Flamme Kapaya rallume la flamme sur ses droits d’auteur

Ancien guitariste soliste, arrangeur et directeur artistique de Wenge Musica Maison Mère, Flamme Kapaya revient à la charge pour réclamer ses droits d’auteur auprès de son ancien patron, Werrason, après près de 20 ans de statu quo. Il saisit la SACEM après l’échec d’un arrangement à l’amiable.

Flamme Kapaya a le sentiment d’être un artiste lésé. Cette conviction s’est longtemps heurtée à une certaine léthargie dans sa démarche de revendication. Mais il en est bien conscient. Et cette fois, il ne veut plus laisser passer l’occasion de réclamer transparence et réparation.

Durant environ dix ans, le guitariste virtuose aura fait le bonheur de Wenge Musica Maison Mère. Mais derrière cette collaboration, les questions liées à ses droits sont restées pendant longtemps sans réponse.

Kapaya affirmait déjà, il y a quelques années, avoir joué plusieurs rôles dans la conception de certaines œuvres du groupe, notamment comme parolier, arrangeur et compositeur. Il cite notamment l’album « Kibuisa Mpimpa », pour lequel il estime ne pas avoir bénéficié des droits qui lui revenaient.

Obtenir gain de cause

Après son départ de Wenge Musica Maison Mère, le guitariste avait contacté Werrason afin de tenter de régler le différend à l’amiable. Une première démarche qui remonte à 2007 et qui, selon lui, n’avait jamais abouti.

« Ma démarche repose sur un arrangement à l’amiable. En 2007, j’étais venu auprès de vous parce que j’avais découvert à la SACEM quelque chose de pas normal », explique Flamme Kapaya.

À l’époque, le guitariste assure avoir proposé une solution directe à son ancien patron afin d’éviter que le dossier ne prenne une autre tournure. « À propos de ce qui s’était passé, je vous avais dit de m’acheter une parcelle à Bandal pour qu’on règle la situation. Tu m’avais demandé de t’appeler le lendemain. En t’appelant le lendemain, c’est le chef des danseuses qui m’a répondu. J’avais demandé au président de me rappeler. J’attends cet appel depuis 2007 », raconte-t-il.

Près de deux décennies plus tard, Flamme Kapaya estime que l’attente a suffisamment duré. Il dit avoir repris langue avec les responsables de la SACEM afin de débloquer la situation.

« J’ai échangé avec les responsables de la SACEM afin d’arranger cette affaire à l’amiable. Tu te rappelles, quand je suis venu chez vous, c’est parce que j’avais dit aux responsables de la SACEM que, chez nous, le linge sale se lave en famille. Mais là, ça fait 20 ans. Ça fait trop longtemps », poursuit-il.

Le guitariste insiste cependant sur le respect qu’il continue d’avoir pour Werrason, qu’il présente comme une figure majeure de la culture congolaise. « Tu es une grande figure de la culture congolaise et tu sais bien combien tu as contribué et continues de contribuer à la promotion de notre culture. Tu es une grande personne, une grande star que nous respectons », déclare-t-il.

Mais derrière ce respect affiché, Kapaya maintient sa revendication. Il affirme que le déblocage de ses droits dépend désormais d’une intervention de Werrason. « J’ai échangé avec les responsables de la SACEM. Ils m’ont dit que c’est toi qui peux débloquer la situation afin que je touche mes droits. Tu connais très bien la situation. Mes enfants ont besoin de leur argent », soutien-t-il.

L’ancien soliste de Maison Mère affirme ainsi vouloir aller jusqu’au bout de sa démarche, tout en privilégiant toujours une résolution à l’amiable. « Je prie pour que cette situation, après avoir été réglée, soit un symbole ou un signe de rétablissement du droit dans la sphère artistique congolaise », conclut-il.

Cette sortie de Flamme Kapaya remet également en lumière la question des droits d’auteur en République démocratique du Congo. Entre méconnaissance des mécanismes de gestion collective, difficultés de traçabilité, conflits autour de la paternité des œuvres et manque de transparence, plusieurs artistes congolais continuent de réclamer une meilleure protection de leurs créations.

Une meilleure maîtrise de la propriété intellectuelle et des mécanismes de répartition des revenus reste ainsi essentielle pour permettre aux artistes de connaître leurs droits et de défendre plus efficacement leurs intérêts.

 


Events RDC / Provinces26rdc.com

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