Le stock d’eau douce de la planète au plus bas depuis plus de 30 ans, l’OMM alerte sur les graves conséquences

En 2025, les cours d’eau du monde entier ont connu l’une des années les plus sèches depuis plus de 30 ans, souligne un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Les scientifiques s’inquiètent de la poursuite du déclin à long terme des réserves d’eau douce et du recul des glaciers. L’agence onusienne souhaite une prise de conscience globale, car les répercussions du changement climatique sur les ressources en eau concernent l’ensemble de la planète.

Entre surplus et déficits, le cycle de l’eau est devenu « plus irrégulier et plus imprévisible », résument les scientifiques. Selon leurs données, les sept dernières années ont été marquées par des débits fluviaux anormaux. Le stockage d’eau terrestre – dans les eaux souterraines ou les lacs et rivières par exemple – est en baisse depuis le milieu des années 2010. Et pour la quatrième année consécutive, toutes les grandes régions glaciaires de la planète ont perdu de la masse. En temps normal, ces réserves évitent qu’une simple sécheresse ou qu’une saison sèche ne se transforme directement en crise de l’eau.

« Nous sommes en train de vider ces réserves, a alerté la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, devant les journalistes. Les eaux souterraines suivent cette tendance : près des deux tiers des puits surveillés dans le monde ont affiché en 2025 des conditions s’écartant de la norme historique. En parallèle, nous observons une augmentation des catastrophes liées à l’eau. Le renforcement d’El Niño va accroître le risque de sécheresse dans certaines régions et celui d’inondations dans d’autres. »

L’agence des Nations unies avertit ​des conséquences graves à long terme de la tendance, ‌car ces réserves protègent la planète lors des années particulièrement sèches, comme en 2026. Ces « tendances [sont] lourdes de conséquences pour les populations et les économies à l’avenir », explique dans un communiqué l’OMM.

En parallèle, les catastrophes liées à l’eau, comme des pluies dévastatrices, touchent diverses régions du monde, comme en Asie et en Afrique. Le chercheur Wayne Jenkinson a travaillé sur le rapport : « Il y a eu des inondations en République démocratique du Congo avec plus de 100 victimes par exemple. Le rapport montre que le centre de l’Afrique est une zone qui montre en général une augmentation en matière de disponibilité de l’eau en 2025. »

Selon le rapport, l’Asie et l’Afrique ont connu à elles deux, ces cinq dernières années, au moins la moitié de l’ensemble des épisodes extrêmes liés à l’eau qui ont été recensés et plus de 80 % des décès associés qui ont été signalés.

Les cours d’eau avec un écoulement « normal » au plus bas depuis 1991
Il montre également que ces sept dernières années, le nombre de cours d’eau dans le monde présentant un écoulement « normal » a été le plus faible depuis 1991, avec des écoulements inférieurs à la normale sur plus de 36 % de la superficie des bassins hydrographiques mondiaux.

D’autres zones comme la Corne de l’Afrique ont montré que 2025 a été l’une des années les plus sèches, avec beaucoup de personnes déplacées en Somalie par exemple. Or, l’eau ne connaît pas de frontières, souligne l’Organisation météorologique mondiale. Le bilan hydrique d’un bassin versant dépend de ce qu’il se passe dans plusieurs pays. Il faut donc une politique climatique mondiale pour protéger cette ressource vitale.

 


RFI / Provinces26rdc.com

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