain, a-t-il écrit. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots ! ». Le président américain a évoqué sur son réseau TruthSocial dans la nuit une ouverture du détroit « vendredi », dans la foulée de la signature de l’accord. Il mentionne aussi le déminage du couloir maritime.

L’Iran n’a pas encore réagi : l’ouverture du détroit dépend surtout de l’attitude de Téhéran, qui a trouvé là un moyen de pression inespéré et contre lequel Washington n’a pas encore trouvé de parade.

Le reste du protocole encore flou

Que contient le reste de l’accord ? Difficile à dire tant les positions, sur à peu près tous les autres sujets, semblent éloignées. Des médias iraniens ont évoqué un plan en 14 points qui penche clairement du côté de Téhéran : rien ne dit qu’il soit véridique. Il évoque notamment la levée des sanctions américaines, le versement rapide de 24 milliards de dollars (dont la moitié avant le début des négociations), un engagement des États-Unis et de ses alliés à verser 300 milliards de dollars pour la reconstruction du pays. Ce texte exclurait aussi expressément… toute mention à la question nucléaire.

Des éléments confirmés à demi-mot par le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi, lorsqu’il a évoqué quatre sujets qui animeront les discussions à venir : la levée des sanctions contre l’Iran, la question du nucléaire, la « reconstruction » et « le développement économique » du pays, ainsi que « la mise en place d’un mécanisme de suivi » des engagements pris.

À quelles échéances ?

L’arrêt des hostilités doit intervenir immédiatement, tout comme la réouverture du détroit d’Ormuz, comme gage de bonne volonté de la part des deux parties. Ce protocole d’accord doit ensuite être signé ce vendredi 19 juin à Genève, en présence du vice-président JD Vance et, peut-être, de Donald Trump. Ensuite s’engageront des négociations basées sur ce texte. Ces discussions « devront débuter dans un délai de 60 jours », a prévenu Téhéran.

Avant cela, Washington et Téhéran doivent envoyer cette semaine des délégations à Doha pour des discussions préparatoires indirectes en vue de la signature, de l’accord parrainé par le Pakistan.

Quel rôle pour la France et pour l’Europe ?

Les pays de l’E4, comprenant le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie, ont rapidement réagi à ce chemin désormais tracé vers la paix. Tout en rappelant que « l’Iran ne doit jamais acquérir l’arme nucléaire » et qu’ils étaient « prêts à travailler avec les États-Unis, l’Iran et l’AIEA à cette fin », ils se sont aussi dits « disposés à lever les sanctions pertinentes en réponse à des mesures claires et vérifiables de la part de l’Iran concernant son programme nucléaire ».

Dans la nuit, Emmanuel Macron a appelé « à sa mise en œuvre rapide et complète par tous les belligérants », évoquant « la réouverture urgente et inconditionnelle du détroit d’Ormuz ». Un peu plus tôt, le président français avait quant à lui déclaré que les grandes puissances du G7, qui se réunissent à partir de ce lundi à Evian, en France, allaient discuter des « conséquences » de l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran, dont « la réouverture » du détroit d’Ormuz « dans la durée », a déclaré dimanche soir Emmanuel Macron.

« L’objectif sera de voir les conséquences de cet accord, le soutien au Liban, la réouverture d’Ormuz dans la durée, et évidemment la conclusion d’un accord sur le nucléaire et le balistique en Iran », a déclaré le président français.

Les autres réactions internationales

L’Union européenne a salué lundi l’accord, se disant prête à contribuer grâce à son « expertise » à une « paix durable ». « J’attends avec impatience la fin de cette guerre coûteuse et la pleine restauration de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz », a réagi sur X le président du Conseil européen, Antonio Costa, quelques heures après l’annonce d’un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris au Liban.

La Chine a accueilli avec satisfaction lundi l’annonce d’un protocole d’accord, tout en rendant hommage aux efforts de médiation du Pakistan. Pékin espère que Washington et Téhéran signeront « comme prévu » ce texte et que « toutes les parties prenantes privilégieront la voie de la paix, afin de résoudre leurs différends par le dialogue et la négociation », a affirmé Lin Jian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

L’Arabie saoudite a salué lundi l’accord, tout en prévenant que « les intérêts sécuritaires des États de la région » devaient être pris en compte.


Le Parisien / Provinces26rdc.com

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*