Frappé par les États-Unis, l’Iran riposte en attaquant des bases américaines dans plusieurs pays du Golfe

Washington a mené sa deuxième salve de frappes contre l’Iran en quelques jours, Donald Trump évoquant une « attaque parfaitement justifiée ».

Les promesses de l’administration Trump de privilégier la « guerre économique » à l’affrontement militaire contre Téhéran paraissent déjà bien loin. L’Iran a attaqué ce mercredi 2 septembre des bases militaires des États-Unis dans le Golfe après la conclusion d’une salve de frappes américaines contre lui, la deuxième en quelques jours.

« Les forces américaines ont frappé des cibles du Corps des Gardiens de la Révolution iranien », notamment des sites de défense aérienne, des systèmes de radar ou encore des installations maritimes, a écrit sur X le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), annonçant la fin de cette vague.

L’Iran a affirmé avoir lancé une « opération décisive en riposte », visant « les bases et les intérêts américains dans la région » avec des missiles et des drones, a rapporté l’agence de presse d’État Tasnim. Les Gardiens de la Révolution ont ensuite revendiqué des attaques contre des bases militaires américaines en Jordanie, en Irak, aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn.

Des menaces de représailles de part et d’autre

Si Téhéran « riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement et plus fort », avait pourtant menacé le président américain Donald Trump, sur sa plateforme Truth Social.

Plus tard, il a dit « préférer » la situation actuelle, assurant que les États-Unis avaient un « contrôle quasi-total du détroit d’Ormuz », et que l’économie iranienne était en train de « s’effondrer complètement ». « Quand le peuple iranien va-t-il se soulever et se battre ? », a-t-il demandé.

L’armée jordanienne a annoncé avoir détruit dix missiles tirés depuis l’Iran, ajoutant que trois autres s’étaient écrasés à l’écart de zones habitées, sans faire de blessés. Le Koweït s’est également déclaré visé par des missiles et des drones, et des sirènes d’alerte ont retenti tôt mercredi matin à Bahreïn, selon des correspondants de l’AFP.

Le porte-parole du commandement militaire central de l’Iran, Ebrahim Zolfaghari, a promis des « ripostes plus larges et plus destructrices » en cas de poursuite des attaques américaines, adressant la même mise en garde à « tout pays coopérant avec l’armée américaine agressive ».

11 morts en Iran, selon les médias d’État

Les médias d’État iraniens ont donné un bilan d’au moins 11 morts dans ces frappes américaines de la nuit : quatre au cours d’un mariage dans la région d’Hormozgan, où une cinquantaine de personnes ont été blessées, et sept dans la région du Khouzestan, lors d’attaques de missiles qui ont aussi fait huit blessés.

Ces attaques ont commencé peu après que le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé à un retour de la diplomatie, aujourd’hui au point mort. Il a assuré que si les États-Unis respectaient le protocole d’accord signé en juin, et qui a presque aussitôt volé en éclats, « la République islamique d’Iran prendra(it) immédiatement des mesures réciproques. »

La télévision d’État iranienne a fait état mardi de plusieurs explosions dans le sud du pays, à proximité du détroit d’Ormuz. Elle a aussi rapporté des déflagrations sur l’île de Lavan, située dans le Golfe et qui abrite l’un des terminaux d’exportation de pétrole iranien.

Le gaz européen au plus cher depuis trois ans

Les frappes américaines de ce mardi soir sont arrivées peu après que deux pétroliers ont été touchés par « des projectiles d’origine inconnue » alors qu’ils sortaient du détroit d’Ormuz, selon l’agence maritime grecque Marisks.

L’Iran, qui a dit vouloir imposer des droits de passage, prend pour cible de nombreux navires qu’il accuse de chercher à contourner l’itinéraire qu’il privilégie.

Les cours des hydrocarbures ont en tout cas bondi après ces nouvelles hostilités, le baril WTI américain repassant le seuil des 90 dollars pour la première fois depuis fin juillet, et le gaz européen se négociant au plus cher depuis plus de trois ans.


Huffpost / Provinces26rdc.com

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